Quand et comment s’isoler par l’intérieur

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© Isover

 Le gouvernement a annoncé vouloir faire de la rénovation énergétique un axe fort de son plan de relance. L’occasion de faire un point sur l’isolation thermique par l’intérieur (ITI). Avantages, solutions, isolants… Zoom sur une technique largement éprouvé en France.

ITI OU ITE
 Isolation thermique par l’intérieur ou par l’extérieur, quel est le grand gagnant? La réponse dépend surtout du projet final. Si l’ITI remporte le match dans le marché de la maison individuelle et les immeubles collectifs de deux ou trois étages avec balcons dans le neuf, l’ITE prend sa revanche sur les grands immeubles collectifs et dans la rénovation. « L’engouement de l’isolation thermique par l’extérieur est à regarder en fonction de la morphologie du bâtiment, affirme Bruno Burger, chef de marché national second œuvre & responsable développement durable chez Knauf. Qui dit balcons dit traitement des ponts thermiques au niveau des balcons en plus du traitement spécifique des soubassements et des pourtours des fenêtres, induisant des coûts de construction assez importants. » À l’inverse, dans les immeubles de grands étages, avec la problématique des ponts thermiques au niveau des planchers, on préférera souvent l’isolation thermique par l’extérieur. « Le choix se pose selon le nombre d’étages, la présence ou nom de balcons, le nombre de fenêtres… C’est pour cela qu’il faut faire appel, en amont, aux bureaux d’études thermiques et aux économistes », précise Bruno Burger.

AVANTAGES / INCONVÉNIENTS
Les +
– S’affranchir des contraintes météorologiques.
– Rapidité de la mise en œuvre.
– Le rapport qualité prix. « Pour les murs, on passe d’un fourni/posé à une quarantaine d’euros le mètre carré en ITI au double pour une ITE la plus classique et la moins coûteuse », détaille Éric Barnasson, responsable marketing produits & systèmes Isover & Placo.
Les –
– Perte de place dans les projets de rénovation, « un minimum de 10 ou 12 cm sur la périphérie de la pièce, en fonction de la rénovation », indique Éric Barnasson.
– Problématique d’organisation pour les logements ou les locaux occupés (déplacement des meubles, bâchage, nettoyage…).

 

DEUX SOLUTIONS MAJEURES

Il existe deux types de systèmes couramment utilisés : les doublages sur ossatures et les doublages collés. Le doublage sur ossatures consiste à intercaler un isolant dans une cavité réalisée le long du mur, finalisé par le vissage d’une plaque de plâtre. La mise en œuvre est décrite dans le DTU 25.41, « Ouvrages en plaques de plâtre – Plaque à face cartonnées ». L’isolant peut être de différente nature et de différente épaisseur selon les cahiers des charges, notamment en fonction du niveau de performance acoustique et thermique recherché. Le doublage collé consiste à coller sur le mur des systèmes associant plaque de plâtre et isolant. La mise en œuvre est précisée dans le DTU 25.42 « Ouvrage de doublage et habillage en complexes et sandwiches plaques de parement en plâtre et isolant ». Les isolants majoritairement utilisés sont le polystyrène expansé, qui assure un bon rapport performance/prix, et le polyuréthanne qui réduit l’encombrement au sol, et donc la surface habitable. Ce système permet de rattraper les irrégularités du support et présente l’avantage d’être très rapide à mettre en œuvre par les plaquistes. Comment faire son choix? « C’est surtout une question d’habitude, estime Bruno Burger. Les cahiers des charges imposent une résistance thermique précise. Pour atteindre la valeur demandée, le poseur va faire son choix en fonction du budget et du volume. Pour un projet à gros volume et petits coûts, on va généralement privilégier le doublage collé. Logiquement, on retrouve donc souvent le doublage sur ossature en maison individuelle et le doublage collé en collectif. »

 

L’ISOLANT
Selon TBC Innovation, plus de 50 % des projets sont réalisés en laines minérales, laine de verre ou laine de roche. « La majorité des projets est réalisée à partir de laine de verre, qui a l’avantage d’ajouter une performance acoustique à la performance thermique, précise Éric Barnasson. Mais il n’y a pas qu’ « une“ laine de verre mais ”des“ laines de verre, en fonction de la destination (dimensions, surfaçage, propriétés mécaniques) et de la résistance thermique demandée. Par exemple, en termes de conditionnement, pour les murs, on privilégiera les dimensions correspondant à la hauteur de l’étage, ce qui réduit les découpes, et on s’orientera vers une laine de plus grande rigidité (rouleaux ou panneaux). Pour les combles, où les hauteurs de rampants sont plus importantes, on aura besoin de plus de longueur. On partira donc plutôt sur des rouleaux de longueur plus importante. »
Viennent ensuite, à 40 %, les isolants synthétiques comme le polystyrène expansé (PSE). Thermoplastique rigide alvéolaire issu de l’industrie pétrochimique, il est conditionné en plaques ou en bloc. Il est notamment utilisé pour l’isolation des sols, puisqu’adapté à un contact prolongé à l’eau et résistant à la compression. Les isolants biosourcés représentent encore moins de 10 % du marché. Les panneaux de fibres de bois flexibles, par exemple, sont utilisés aussi bien pour les murs, les cloisons et les combles. Comme tous les matériaux fibreux, il participe à l’isolation acoustique.

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