L’ingéniosité du plancher technique

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© Comey

Le plancher surélevé permet de créer un vide pouvant accueillir réseaux, câbles ou autres climatisations, assurant flexibilité et isolation acoustique. Zoom sur un système apparu au IIe siècle avant Jésus-Christ.

À l’époque gallo-romaine, les architectes créaient des zones tampon entre le sol brut et le plancher afin de laisser s’écouler des fluides ou se préserver de l’humidité du sol. Un procédé architectural qui a traversé les siècles et qui permet aujourd’hui d’installer les câbles des réseaux informatiques jusqu’aux climatisations.

Les planchers techniques, aussi appelés faux planchers, sont composés d’une structure métallique recouverte de dalles amovibles, soutenues par des vérins et/ou profilés réglables en hauteur ou non. Première possibilité, des dalles avec une âme en aggloméré de bois haute densité, communément épaisse de 30 mm mais pouvant aller jusqu’à 38 en fonction de la charge à venir. De classe 1, elles sont le minimum requis pour mettre en place un plancher technique.

Seconde proposition, une âme en sulfate de calcium renforcée par des fibres. Elle est classée M0 – et donc ininflammables -, un prérequis indispensable pour pouvoir habiller les sols des tours de grande hauteur.

Le plancher surélevé permet une bonne flexibilité pour la gestion des équipements logés sous le revêtement. © Comey

Les dalles peuvent être brutes, c’est-à-dire sans revêtement. Elles sont alors recouvertes par la suite, le plus souvent de dalles de moquettes plombantes. Autre solution : les dalles en bois ou sulfate de calcium avec revêtement intégré en usine. « Elles peuvent être recouvertes avec du stratifié, du PVC, du linoléum, de la céramique ou du parquet », précise Jérémy Delaneau, responsable commercial grands comptes Île-de-France chez Comey.

MAINTENANCE ET MODULARITÉ

Capable de supporter des charges importantes, le plancher technique répond aux exigences des bâtiments professionnels et s’adapte aux usages bureautiques et techniques aussi bien qu’aux applications très spécifiques. On le trouve aussi bien dans les salles de contrôle, les centraux téléphoniques, les salles blanches, les locaux hospitaliers, les laboratoires que dans les espaces de bureaux et les data centers. Le vide situé entre le plancher surélevé et le sol structurel permet de dissimuler les circuits de fluides et d’intégrer la connectique avec les réseaux techniques (électricité, climatisation, téléphonie, communication, fibre optique, etc.).

Pouvoir intégrer les équipements sous le sol favorise leur maintenance. La facilité de démontage grâce à l’amovibilité des dalles à l’aide d’une simple ventouse permet un accès facile et rapide aux éléments du plénum. Cela permet une bonne flexibilité pour la gestion des équipements logés sous le plancher. Dans le cas d’un réagencement d’un local, toutes les prises peuvent facilement être installées à l’endroit nécessaire, sans ajout de goulotte ou câble apparent, assurant un sol libre, dégagé, propre et sûr. Outre la maintenance, le plénum sous plancher garantit la modularité des espaces, critère d’importance dans le secteur tertiaire. « Il est rare aujourd’hui qu’il n’y ait pas de faux plancher dans la bureautique, excepté s’il n’y a que très peu d’équipement, note Jérémy Delaneau. À chaque changement de locataire, il suffit d’ouvrir le plancher et de dévier le réseau pour moduler complètement l’espace de bureau à la convenance des nouveaux occupants. Et cela autant de fois que nécessaire. » Un avantage non négligeable à l’heure où la flexibilité des espaces de travail est devenue primordiale.

Les dalles brutes, c’est-à-dire sans revêtement, sont recouvertes par la suite, souvent avec des dalles de moquette plombantes. © Comey

AMÉLIORER LA TRANSMISSION ACOUSTIQUE

Le plancher surélevé a par ailleurs une influence sur l’acoustique des locaux. Il joue un rôle sur l’isolation aux bruits aériens et d’impacts via la transmission directe vers les locaux de l’étage inférieur, la transmission aérienne des bruits vers le local adjacent via le plénum et la transmission structurelle vers ce même local via les dalles du plancher. Vers l’étage inférieur, il améliore la transmission acoustique directe selon le principe « masse-ressort-masse ». En revanche, latéralement, si la cloison séparatrice est posée sur le plancher surélevé, il est nécessaire de poser une barrière acoustique pour éviter la transmission sonore par le vide sous plancher. Enfin, quant à la transmission structurelle par les plaques elles-mêmes, la solution sera de désolidariser la paroi séparative et le plancher. D’une façon générale, la qualité acoustique globale d’un espace dépendant de ses éléments les plus faibles, il convient d’éviter tous les éléments affaiblissants dans la structure. Il faudra donc éviter les points de contact entre le plancher et les structures environnantes : il sera désolidarisé des murs à l’aide de bandes périphériques qui seront arasées après pose du revêtement de finition. Par ailleurs, il faudra limiter le nombre d’orifices pratiqués dans le plancher pour les arrivées de câbles qui affaiblissent l’isolation acoustique.

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