La cloison, élément d’agencement

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La vitrophanie devient un art à part entière, où tous les visuels sont possibles. © Chris Blaser / Clestra Hauserman

Dans des espaces toujours plus ouverts, la cloison se fait précieuse. Élément de décor, support multimédias, outils de communication, mobiliers… Son rôle dépasse largement désormais celui de simple séparateur.

Face à une organisation de travail qui multiplie toujours plus les espaces, la cloison est devenue un élément d’aménagement essentiel, presque d’agencement. Car si aujourd’hui les surfaces sont majoritairement ouvertes, il n’est plus envisageable de privilégier uniquement de larges plateaux de bureaux. Moins de cloisons mais plus de potentiel est le nouveau mot d’ordre. Le marché se résume en effet à moins de mètres linéaires mais des produits plus sophistiqués, plus esthétiques et plus fonctionnels.

LA MAÎTRISE DE L’ACOUSTIQUE

Concrètement, le marché repose sur trois axes majeurs. Tout d’abord la modularité des produits. Il faut pouvoir les modifier facilement afin de répondre aux exigences de flexibilité des espaces qui doivent s’adapter rapidement aux évolutions des entreprises et de leurs activités. En moyenne, des modifications mineures ont lieu tous les trois ans et un changement complet est opéré tous les cinq ans. Il est indispensable de pouvoir déplacer les cloisons sans impacter les sols et les plafonds.

La maîtrise de l’acoustique implique un important travail de R&D et le passage par des campagnes d’essais.

Ensuite, l’acoustique, la mission principale des cloisons étant d’assurer une protection optimale. Si l’isolation et l’absorption sont mal traitées, la réverbération sera trop importante et les conversations entendues de tous (et inversement, toutes les discussions extérieures pénétreront). Du côté des fabricants, la maîtrise de ces questions implique un important travail de R&D et le passage par des campagnes d’essais. La performance acoustique des systèmes influera directement sur l’épaisseur des vitrages. En fonction des niveaux recherchés, elle nécessitera également le recours à des profils à rupture de transmission, des systèmes de renfort avec adjonction d’éléments au dos des panneaux ou de balais au bas des portes. Des procédés dont les détails sont la chasse gardée de chaque industriel. Mais au-delà des produits, les fabricants s’accordent pour dire que le plus important est la qualité de la pose, régie par le NF DTU 35-1 (voir encadré).

Enfin, la transparence, qui représente plus de 50 % du marché. Elle assure un apport de lumière naturelle, aspect de plus en plus important, notamment pour les bâtiments cherchant à acquérir les certifications HQE ou Breeam. Par ailleurs, elle permet de conserver la sensation d’espace des open spaces.

L’OSSATURE AU SERVICE DU DESIGN

À ces critères s’ajoutent des fonctions techniques comme esthétiques. La majorité des produits étant aujourd’hui vitrée, la transparence ouvre un tout nouveau champ des possibles : impression numérique de photographie, films opacifiants, sablage ou encore inclusion dans le verre, mixe des matériaux avec la création de « puzzles » de verre, de bois ou d’acier, intégration des végétaux ou du mobilier… L’ossature elle-même est mise au service du design. Deux courants cohabitent. Soit elle devient invisible pour un rendu très épuré et monolithique, donnant l’impression que la cloison est suspendue. Soit elle se fait au contraire très visible, déclinée en acier ou en bois, et joue alors le rôle d’élément graphique. La grande tendance est notamment au style « atelier », telles des verrières, avec des ossatures noires très marquées. Un design en plein essor dans les logements et qui montre une fois encore la porosité des frontières entre l’aménagement des espaces de travail et le secteur de la maison. Les cloisons pleines ne sont pas en reste. Elles se transforment en véritable support pour répondre aux envies des architectes. Et si le métal est privilégié au bois pour des raisons de tenus au feu, les solutions d’impression et de sublimation du métal permettent aux prescripteurs d’avoir le rendu souhaité, qu’il s’agisse du bois ou de n’importe quel autre motif.

Très en vogue, le style « atelier » avec des effets verrières aux ossatures noires très marquées. © Alexis Paoli / Interior

UN OUTIL DE TRAVAIL

L’heure est également à la multiplication des usages. Les cloisons sont devenues des outils de travail à part entière. Elles font désormais couramment office de mobilier grâce à l’accroche d’étagères ou de support de communication. Il est en effet de plus en plus fréquent d’y associer des interfaces multimédias comme des tablettes tactiles, des solutions de projection ou des écrans. L’intégration de ces outils se fait également de manière plus raffinée, souvent au nu total de la cloison avec un effet miroir.

Les cloisons deviennent outil de travail, en servant par exemple d’écritoire à grande échelle. © stefan marquardt / Clestra Hauserman

Plus classique, les usages comme solution de communication informelle continue de séduire les entreprises qui misent de plus en plus sur le travail collaboratif. Les cloisons se déclinent aujourd’hui en version magnétique ou « écritoire » via l’intégration de tableau blanc. Voire en version deux en un, avec une surface blanche pour écrire mais suffisamment mate afin d’y projeter des images…

UNE BOÎTE DANS LA BOÎTE

Ces cinq dernières années, l’univers du bureau a vu se développer de nouveaux systèmes de cloisonnement sous forme de bulles autonomes. Pour pallier l’absence de bureau individuel, il a fallu multiplier les espaces informels et de réunion. Réalisés de manière traditionnelle, avec des cloisons toute hauteur, il faut s’assurer qu’il y a de la lumière, que l’espace est ventilé… Or en partie centrale d’un plateau tertiaire, il manque souvent l’un ou l’autre, ce qui implique des travaux techniques conséquents pour des espaces de trois ou quatre personnes ou des cabines téléphoniques. Les bulles autonomes règlent ces problématiques.

Les bulles autonomes sont équipées de lumières, de ventilation, d’un toit, d’un système de chauffage ou de climatisation et des éléments multimédias souhaités. © Clestra Hauserman

Ces cubes à cinq faces, vitrées ou non, bien qu’en règle générale deux faces au moins sont en verre, sont équipés de lumière, de ventilation, d’un toit, d’un système de chauffage ou de climatisation et des éléments multimédias souhaités. Déclinées en plusieurs tailles, de la cabine téléphonique à la salle de réunion pour six personnes, elles restent amovibles, moyennant l’intervention de professionnels

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