Des cloisons plus performantes et polyvalentes

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© Hoyez

La généralisation de l’open space et l’émergence du flex office ont obligé les entreprises à réfléchir autrement l’aménagement de leurs espaces de travail. Certes les bureaux sont majoritairement ouverts, mais il faut néanmoins permettre aux salariés d’avoir des zones dédiées pour se réunir, se concentrer ou se reposer. Si de nouveaux moyens de cloisonnement apparaissent – mobiliers, cabine téléphonique, box autonomes… – les cloisons toute hauteur restent toutefois aujourd’hui le moyen le plus utilisé pour créer des espaces spécifiques, avec des fonctionnalités et une esthétique de plus en plus poussées. Pour assurer le traitement acoustique tout en préservant la transparence et en facilitant la modularité, la cloison est devenue un élément d’aménagement essentiel. « Les prescripteurs sont beaucoup plus exigeants, explique Olivier Brun, président et fondateur d’Alsea. Puisqu’ils en achètent moins, ils peuvent se permettre d’avoir des produits plus performants. »

  •  La flexibilité, économie circulaire

L’amovibilité des produits est devenue un critère primordial. Les cloisons doivent pouvoir être bougées facilement afin de répondre aux exigences de flexibilité des espaces qui doivent s’adapter plus rapidement aux évolutions des entreprises et de leurs activités. « Aujourd’hui, dans une entreprise, près de 50 % des salles de réunion sont faites avec des cloisons flexibles », estime Marie-Flor Carton Roche, directrice commerciale chez Clestra. Elle estime par ailleurs que des modifications mineures ont lieu tous les trois ans et qu’un changement complet est opéré tous les cinq ans. Le fait de pouvoir déplacer les cloisons sans impacter les sols et les plafonds est alors un avantage incontestable.

 

La flexibilité des cloisons est en adéquation complète avec un nouvel aspect qui commence à être prise en compte : le cycle de vie des aménagements.

 

La flexibilité des cloisons est par ailleurs en adéquation complète avec un nouvel aspect qui commence à être prise en compte : le cycle de vie des aménagements. Dans une logique visant à utiliser moins de matière, certains architectes commencent à prendre conscience que s’il est important de pouvoir changer de concept ou de modifier les espaces rapidement, il n’est pas pour autant nécessaire de le faire avec de nouveaux produits. « Nous réfléchissons beaucoup à l’économie circulaire, indique Marie-Flor Carton Roche. Nous récupérons les cloisons pour les réutiliser soit sur site, soit dans d’autres locaux. Ce n’est pas forcément plus économique d’un point de vue financier : il faut les nettoyer, les remettre en état et les stocker. C’est un travail sur la durée et le bénéfice est avant tout environnemental. »

  • Un élément de design

« Le client recherche des solutions sur mesure, indique Olivier Brun. C’est un produit industriel que nous devons néanmoins personnaliser pour répondre aux attentes des architectes et des décorateurs. Nous nous rapprochons beaucoup d’une prestation d’agencement. »

 

Majorelle – Tour D2 – La défense. Mathieu Ducros / Opictures – Clestra

 

 La majorité des produits est aujourd’hui vitrée et transparente. D’abord parce que ces cloisons permettent l’apport de lumière naturelle, aspect de plus en plus important, notamment pour les bâtiments cherchant à acquérir les certifications HQE ou Breeam. Ensuite pour conserver la sensation d’espace et de transparence des open spaces. Enfin parce que la cloison vitrée offre tout un champ des possibles en ce qui concerne l’esthétique. Impression numérique de photographie, films opacifiants, sablage ou encore inclusion dans le verre, mixe des matériaux avec la création de « puzzles » de verre, de bois ou d’acier, intégration des végétaux ou du mobilier…Tout est envisageable, en fonction des budgets bien sûr ! À noter, le NF DTU 35-1 impose désormais un marquage sur les cloisons vitrées à hauteur de vue pour les personnes valides et à mobilité réduite (1 m 10 et 1 m 60) de façon répétée sur la longueur de la cloison.

