La peinture-déco pour passion

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Nancy Maurille, 22 ans, a été médaillée d’or dans la discipline « Peinture et décoration » lors des dernières finales nationales du 46e cycle de la compétition des métiers WorldSkills, qui se sont tenues à Lyon du 13 au 15 Janvier 2022 dernier. Rencontre avec une passionnée des finitions.

L’ALTERNANCE COMME FIL ROUGE
Nancy Maurille a commencé à 14 ans par un CAP « peintre et applicateur » en apprentissage à Cholet. Deux ans pour première expérience avant d’enchaîner par un brevet professionnel « peintre et applicateur » dans le même CFA et la même entreprise que pour le CAP, toujours en deux ans. Dernière étape, le BTS « aménagement et finition du bâtiment », réalisé en Bretagne pour les cours, à Cholet pour les semaines en entreprise. « Durant le BTS, pendant mes semaines en entreprise, j’ai appris l’avant-chantier, dans les bureaux, explique Nancy Maurille. À la fin de mes études, j’avais vraiment envie de retrouver le terrain. Je suis désormais sur les chantiers tous les jours, salariée chez Évelyne Déco depuis le 1er septembre 2020, une entreprise spécialisée dans les finitions intérieures. »

LES 3 QUALITÉS DES PEINTRES-DÉCORATEURS
Quelles sont les compétences requises, au-delà des connaissances techniques ? La patience, d’abord. « On ne peut pas arriver à une finition parfaite si on ne prend pas le temps de tout faire dans les règles de l’art. » La minutie, ensuite. « La peinture-décoration, c’est du détail, du fignolage. » Une bonne condition physique, enfin. « On passe notre temps à bouger l’escabeau, à se baisser, se relever, travailler à genou ou les bras en l’air. Sans parler des charges à porter. » Et l’indispensable ? « La passion ! », rappelle Nancy.

Box fini de Nancy Maurille lors de la finale nationale à Lyon, mi-janvier dernier.

UNE FILLE SUR LES CHANTIERS
« Les mentalités évoluent ! Peintre en bâtiment, c’est LE métier du bâtiment où il y a le plus de femmes. Néanmoins il y a encore des a priori, notamment sur l’aspect physique du métier. Nous devons nous faire entendre et montrer que c’est une question de compétences, tout simplement, et que nous sommes aussi bien placées que les hommes pour être reconnues. »

LES WORLDSKILLS
L’épreuve se déroule sur trois épreuves de quatre heures chacune. Jour 1 : pose de papier-peint sur un panneau avec angle rentrant et module avec couleurs et tracés imposés. Jour 2 : peinture d’une porte à la laque et réalisation à main levée d’un large cercle avec en partie haute un logo représentant la ville de Lyon avec tracés et couleurs imposés. Jour 3 : peinture de baguettes sur la porte et, dans la partie basse du logo, réalisation des bâtiments de Shanghai (qui accueillera la finale mondiale à la fin de l’année) toujours avec tracés et couleurs imposés. Épreuve supplémentaire, le « speed module », une peinture encore et toujours imposée sur un panneau de 80 cm x 2,30 m. L’objectif : aller le plus vite et être le plus propre. « À l’issue des deux premières épreuves, nous étions six à être sélectionnés sur les 11 de départ pour participer à la dernière phase », précise Nancy Maurille. La préparation des supports (panneau de médium, porte, plinthes…), appelée dans leur jargon la prise en main des machines, était réalisée la veille de la compétition.

Logo représentant la ville de Lyon dans la partie haute et les monuments de Shanghai dans la partie basse.

ET LE MÉTIER, CONCRÈTEMENT ?
Un peintre-décorateur travaille dans le neuf comme la rénovation, tant chez les particuliers que dans les bâtiments tertiaires. Après préparation du support en fonction de son état (rebouchage, enduit, ponçage…), la décoration peut commencer, qu’il s’agisse de pose de papier-peint, de peinture (une impression, deux finitions), d’enduit à la chaux, d’enduit décoratif avec effet, et cela sur les murs, les portes, les plinthes ou encore les plafonds. Sans oublier les façade et le travail de bardage, partie intégrante du métier.

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