Les revêtements antimicrobiens, des produits techniques normés

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© Polyrey

Les produits antimicrobiens ne sont pas nés avec la crise sanitaire, loin de là. Les technologies à base d’ions argent sont reconnues et intègrent nos revêtements de sol, de mur et de plafond. Mais contre quoi sont-ils efficaces ? Comment faire la différence entre effet marketing et performances avérées ?

Avec la crise sanitaire, l’année 2020 aura mis la question de la transmission des virus et des microbes sur le devant de la scène. En réponse, une offre abondante de solutions antimicrobiennes ou anti[1]bactériennes destinées à éradiquer les bactéries, les microbes, les virus et autres micro-organismes de toutes les surfaces que l’on pourrait toucher.

Devant tous ces mots, une mise au point de vocabulaire s’impose. « Micro-organisme et microbe sont synonymes et regroupent les organismes microscopiques, explique Christine David, responsable du pôle risques biologiques à l’INRS. On y retrouve les bactéries, les champignons microscopiques, les virus et les parasites. Pour s’en débarrasser, nous utilisons des produits bactéricides, fongicides et virucides, réunis sous le terme générique de biocides. »

LES TOILES TENDUES, DES MURS AU PLAFOND

© Clipso

La toile So Clean de Clipso est traitée avec l’apprêt de protection Sanitized, empêchant la prolifération des microbes, des levures, des moisissures, de la putréfaction et des algues, en détruisant directement les diverses sources de nourritures des germes. Ces derniers ne peuvent ainsi ni se développer ni se propager. Posée à froid en quelques heures, l’installation de la toile antibactérienne se fait avec un minimum de nuisance, indique l’industriel, précisant que le produit répond aux besoins des hôpitaux, cabinets médicaux, salles d’attente, mais aussi piscines et spas. Pour rappel, la technologie reste active et efficace sur la durée, même après l’exposition aux désinfectants.

L’IMPORTANCE DES NORMES

Si la lutte contre les micro-organismes est désormais une manne, certains industriels avaient déjà planché sur le problème depuis de nombreuses années. « Cela fait 10 ans que nos surfaces stratifiées sont recouvertes d’un revêtement antimicrobien », note Géraldine Farges, responsable marketing de Polyrey. Alors entre des produits testés tous les ans depuis de nombreuses années et des innovations sorties tel un effet de mode suite à la crise sanitaire, comment faire la différence entre produit marketing et performances avérées ? « Il y a des normes établies attestant de l’efficacité des produits biocides, terme générique pour désigner les différentes solutions, explique Christine David. NF pour les normes françaises, EN pour les européennes et ISO pour les internationales. Les produits ou systèmes doivent répondre à la norme ciblant les performances attendues. Un rapport d’essai est d’ailleurs réalisé après les tests afin de certifier notamment de l’efficacité ou du temps d’action. »

DES MURS SAINS

© Muraspec Buflon

La solution biocide utilisée dans les revêtements muraux de Muraspec est un traitement dans la masse empêchant la croissance de micro-organisme sur et dans le produit. Le traitement de surface Biomas ter complète les effets du biocide dans la masse. Il répond à la norme internationale ISO 22-196 qui atteste d’une élimination à 99,9 % des bactéries E.coli et staphylocoque doré. « Cette technologie ne s’altère pas dans le temps, précise Benoit Cartigny, responsable technique chez Muraspec Buflon. De plus, pour être certain que le vernis en lui-même ne soit pas détérioré, nous y incorporons un traceur visible sous une lumière noire permettant de vérifier si le traitement est toujours efficace. »

