Le bon choix acoustique

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Les sols PVC techniques peuvent concilier isolation acoustique et tenue au poinçonnement. © Tarkett

En espaces résidentiels comme sur les lieux de travail, l’environnement sonore est l’un des éléments déterminants de la qualité de vie. La maîtrise du bruit dépend en grande partie des matériaux utilisés pour les aménagements intérieurs des locaux.

Le son est invisible alors qu’il est partout présent l’espace. C’est une vibration mécanique propagée par la matière aérienne, fluide ou solide. Son et matière sont indissociables, l’énergie acoustique étant absorbée, réfléchie ou diffusée par la matière. La propagation du son peut être modulée en fonction de la consistance, de la texture ou de la densité de la matière. Le choix des matériaux retenus pour les aménagements intérieurs et leur configuration spatiale sont donc des éléments à prendre en compte par le prescripteur. La problématique est toutefois différente en fonction de la destination des locaux. Dans un lieu d’habitation ou de résidence (logement, hôtel, hôpital, maison de retraite…), priorité sera donnée à l’isolation acoustique afin de protéger les locaux des bruits aériens et des bruits d’impacts. Sur un lieu de travail ou accueillant du public (bureau, restaurant, salle de spectacle), on privilégiera la correction acoustique afin de réduire la propagation acoustique à l’intérieur du local et de réduire le temps de réverbération du bruit sur les parois.

Maîtrise de l’impact

Si l’acoustique est prise en compte pour tout bâtiment construit depuis 1996, il n’existe pas d’obligation en matière de réglementation acoustique lors de travaux d’isolation dans l’ancien. Or, il existe des solutions d’isolation acoustique en rénovation qui permettent d’obtenir une réelle amélioration du confort sonore. Les bruits d’impacts et aériens se transmettent directement de l’étage supérieur vers l’étage inférieur mais aussi, compte tenu de la rigidité des matériaux de construction et de la continuité entre les ouvrages, par vibration dans les éléments horizontaux et verticaux de la structure. L’isolation du plancher va empêcher le passage des bruits d’impacts. Les revêtements de sol textiles s’avèrent une des solutions les plus efficaces en termes d’absorption des bruits de chocs mais ils jouent également un rôle important dans la réduction du temps de réverbération, donc du confort acoustique. Si la solution textile n’est pas envisageable, les sols souples PVC apportent des réponses pertinentes dans des secteurs comme le logement social, les établissements de santé et d’enseignement et plus récemment dans l’hôtellerie avec les produits LVT. Si dans les locaux résidentiels non soumis à un trafic intense, un revêtement PVC hétérogène intégrant une sous-couche mousse apporte généralement une réduction satisfaisante des bruits de chocs et de la sonorité à la marche, en revanche la question est plus complexe pour des applications dans des locaux soumis à des contraintes et des réglementations acoustiques particulières, comme les établissements de santé, d’enseignement ou hôteliers. En effet, le revêtement doit alors répondre aux critères antagonistes que sont la souplesse nécessaire à l’absorption et la densité de matière obligatoire pour résister au poinçonnement provoqué par les charges lourdes. Forbo, Gerflor ou Tarkett, pour ne citer que les plus connus, sont parvenus à un compromis entre ces deux exigences et proposent dans leurs gammes des produits dédiés à ce type d’application. Le prescripteur pourra utilement se référer à la marque NF UPEC.A+ dont le seuil minimum d’efficacité acoustique au bruit de chocs est de 15 dB et dont la sonorité à la marche doit être inférieure à 65 dB. Il est ainsi possible de concilier un U2sP3 et une efficacité acoustique de 20 dB ou un U4P3 avec un 17 dB.

