Parqueteur, métier de tradition

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© Parquets Briatte

Les parquets massifs traditionnels, cloués ou collés, nécessitent les connaissances et la technique des parqueteurs. Savoir-faire, formation, projet, difficultés… Zoom sur un métier traditionnel qui a su s’adapter aux évolutions.

QU’EST-CE QU’UN PARQUETEUR ?
Le métier de parqueteur est un corps d’état datant du XVIIIe siècle avec des règles de l’art bien spécifiques. Le parqueteur met en œuvre de préférence des parquets massifs cloués et collés, régis respectivement par les DTU 51.1 et 51.2. Le traditionnel parquet cloué sur des lambourdes ou faux plancher est rénovable et réparable. Les parquets collés sont rénovables mais non réparables, la pose collée imposant de casser les lames pour les retirer. « Écologiquement, il vaut mieux avoir un sol traditionnel cloué que collé, indique Gilles Briatte, dirigeant de la société de parqueterie Briatte. Un parquet traditionnel bien entretenu, avec des produits d’imprégnation et non des vernis, peut être conservé plus de 100 ans. »

QUELLES CONNAISSANCES ET QUELLE FORMATION ?
Des années sont nécessaires pour connaître toutes les subtilités de ce métier manuel et artisanal : règle de l’art, calepinage, métré mais aussi connaissance du matériau bois. « Le bois est une matière vivante. Il faut donc savoir gérer les contraintes thermiques, de température ou d’hygrométrie des locaux pour une mise en œuvre de qualité », précise Gilles Briatte. À cela s’ajoutent depuis plusieurs années des normes phoniques qui n’existaient pas pour les parquets anciens, qu’il faut désormais connaître et respecter. Concrètement, le métier de parqueteur nécessite un minimum d’un an d’apprentissage à l’école ou en alternance puis de quatre à huit d’expérience afin de maîtriser un large éventail de connaissances pour réaliser une mise en œuvre conforme aux règles de l’art.

© Parquets Briatte

COMMENT SE PORTE LA PROFESSION ?
« Elle manque de main-d’œuvre ! Il s’agit pourtant d’un métier passionnant même s’il est physique  – posture de travail majoritairement à genou, port de charge…- et qu’il nécessite des connaissances spécifiques (bois, support, calepinage, textes officiels…), de la minutie, de la réflexion et des prises d’initiatives », analyse Gilles Briatte. Et pourtant la demande est là, assurée par une technicité qui les distingue. « Nous avons la chance d’avoir en France un patrimoine qui demande un savoir-faire spécifique. »

QUELS SONT LES PROJETS CONCERNÉS ?
Des projets haut de gamme et techniques. Les parqueteurs sont ainsi spécialisés dans la restauration de parquets anciens ou de mises en œuvre techniques qui nécessitent une expérience et un savoir-faire que les sociétés pluridisciplinaires dans la pose de sol n’ont pas. Il s’agit majoritairement de réhabilitation d’immeubles haussmanniens avec amélioration de l’acoustique, d’équipements souhaitant garder le cachet des parquets traditionnels, de la rénovation des ministères, des immeubles d’État ou de monument comme le Louvre. Certaines entreprises spécialisées estiment qu’il y a 40 ans, le spectre des projets était plus important, notamment via les gymnases ou les habitations collectives. Dorénavant, les normes imposées et les types de poses préétablies qui ne nécessitent que peu de technique mais une forte cadence privilégient des parquets moins techniques. Sans compter les fabricants qui ont leurs propres équipes de poseurs.

ET LE RABOTEUR, QU’EST-CE QU’IL FAIT ?
Dans les petites structures, les artisans vont s’occuper non seulement de la pose du parquet mais aussi des finitions. Et pourtant se sont deux métiers bien distincts, parqueteur et raboteur, qui se suivent et se complètent. Les raboteurs s’occupent du parquet en fonction des demandes après la pose. Ils sont aptes à travailler les teintes, les décorations, à donner au parquet du volume, le creuser, le patiner, le vieillir… Si le parqueteur opère dès la maçonnerie finie, le raboteur intervient juste avant la livraison afin d’harmoniser le sol avec l’ensemble de la pièce.

 

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