 

La cloison est désormais un outil de décoration de premier plan, notamment parce qu’avec l’open space, les surfaces murales disponibles se font beaucoup plus rares.

 

La vitrophanie qui était il y a peu un simple élément de confidentialité participe désormais largement à la qualité visuelle des cloisons. Certains n’hésitent pas à s’en servir pour leur communication en reprenant par exemple les couleurs de l’entreprise ou à en faire un élément à part entière du parti pris décoratif.

 

© Alexis Paoli / BMA Group – Criteo

 

L’ossature de cloison devient elle aussi un élément du design. Deux courants cohabitent. Soit elle est invisible pour un rendu très épuré et monolithique, donnant l’impression que la cloison est suspendue. Soit elle est au contraire très marquée, déclinée en acier ou en bois, servant alors directement d’élément graphique. La grande tendance est ainsi au style « atelier », telles des verrières, avec des ossatures noires très marquées. Un design en plein essor dans les logements et qui montre une fois encore le mélange des frontières entre l’aménagement des espaces de travail et le secteur de la maison.

  • L’acoustique, un minutieux équilibre

Parallèlement au design, les cloisons ont évolué techniquement. Axe de recherche majeur : le traitement acoustique, la mission principale des cloisons étant d’assurer une protection acoustique optimale. Pour préserver à la fois l’isolation et l’absorption, les quatre éléments à prendre en compte sont le mur, le plafond, le sol et la porte. « Si vous prenez toutes les précautions d’usage – barrières phoniques au niveau des sols et des plafonds et cloison acoustique très performante – mais que vous y intégrer une porte en verre sans ossature, vous perdez tout le bénéfice des traitements mis en place », explique Stephanie Bricout, directrice marketing et communication d’Hoyez. Face à ces problématiques, les fabricants répondent avec des solutions de double vitrage, des concepts d’assemblage permettant de ne pas avoir de fuite d’air ou des systèmes de balais au bas de la porte filtrant les sons… Des procédés dont les détails sont la chasse gardée de chaque industriel. « Nous agissons sur l’épaisseur des vitrages, sur le type de remplissages, simples ou doubles, sur le choix de l’isolant et sur la porte associée, précise tout de même Stephanie Bricout. Tous ces éléments additionnés vont conditionner le niveau des performances acoustiques. »

  •  Un outil de travail à part entière

Autre évolution importante : les solutions de confidentialité. Si elles passent toujours par les stores ou la vitrophanie, il est désormais possible d’intégrer d’autres matériaux dans le verre ou même de mettre des systèmes à opacité contrôlée. En effet, les technologies les plus récentes permettent de cloisonner à la fois de façon transparente et opaque : le matériau devient actif grâce à des cristaux liquides emprisonnés entre deux feuilles de verre, alimentés en basse tension et pilotés par un interrupteur permettant de passer d’une teinte foncée à une totale transparence. Cette technologie, très onéreuse, est néanmoins réservée à des projets très haut de gamme.

Par ailleurs, les cloisons multiplient les usages. Elles font office de mobilier grâce à l’accroche d’étagères, dorénavant une option pour la quasi-totalité des produits.

Elles peuvent désormais être directement utilisées comme support de communication, les fabricants proposant des solutions incluant des écrans, parfois tactiles, ou des vidéoprojecteurs.

 

Les cloisons des immeubles Galeo et Dueo (Issy-les-Moulineaux) intègrent des éléments de type lambris ou effet de matières au verre, rejoignant la mode du mix-matériau. © Alsea

 

Enfin, elles sont utilisées comme solution informelle, en version magnétiques et « écritoire » via l’intégration de tableau blanc. Il est même possible d’avoir du deux en un : une surface blanche suffisamment brillante pour pouvoir écrire dessus mais, parallèlement, suffisamment mate afin d’y projeter des images… Un procédé qui est le fruit de recherches minutieuses pour atteindre ce difficile équilibre. « Les avancées technologiques ont conféré un nouveau rôle aux cloisons, estime Stephanie Bricout. On ne les choisit plus simplement pour l’acoustique ou leur design. Elles deviennent désormais des outils de travail à part entière. »

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