L’atout bambou

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Le bambou peut être décliné en revêtements de sol, panneaux muraux ou plafond, en massif ou en plaquage. © AndreVisual - Architecte : Zaha Hadid Architects

Le bambou fait figure de matériau phare de ce début de siècle. Ses qualités techniques, notamment sa résistance, mais aussi son taux de renouvellement rapide en font une solution en phase avec les enjeux environnementaux du bâtiment. Escalier, parquet, plafond, zoom sur un matériau de niche qui semble se développer presque aussi vite qu’il ne pousse.

L e bambou est un matériau étonnant qui pousse majoritairement en Chine. S’il s’agit d’une plante, comme l’herbe ou le maïs, il est souvent apparenté au bois du fait de la forte dureté de ses tiges, expliquant sa large utilisation dans le secteur de la construction. Contenant les mêmes composants que le bois mais dans des proportions différentes, il est normé et évalué selon les normes EN bois.

Autre particularité, certaines de ses espèces peuvent pousser jusqu’à 1 m par jour: plus il est coupé, plus il est stimulé, ce qui le classe parmi les espèces invasives. « Nous pourrions couper 25 % des plantations tous les ans sans affecter la ressource primaire dont nous disposons aujourd’hui, soit environ 7,5 millions d’hectares disponibles », explique Jean-Pascal Costa, directeur commercial France chez Moso International BV. Un taux de renouvellement qui n’a donc rien de comparable avec les essences dites classiques. Sans compter que le bambou arrive à maturité au bout de quatre ou cinq ans, comparé au chêne, par exemple, qui nécessite près de 70 ans avant de pouvoir être utilisé.

Le bambou peut prendre n’importe quelle forme, à l’image des courbes des poteaux et plafond du Centre commercial City Life de Milan. © AndreVisual – Architecte : Zaha Hadid Architects

UN CLASSEMENT AU FEU INTRINSÈQUE

Cette plante à base de fibre ligneuse se présente aujourd’hui comme une bonne alternative aux bois exotiques dont l’utilisation est confrontée aux problèmes de déforestation des bassins centre-africains et amazoniens. Techniquement, il est très résistant et présente un classement feu sans adjonction de produit. Un process industriel lui confère une très grande stabilité. « Cette performance permet de créer des parements de façades de 4,20 m tenus uniquement par les extrémités là où il faudrait des points de fixation intermédiaires avec les autres bois qui libèrent des tensions », explique Jean-Pascal Costa.

La résistance du matériau permet de valider des parquets avec un classement U4P4. Des performances qui rendent son usage possible dans des lieux où le bois n’aurait pas pu répondre à des contraintes élevées de passage ou de température et d’hygrométrie. C’est le cas dans des lieux tel que les sols de l’embarcadère de l’Eurostar ou des gares du Nord, de Chambéry, Lille ou Strasbourg avec des matériaux validés par avis techniques.

La résistance des parquets en bambou est un atout pour les lieux à grand trafic comme les restaurants. © Lior Teitler – Architecte : SeARCH Architects

Pour apporter des performances supplémentaires au bambou, des partenariats sont créés entre fournisseurs de bambou et industriels afin de proposer des systèmes complets. C’est notamment le cas pour la création de panneaux acoustiques perforés pour les murs et les plafonds, la réalisation de murs rideaux en lamellés collés, de terrasses extérieures en petites lattes ou encore de brises-soleil.

 

DU BAMBOU UN PEU PARTOUT
S’il reste encore un marché de niche, le bambou se déploie progressivement. Le matériau a notamment servi à la réalisation de mobilier urbain pour la ville de Marseille. Mais il est aujourd’hui utilisé dans l’ameublement et même dans l’industrie pour la confection de tableaux de bord automobile. Dans la construction, on le retrouve autant sur les sols, les murs et les plafonds de projets résidentiels ou tertiaires. Entre autres projets d’envergure, on peut notamment citer les 8600 m2 de parquet au siège d’Orange (92), l’aéroport de Madrid, la gare du Nord à Paris, le centre commercial des Quatre Temps à la Défense (92) ou encore la tour SaintGobain… À noter, l’utilisation du bambou participe à intégrer des projets Leed, Breeam ou encore HQE.

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