Ergonomie et sécurité, les maîtres mots des chantiers de finition

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© Zolpan

Covid-19 oblige, le bâtiment s’est largement focalisé en 2020 sur la sécurité et la santé de ses salariés. On se rappelle notamment le bras de fer entre les organisations professionnelles et le gouvernement afin de mettre en place des mesures permettant aux artisans de travailler en toute sécurité pendant le premier confinement.

Une situation qui, la plus exceptionnelle soit-elle, s’inscrit dans la tendance observée depuis plus de 10 ans maintenant. Car s’il a longtemps été à la traîne sur le sujet de la santé au travail, le bâtiment s’est engagé depuis la fin des années 2010 dans une démarche accrue de prévention et de sécurité sur les chantiers. Et si les risques restent nombreux (ports de charges lourdes, contraintes physiques dues aux postures de travail, vibration, risque chimique, bruit…), ils sont mieux pris en compte. Par les entreprises elles-mêmes, avec l’accent mis sur la prévention, et par les industriels, qui proposent de plus en plus d’équipements et de matériaux prêts à répondre aux nombreuses problématiques de confort et de sécurité.

On note ainsi une prévention accrue des risques et un renforcement continu des exigences et des recommandations. Le Document unique, obligatoire, doit être réalisé par toute entreprise employant au moins un salarié afin de définir les risques éventuels (voir page 13) et doit être suivi d’actions permettant d’assurer la sécurité des salariés. Le chef d’entreprise est d’ailleurs soumis à une obligation de résultat en matière de santé et doit mettre en œuvre les moyens nécessaires pour prévenir les risques professionnels et protéger la santé physique et mentale de ses salariés, y compris intérimaires. Parallèlement, avant travaux, certains diagnostics sont obligatoires afin de protéger les salariés sur les chantiers comme le diagnostic amiante pour les immeubles bâtis construits avant le 1er juillet 1997 ou bien la recherche de plomb dans les peintures anciennes. De leurs côtés, les fabricants et fournisseurs de produits chimiques (PMO, peinture…) doivent procéder à un étiquetage très réglementé de leurs produits et rédiger une fiche de données de sécurité afin d’informer les utilisateurs des dangers possibles et des recommandations à prendre.

En termes d’évolution produits, les industriels ont répondu présents (voir page 12-13), en travaillant de plus en plus directement avec les entreprises de pose. D’abord au niveau de la manutention, à l’origine de 48 %* des accidents du travail. Le monde du bâtiment bénéficie aujourd’hui de matériels de levage adaptés aux métiers de la finition comme le diable monte-escaliers ou le lève plaque de plâtre qui monte le produit directement à sa destination. Des cloisons sur ossature en kit ont été développées, avec livraison des composants sur chantier, ou des plaques en 600 mm de large, transportable dans les ascenseurs ou les escaliers. De même, l’évolution de la réglementation et les efforts des industriels du plâtre, de la peinture ou du ciment conduisent à une diminution régulière du poids des matériaux en sacs. Par exemple, un pots de 15 kg peut couvrir la même surface qu’un produit conditionné en 25 kg.

Deuxième sur le podium des accidents du travail, les chutes (31 %), même lorsqu’elles sont de faible hauteur. C’est pourquoi sont apparus les échafaudages roulants puis de petites nacelles élévatrices avec stabilisateurs, transportables dans une remorque derrière une camionnette. Les peintres ont remplacé l’escabeau traditionnel par des plateformes individuelles roulantes pliables, légères, disposant d’un garde-corps et parfois dotées d’accessoires adaptés aux différents métiers.

Enfin les maladies professionnelles entre désormais dans l’axe de travail des fabricants. L’attention aux troubles musculosquelettiques d’abord, avec des systèmes antivibrations, des manches télescopiques, l’essor de la mécanisation ou l’apparition des exosquelettes. Ensuite, concernant les risques respiratoires, 95 % des colles et peintures sont aujourd’hui sans solvants et les produits en poudre tel que les sacs de ragréages sont presque tous proposés à faibles émissions de poussières. Par ailleurs, les machines produisant de la poussière peuvent être connectées à un système d’aspiration.

*Source Assurance Maladie, janvier 2021

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