Le NF DTU 53.1 revu et corrigé

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En vigueur depuis plus de 15 ans, le NF DTU 53.1 dédié à la pose des revêtements de sol textiles avait besoin d’une mise à jour pour tenir compte de l’évolution des matériaux et améliorer les conditions d’intervention des entreprises. Yann Rivière, qui présidait la commission de normalisation, nous a livré quelques points importants de cette nouvelle mouture.

Tout professionnel sait que les NF DTU sont des documents incontournables. Leur respect permet de lutter contre la sinistralité, d’améliorer les pratiques des entreprises et de délimiter les responsabilités contractuelles de chacun. Aussi est-il important que les entrepreneurs prennent part à leur rédaction, qu’il s’agisse de révision d’un NF DTU existant ou de nouveaux NF DTU. La révision du 53.1 concernant la pose des revêtements de sol textiles dont la dernière version datait d’avril 2001 se fonde sur le retour d’expérience, avec l’appui du BNTEC (Bureau de normalisation des techniques et équipements de la construction du bâtiment), de la commission de normalisation qui a été mise sur pied, comprenant entrepreneurs, industriels, centres techniques, administrations, laboratoires, bureaux de contrôle… afin d’élaborer un document qui soit le fruit d’un consensus. Elle était présidée par un entrepreneur expérimenté, Yann Rivière, chef d’entreprise à Vauxsur- Mer (Charente-Maritime).

Alors que le texte d’avril 2001 ne concernait que les travaux neufs, le NF DTU 53.1 révisé intègre désormais les ouvrages réalisés en rénovation. La commission a donc travaillé sur les supports qui peuvent se rencontrer dans ce type de travaux : parquets, dalles, planchers chauffants, carrelage mais en excluant la pose sur un support souple existant. Pour les matériaux concernés, on retrouve tous les types de moquettes en lé (à coller ou à tendre) ou en dalles, y compris les passages d’escaliers, les aiguilletés en lé et dalles ainsi que les différents types de thibaudes, à coller ou à tendre.

Concernant les dalles de moquette, les nouveaux formats en lames sont pris en compte, avec la précision que l’implantation des dalles doit être telle que la dimension des dalles en rives soit au minimum d’une moitié de dalle.

De nouvelles exigences

Au niveau des travaux, le texte est plus exigeant sur les conditions de stockage des produits. « Les matériaux destinés à la réalisation des revêtements de sol textiles collés ou tendus doivent être entreposés durant les 48 heures précédant la pose dans des locaux clos, aérés et sécurisés, à l’abri de l’humidité et à une température ambiante supérieure ou égale à 15°C ou aux températures minimales fixées par les fabricants et sur support sec. » L’état du support étant un élément essentiel pour la qualité de l’ouvrage, et cela d’autant plus s’il s’agit de travaux de rénovation, sa reconnaissance fait l’objet d’un rapport contradictoire à transmettre au maître d’ouvrage. Celui-ci fait état du taux d’humidité, d’un relevé des fissures, de la cohésion de surface, de la porosité et de la planéité. D’une façon générale, le texte tend à renforcer la vigilance de l’entreprise quant à la qualité du support sur lequel elle doit intervenir. De même, lors de la phase d’exécution des travaux, le texte énumère avec précision l’état des lieux « correctement éclairés » et qui doivent « être réservés à l’entrepreneur de revêtement de sol pendant ses travaux, y compris la durée nécessaire avant la mise en service ». Il s’agit clairement d’éviter des interférences entre les différents corps d’état : « Les travaux des autres corps d’état sont achevés. Les travaux de gros oeuvre, les enduits et raccords sont secs. Les travaux d’apprêt et de peinture incluant les finitions sont terminés sur les plafonds, les huisseries et les murs. Les sols doivent être exempts de traces de peinture. Tous les accès et les parties communes sont nettoyés et exempts de tous gravats, de projections de plâtre, ciments ou colles. Les essais de chauffage en cas de plancher à eau chaude ont été effectués, les fuites éventuelles réparées et toutes traces d’humidité ont disparu ». Des modifications importantes qui devraient permettre aux soliers d’accomplir leur tâche dans de meilleures conditions.

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