Les mille et un usages du bois

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Loué pour ses performances techniques, matériau biosourcé, le bois se décline en de multiples usages pour l’aménagement intérieur et habille aussi bien les logements que les projets haut de gamme. Aperçu non exhaustif des solutions d’aménagement.

 

© Gerflor

PARQUET MASSIF
DES SOLS D’EXCEPTION
Si le parquet est présent dès le XVIIe siècle dans les châteaux et hôtels particuliers, l’industrialisation de la production a permis de faciliter sa diffusion. Dans les années 1960 arrive le contrecollé, un revêtement composé d’une couche d’usure, d’une âme en latte et d’un contre-parement permettant de stabiliser le produit et d’être installée en pose flottante. Au-delà de ses qualités fonctionnelles, il plaît pour la matière en elle-même, sa texture et son authenticité. Le parquet évoque le luxe, le raffinement, un matériau vivant et socialement valorisant. Le marché français du parquet était estimé en 2018 à 11 millions de mètres carrés*, soit une hausse de 1 % sur un an, avec une part de marché de 85 % pour le résidentiel contre 15 % pour le non-résidentiel. La très grande majorité des projets est réalisée à base d’essences locales, avec en tête le chêne (80 % de la production européenne et 97 % de la production hexagonale) qui, outre ses qualités esthétiques, présente de bonnes performances en matière de résistance au poinçonnement et aux variations d’humidité.
Porté par le goût de l’authentique, le parquet massif habille les sols de projets prestigieux comme des musées, centres commerciaux, aéroports ou programmes résidentiels haut de gamme. Il est aussi très utilisé pour les compétitions sportives de haut niveau, en basket-ball notamment. La fédération impose d’ailleurs du parquet à partir d’un certain niveau de compétition, pour l’efficacité du rebond et l’acoustique, le bruit étant un élément de perception important pour les joueurs.

 

PANNEAU MURAL
LE PANNEAU D’AGENCEMENT, UNE SECONDE PEAU
En bois véritable stratifié ou en imprimé mélaminé, les panneaux d’agencement muraux permettent d’habiller complètement le mur, sans forcément nécessiter une fine préparation du support. Une ossature est créée spécifiquement pour chaque projet, permettant d’épouser complètement la forme de la pièce. Ils sont imaginés comme une construction à part entière, recréant une peau intérieure à la pièce. Parallèlement à leurs qualités visuelles, l’absorption acoustique est un des points forts de ces solutions. En habillage mural, comme pour les plafonds, ces produits piègent le son par l’intermédiaire de perforations ou de lames de bois. Il existe pour cela deux approches : faire en sorte que la trame soit la plus régulière, avec par exemple des microperforations les moins visibles possible, ou assumer complètement et en jouer au niveau de l’esthétique. L’avantage : la possibilité de créer des collections aux motifs originaux ou effets sculptés en 3D.

Laudescher – Restaurant Lore Ttipia – Auberge Ostape

 

© Tarkett

STRATIFIÉ
LE SOL À DÉCORS MULTIPLES
C’est en 1913 que deux ingénieurs américains, Herbert E. Faber et Daniel J. O’Connor, imaginent un matériau qui assure à la fois des performances de résistance et d’isolation. Il s’agit d’un collage de feuilles de papier kraft réalisé sous pression, conjugué à une couche protectrice en résine appelée la mélamine. Cet assemblage est par la suite collé sur un panneau aggloméré. Baptisé Formica, ce nouveau produit marque la naissance du stratifié. Le premier revêtement de sol stratifié haute pression (HPL) sur panneaux agglomérés voit le jour en 1977 en Suède. Et si les stratifiés de 1977 et 2020 sont différents à bien des égards, une chose est sûre, ce dérivé a bouleversé le marché des revêtements de sol en bois. En 2018, il représentait 17 % du marché des sols intérieurs contre 5 % pour le parquet. S’il n’apporte pas l’authenticité du matériau bois, il répond présent à de nombreuses problématiques fonctionnelles grâce aux évolutions qu’a connues le produit depuis près de 30 ans. Il assure ainsi une résistance aux rayures et à l’abrasion, la facilité de pose (notamment avec la révolution du système de click), l’isolation acoustique (intégrée ou séparée), la tenue à l’humidité (évolution majeure) ou encore le développement de nouveaux formats (lame de 30, 40 ou 50 cm, longues ou courtes permettant des schémas de pose comme le point de Hongrie, en échelle ou en bâton rompu…). En termes de décors, l’impression numérique a permis des développements majeurs pour la diversité et la personnalisation des collections. Si les fabricants ont suivi les tendances des parquets massifs, ils se sont aussi diversifiés en se tournant vers des imitations pierre, carreau de ciment ou effet de métal et ont amélioré l’effet de structure et l’état de surface. Les industriels sont désormais capables de reproduire sur le sol le veinage, les craquelures et les nervures du bois…
Moins onéreux qu’un parquet massif et plus facile d’entretien, l’aspect naturel du stratifié lui confère aussi un avantage face au PVC et à la LVT à l’heure où le plastique n’a pas bonne presse. Autre atout de poids : la possibilité de reproduire des décors permettant de suivre les modes et de s’adapter aux tendances sans être limité par les problématiques liées aux ressources naturelles comme pour les bois exotiques. De plus, l’impression numérique apporte désormais aux décors une plus grande profondeur et un meilleur réalisme.

 

PLAFOND
ACOUSTIQUE ET ARCHITECTURE

Les plafonds en bois conjuguent à la fois performances acoustiques et esthétiques. En lames ou en panneaux perforés avec un voile acoustique, ils participent à amortir l’énergie vibratoire des ondes sonores tout en apportant à l’espace l’aspect chaleureux du bois. Ces plafonds sont très prisés dans l’aménagement des restaurants, des auditoriums ou salles de réunion ou encore dans les centres commerciaux, là où l’architecture intérieure requiert autant d’importance que les performances techniques. Autre avantage du bois, il se marie parfaitement avec d’autres matériaux, à l’image des plafonds où se mêlent bois, métal, feutre ou plâtre.

© Laudescher

 

TERRASSE
PROLONGER L’INTÉRIEUR
Élargir les espaces intérieurs et profiter de l’extérieur. Une tendance qui conduit à l’aménagement de terrasses ou de balcons avec des sols en bois ou en matériaux qui s’y apparentent. L’installation d’un revêtement bois s’adapte à toutes les topographies sans avoir un caractère irréversible. Les bois composites, par leur légèreté et leur facilité de mise en œuvre, s’inscrivent bien dans cette vague. Composés de fibres de bois et de résines polymères, ils composent le platelage de la terrasse, offrant une alternative écologique aux essences exotiques utilisées en raison de leur adaptation aux usages en extérieur, mais dont l’image est aujourd’hui dégradée par les excès de leur exploitation et les déforestations intempestives. Les lames ou les dalles sont obtenues par extrusion ou par moulage par injection, à partir de matières majoritairement recyclées. Cela donne un matériau imputrescible qui résiste aux intempéries, aux UV, aux champignons lignivores et aux termites. Teinté dans la masse, il peut prendre l’aspect de différentes essences et ne demande pas d’entretien particulier.

© Village Club Med La Caravelle en Guadeloupe – Architecte Michael Malapert

* Marché des revêtements de sol en France, MSI Report, septembre 2019

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