Solutions cachées

S’il procure une atténuation des bruits aériens intérieurs, le revêtement de sol ne va cependant pas régler les transmissions latérales par cloisons ou doublages verticaux. En construction neuve, le problème acoustique doit être pris en compte dès la conception. Ainsi, la masse du plancher permet de satisfaire à la réglementation concernant les bruits aériens et la question des bruits d’impact pourra être réglée par une sous-couche sous chape flottante. Mais en rénovation, l’affaire est plus compliquée en raison d’une surépaisseur et d’une surcharge sur le bâti. Sous un revêtement dur ou rigide, de type carrelage, parquet ou sol stratifié, une solution simple consiste à installer une sous-couche résiliente. Toutefois, l’efficacité du système dépendra du respect des règles de l’art dont le point essentiel est une désolidarisation totale entre la surface de circulation et les éléments de construction liés au plancher porteur. La sous-couche se pose en continu, bord à bord, sans chevauchement, sur toute la surface du sol. Un joint mousse périphérique, collé sur le pourtour de la pièce, au ras du plancher et rabattu sous la plinthe, permet d’assurer la désolidarisation du revêtement de sol et des plinthes. Le degré d’isolation acoustique est fonction des propriétés d’élasticité de la sous-couche et de son épaisseur (généralement de 3 à 7 mm d’épaisseur), l’atténuation des bruits de choc étant d’autant meilleure que la sous-couche est épaisse. Siplast, Soprema et Tramico proposent des systèmes sous Avis Technique mais la plupart des fabricants de revêtements de sol PVC ou stratifiés et de parquets ont dans leurs catalogues d’accessoires ce type de produits d’isolation acoustique.

Des murs discrets

Dans l’habitat comme dans les lieux de résidence, le bruit est considéré comme une nuisance, qu’il provienne de l’extérieur, du voisinage ou de l’intérieur même du local. Pour combattre les bruits aériens, le principe du « masse-ressort-masse » peut être utilisé en appliquant au moyen de plots de colle des panneaux de polystyrène élastifié ou de polyuréthane rigides revêtus d’une plaque de plâtre en parement. Autre possibilité : le montage d’une ossature métallique ou bois dans laquelle sera inséré un isolant en laine minérale, de roche ou de verre, ou en laine naturelle, pour la note écologique. Ces solutions présentent toutefois le désavantage de réduire très sensiblement le volume habitable. Les industriels de la plaque ont donc développé des produits, principalement dédiés à la rénovation, et qui permettent de respecter davantage d’espace disponible. Placo Phonique (Placoplatre), Prégyplac dB (Siniat) ou Knauf Phonik (Knauf Bâtiment) sont des plaques de plâtre BA13 réalisées avec du gypse doté d’une structure cristalline spécifique et de composants amortissants. Cette composition permet à elle seule d’obtenir un gain de 3 dB par rapport à un ouvrage en BA 13 standard. On notera également que certaines plaques de plâtre, de par leur densité élevée, offrent des atténuations acoustiques plus fortes que les plaques de plâtre cartonnées standard. C’est également sa densité supérieure à celle d’une plaque de plâtre classique qui confère à la plaque Fermacell, constituée d’un mélange de plâtre et de fibres de cellulose, des performances acoustiques supérieures à épaisseur égale. Des solutions peuvent être mises en oeuvre sur les parois murales existantes afin d’assurer de l’absorption et d’améliorer le confort acoustique. Ainsi de la pose de matériaux textiles. L’absorption s’avère d’autant plus efficace que les fréquences sont hautes. Elle dépend également du mode de fixation du revêtement, l’absorption augmentant en éloignant l’isolant du support par l’effet de la lame d’air. À noter, l’offre de Vitrulan d’une toile de verre à peindre (Systexx Acoustic), doublée sur l’envers d’un molleton absorbant. Utile en rénovation dans des applications tertiaires comme en résidentiel avec ses 3 mm d’épaisseur, son coefficient aw de 0,25 réduit la propagation des sons et l’effet d’écho.

Les versions acoustiques de la plaque de plâtre procurent un gain de 3 dB par rapport à une plaque traditionnelle. La version Renomince de Placo, dédiée à la rénovation, bénéficie en plus d’un doublage laine de verre de 20 mm. © Placo

Des plafonds protéiformes

Le plafond s’avère comme une surface très efficace pour apporter une correction acoustique. Les industriels des plafonds en laine minérale ont développé des solutions qui permettent de répondre aux différentes problématiques, en fonction de l’utilisation des espaces. Ainsi la composition spécifique d’une dalle va permettre d’atténuer le niveau sonore ambiant grâce à sa face inférieure tandis que la face supérieure se chargera des sons émis dans le plénum ou provenant de locaux adjacents. Depuis quelques années, des solutions à fois fonctionnelles et esthétiques sont apparues avec les plafonds flottants qui permettent de traiter les espaces en délimitant des zones. La plaque de plâtre perforée est également très appréciée des concepteurs en raison de son aspect monolithique. Enfin les systèmes de plafonds tendus, micro perforés, proposent aussi des performances d’absorption intéressantes et peuvent s’avérer fort utiles dans les ambiances humides.

Les différentes typologies de plafonds répondent à des problématiques acoustiques variées. © Rockfon

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