LES PROPRIÉTÉS DES IONS ARGENT

Technologie Sanized pour Polyrey et Clipso, Biomaster pour Muraspec (voir encadrés), le principe est similaire : un vernis ou un apprêt de protection traité avec des ions argent. Ce n’est plus à prouver, les caractéristiques antimicrobiennes des métaux précieux, tels que le cuivre ou l’argent, sont reconnus depuis de nombreuses années. Le prix du cuivre étant élevé, c’est l’argent, et en particulier ses molécules, que l’on retrouve dans les systèmes utilisés sur les revêtements. À noter, l’argent n’étant pas un produit organique ou volatil, il reste au sein du produit et ne se désintègre pas, à la différence de solutions antibactériennes organiques. Ainsi, Sanized, une substance sans nanoparticules, est ajoutée dans la résine de surface des revêtements. Le principe : des ions d’argent sont encapsulés dans des billes de verre, évitant la division cellulaire des micro-organismes. Même principe pour la technologie Biomaster. L’ion argent agit sur la paroi de la cellule du microbe, l’empêchant de se nourrir et amenant à sa décomposition.

Agissant contre les moisissures, les bactéries et les champignons, les vernis de surfaces ne sont pas pour autant des produits virucides, et donc ne peuvent pas participer à la lutte contre le Covid-19. « Tant que nous n’avons pas de preuve formelle de l’action contre le virus du Coronavirus, nous n’afficherons pas de telle performance », affirme Benoit Cartigny, responsable technique chez Muraspec Buflon.

16 ANS DE STRATIFIÉ ANTIMICROBIEN

© Polyrey

Depuis 2006, Polyrey intègre la protection de surface Sanized à son offre de produits en stratifié HPL, compact et mélaminés, des surfaces nonporeuse. L’effet des ions argent est testé tous les ans selon une méthode internationale qui vérifie l’activité antimicrobienne* sur le plastique et les surfaces non-poreuse. « Par principe, la surface non poreuse ne favorise pas beaucoup le développement des bactéries, explique Géraldine Farges, responsable marketing de Polyrey. Avec l’ajout d e de la protection de surface, nous garantissons la destruction de plus de 99,9 % des bactéries. »
*Norme JS Z 2801 reconnu

UNE RÉPONSE AUX PROTOCOLES D’ENTRETIEN MOINS STRICTS

Les « technologies ion argent » ont l’avantage d’être permanentes, le traitement agissant durant toute la durée de vie du produit. Néanmoins, un entretien régulier avec un détergeant classique des surfaces équipées de traitement antimicrobien est indispensable. Nous déposons sans même nous en rendre compte poussières, corps gras, squames ou autres gouttelettes d’eau sur les surfaces que l’on touche. « Plus il y aura de saletés sur le revêtement, moins la bactérie sera en contact avec le vernis, précise Benoit Cartigny. Il faut évidemment conserver les protocoles de nettoyages en vigueur dans les lieux où les revêtements antimicrobiens sont installés. » Et justement, quelles sont les destinations phare de ces revêtements ? Si le premier réflexe est de penser aux salles d’opération ou toutes autres zones où l’hygiène et la propreté sont primordiales, il s’avère que ce n’est pas le cas. « Les revêtements antimicrobiens ont moins d’intérêt pour les salles d’opération, qui ont déjà un protocole de nettoyage extrêmement strict, explique Géraldine Farges. Par contre, dans les chambres, les salles de bains ou les zones communes des hôpitaux, pour lesquels il y a moins de budget, et donc parfois des protocoles d’entretien moins stricts, ces produits sont une solution essentielle. » Autres destinations fréquentes : les bâtiments scolaires, les Ehpad, les collectivités comme les piscines et les gymnases ou encore les centres commerciaux et les aéroports.

MÊME LES SOLS S’Y METTENT !

© Keraben Grupo

En collaboration avec Microban, spécialiste de la tech nologie antimicrobienne, Keraben Grupo a développé Lifeker Plus+, une finition céramique dans laquelle sont intégrés des ions argent qui inhibent la croissance des bactéries nocives dans les revêtements pour sol et mur. Combinée à un nettoyage régulier, cette technologie améliore l’hygiène et la propreté de la surface céramique. Elle perturbe les processus vitaux et les fonctions biologiques des bactéries contaminantes, les empêchant de se développer ou de se reproduire. Pour l’entretien, il est recommandé d’utiliser des détergents neutres et d’éviter les produits de nettoyage contenant de la cire ou créant des films sur la surface.

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