Textile : valoriser les déchets, limiter les gaspillages !

Ph-02.jpg

La machine Refinity de Desso permet de séparer les fibres de la sous-couche de la dalle textile. © Desso

Une gestion intelligente des déchets de chantier doit aboutir à leur valorisation afin de préserver les ressources en limitant le gaspillage. Industriels et entreprises de mise en oeuvre ont des initiatives dans ce sens.

Pour les défenseurs de l’environnement, la moquette est un produit qui génère énormément de gaspillage. L’association Zero Waste révèle dans un rapport de 2017 que moins de 3 % des tonnages de moquettes vendus chaque année dans l’Union européenne sont recyclés. Avec une production annuelle de 700 millions de mètres carrés, cela offre un potentiel important de réemploi et de recyclage. Le défi environnemental est de taille et les industriels comme les entreprises de pose ont décidé de s’atteler à la tâche. Les réglementations les y obligent d’ailleurs, le code de l’environnement disposant que l’entreprise est responsable de la gestion des déchets qu’elle produit jusqu’à leur élimination ou valorisation finale. Contraintes réglementaires ou démarche volontariste, les industriels ont dû, au cours des dernières décennies, repenser leurs méthodes de production. En économisant l’énergie et en revoyant la conception des produits pour tendre vers une économie circulaire, c’est-à-dire avec réutilisation en fin d’usage. La démarche la plus vertueuse consiste à réutiliser les produits en fin d’usage en leur trouvant une nouvelle destination. Pour répondre à ces défis, le monde des revêtements de sol a mis en place des actions, tant au niveau des industriels que des organisations professionnelles.

Chez Interface, après un travail sur la production et ses impacts environnementaux, les efforts ont porté sur la fin de vie du produit car la mise en décharge d’une moquette représente 7 % des impacts sur l’ensemble du cycle de vie. Il s’agit donc de récupérer les déchets pour réutiliser, recycler ou valoriser énergétiquement, la première solution étant à privilégier. Depuis quelques années, l’industriel s’est rapproché des centres de récupération, de valorisation et de revente Ressourceries. Pour le poseur, le coût de transport vers ces centres n’est pas supérieur à une mise en décharge et permet une nouvelle utilisation des dalles de moquette. Plus récemment, Interface a mis en place une action avec le groupe Ares, spécialisé dans la réinsertion par le travail et qui a, entre autres, des activités dans le bâtiment comme la dépose ou le curage de tours. Ares collecte, nettoie, stocke et fait du suivi de stock, Interface proposant ensuite des produits de « seconde main » sur certains projets du tertiaire. Cela permet aussi de mieux gérer les retours de dalles vers les Pays-Bas pour recyclage et le retour dans le processus de fabrication.
 Desso a développé un système de récupération et de valorisation des dalles textiles avec le programme ReStart de reprise sur chantier des anciennes dalles palettisées par le client. Ce dernier prend en charge le coût de transport de Paris jusqu’aux Pays-Bas où les dalles ne contenant pas de PVC sont traitées par Refinity, une machine qui sépare les fibres de la sous-couche. Le velours polyamide est rasé et retourné au producteur Aquafil et, par dépolymérisation, redevient un polyamide 100 % régénéré Econyl pour produire de nouvelles dalles. La sous-couche EcoBase, conçue à base de polyoléfine, un plastifiant pouvant être dépolymérisé, redevient sous-couche, et cela jusqu’à 10 fois. Quant aux sous-couches bitume, elles repartent vers l’industrie routière.
En parallèle des actions des industriels, l’ensemble de la filière s’est organisé pour récupérer les déchets, avec le programme Optimum, patronné par l’UFTM et l’UPMF, dans le but de valoriser les moquettes usagées. Optimum propose aux entreprises la récupération des dalles textiles usagées et de la moquette en lés (en Ile-de-France) grâce à un réseau d’opérateurs spécialisés sur toute la France, avec collecte sur chantier ou à l’entreprise. Les déchets sont acheminés vers un centre de traitement industriel pour une valorisation énergétique, selon un tarif établi en fonction du métrage carré enlevé et de la localisation de la prise en charge.

Partagez cet article