Le plâtre, matériau millénaire

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© Salle Polyvalente - Site de l'Etang - Nozay (44) - Delta Domino / Knauf

Le plâtre, matériau millénaire De la simple cloison à de véritables œuvres d’art architecturales, le plâtre est omniprésent dans la construction. Et cela depuis la période du néolithique. Détails sur un matériau aussi technique que traditionnel.

 

Les premières traces de plâtre
Catal Hüyük, c’est le nom du site archéologique turc classé au patrimoine mondial de l’Unesco où apparaissent les premières traces de plâtre, entre 9 000 et 6 000 avant Jésus-Christ. Il était alors mis en œuvre sous formes d’enduits de plâtre et de chaux utilisés comme supports de fresques et de peintures murales. On le retrouve ensuite dans l’Égypte ancienne pour lier les pierres de la grande pyramide de Keops et comme support des peintures funéraires habillant l’intérieur des tombeaux ou encore dans l’art byzantin, comme en témoigne le palais royal de l’Alhambra de Grenade, en Espagne, aux décors de stuc et de plâtre.

Le palais de l’Alhambra, à Grenade, en Espagne est réalisé en pierre, stuc et plâtre.

 

Le plâtre résulte d’un procédé de fabrication simple. Une roche appelée gypse est cuite puis broyée plus ou moins finement en fonction du résultat attendu. Pour les plaques de plâtre, le gypse – cuit, broyé et humidifié – est coulé entre deux feuilles cartonnées. En fonction des propriétés spécifiques que l’on souhaite apporter au produit fini, la composition est ajustée avec divers adjuvants ou additifs, y compris des charges, pigments et colorants.

 

La plaque de plâtre sur la 1ère marche
Le marché est largement dominé par les plaques de plâtre. Et depuis la première utilisation en simple cloison, les évolutions se sont multipliées. D’abord déclinées en de multiples épaisseurs afin d’agir sur les performances acoustiques, thermiques et la résistance au feu, les plaques ont développé peu à peu de nouvelles fonctionnalités : les plaques hydro réservées aux pièces humides ; les plaques dites dures, à haute résistance mécanique ; les gammes formulées pour améliorer l’air intérieur; les chapes sèches pour remettre à niveau les vieux planchers. Dernièrement, certains industriels ont mis au point les plaques « super hydro », réservées aux lieux à forte humidité comme les piscines.

© Siniat – École maternelle Maurice Genest à Riom

 

Le plâtre projeté, un savoir-faire artisanal
Même s’il se fait plus rare, le plâtre traditionnel en poudre et projeté est toujours d’actualité, que ce soit en décoration ou en construction. Outre les enduits, on le retrouve dans des projets de restauration de patrimoine, pour les moulures ou les corniches des bâtiments haussmanniens ou pour apporter à l’espace un aspect authentique en revêtement de mur et de plafond. Le métier a connu plusieurs évolutions avec les années, qu’il s’agisse de la mécanisation ou de la formulation même du produit. Le plâtre est désormais allégé, plus onctueux (donc plus facile à appliquer) et nécessite des temps de séchage plus courts.

© Placo / Hôtel Villa Saint-Ange – Architecte : Henri Paret – Photographe : Yann Werdefroy

 

Des qualités intrinsèques
Sans aucune action ni ajout extérieur, ce matériau présente une grande résistance au feu (sous l’action de la chaleur, il ne dégage que de la vapeur d’eau, créant un pare-feu temporaire), sert de régulateur hygrométrique (sa porosité tempère l’humidité ambiante, l’absorbant lorsqu’elle est excessive et la restituant lorsque l’air est trop sec) et assure l’isolation thermique (faible coefficient de conductivité thermique) et acoustique. Il est par ailleurs recyclable à l’infini. Le plâtre est ainsi un des rares matériaux à être entièrement revalorisé.

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