Matériels : vers plus de sécurité et de confort

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© Gobio

L’évolution du matériel de chantier et une réglementation plus contraignante conduisent à davantage de sécurité sur les chantiers ou dans les ateliers tout en améliorant les conditions de travail et le confort des opérateurs.

Le monde du BTP est le secteur le plus accidentogène de l’activité économique. Face aux risques multiples courus par les compagnons sur chantier, les équipements et le matériel ainsi que les efforts en matière de prévention vont dans le sens de l’amélioration des conditions de travail. Toutefois la vigilance doit rester de mise pour se prémunir contre les dangers d’origines diverses mettant en cause santé et intégrité physique. Ainsi, il convient de responsabiliser les compagnons tant dans le respect du port des équipements de protection individuel que dans leur maintien en bon état. À cet égard, le confort des équipements est un critère important dans la mesure où ils seront d’autant mieux adoptés que l’utilisateur s’y sentira à l’aise. Allant dans ce sens, les équipements de protection individuelle (EPI) sont plus performants et agréables à porter : chaussures de sécurité plus légères et plus souples, casques légers, vêtements de travail bien coupés.

Au-delà du port d’EPI adaptés, l’évolution s’est portée depuis plusieurs années sur le développement de produits et de systèmes de mise en œuvre intégrant davantage de sécurité pour l’utilisateur. C’est d’ailleurs aujourd’hui, selon le principe 5 de l’article L4121-2 du Code du travail, une obligation pour les chefs d’entreprise de prendre en compte l’évolution de la technique afin d’améliorer les conditions de travail de ses salariés et de préserver leur santé.

 

GARE AUX CHUTES ET À LA MANUTENTION
Premier responsable d’accident du travail et de maladie professionnelle, contribuant à la pénibilité, la manutention manuelle est la cible majeure des industriels. Le monde du bâtiment bénéficie aujourd’hui de matériels de levage adaptés aux métiers de la finition tel le diable monte-escaliers sur le principe des chariots à deux fois trois roues qui existe également en version électrique. Autre exemple, le lèveplaque de plâtre monte le produit directement là où elle doit être installée. Dans la même optique, des cloisons sur ossature en kit ont été développées, les composants étant directement livrés sur chantier, tout comme des plaques en 600 mm de large, transportable dans les ascenseurs ou les escaliers. Un système qui impose plus de joints, effectivement, mais la baisse de la pénibilité doit souvent être accompagnée de compromis. Parallèlement, l’évolution de la réglementation et les efforts des industriels du plâtre, de la peinture ou du ciment conduisent à une diminution régulière du poids des matériaux en sacs, ou en pots de 15 kg pouvant couvrir la même surface qu’un produit conditionné en 25 kg.

Les chutes, même de faible hauteur, sont la cause d’accidents fréquents dans les métiers de la finition. Toutefois, la situation s’est nettement améliorée depuis l’apparition des échafaudages roulants puis des petites nacelles élévatrices avec stabilisateurs, transportables dans une remorque derrière une camionnette. Les peintres ont remplacé l’escabeau traditionnel par des plateformes individuelles roulantes. Comptant de trois à cinq marches, elles sont pliables, légères, disposent d’un garde-corps et peuvent être dotées d’accessoires adaptés à différents métiers. Inconvénient : l’opérateur ne dispose que d’une petite surface utile de travail et doit se déplacer fréquemment.

© Centaure

 

MÉNAGER LE CORPS
Certains gestes et postures répétés au quotidien ainsi que l’usage de matériel provoquent chez les opérateurs des troubles musculo-squelettiques (TMS). Pour prévenir ces risques, les fabricants de matériels électroportatifs ont fait évoluer leurs produits et proposent désormais des systèmes anti vibrations intégrés au moteur. L’arrivée de nouvelles générations de batteries a également permis d’alléger les équipements. Autre exemple : les ponceuses, perceuses ou visseuses girafes télescopiques permettant de travailler un plafond sans escabeau ni échafaudage à 2 m du sol.

De même, l’essor de la mécanisation facilite les opérations de ragréage, de joints ou de peinture. En fonction du type et de la puissance des machines, le produit peut être appliqué sur des hauteurs de 20, 30 ou 50 m. Un système qui présente un double intérêt. D’une part, l’applicateur n’a plus besoin de se pencher ou de travailler accroupi. D’autre part, la machine installée au pied du bâtiment permet d’éviter les opérations de manutention du produit à travers les étages.

Concernant les risques respiratoires, la problématique est aujourd’hui largement prise en compte. 95 % des colles et peintures sont sans solvants et les produits en poudre tel que les sacs de ragréages sont presque tous proposés à faibles émissions de poussières. Par ailleurs, les machines produisant de la poussière peuvent être connectées à un système d’aspiration afin de préserver les poumons de l’opérateur. De plus, les aspirateurs sont équipés de filtres spécifiques en fonction du matériau travaillé.

En phase d’expérimentation dans l’univers du bâtiment, la technique de l’exosquelette entend lutter contre les TMS. Ce système d’assistance à l’effort a pour but d’alléger une tâche de manutention ou de soulager l’opérateur d’un travail fatigant. Dérivé de ce principe, mais sous forme passive et plus légère, l’ergosquelette est un harnais flexible qui aide à maintenir des postures particulières (position penchée ou bras en l’air par exemple). Mécanique et élastique, fonctionnant par ressort et vérins, le harnais soulage le corps au niveau du dos ou des bras grâce à un report de poids sur les cuisses, sans solliciter les lombaires. Il s’adapte à toutes les morphologies et s’adresse aux métiers qui ont des postures particulières bien identifiées (carreleurs, peintres, plaquistes).

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