« Nous naviguons à vu ! »

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Il y a sept mois, lors du premier confinement, William Werey, directeur adjoint de Werey-Stenger Plâtre et Staff, se livrait dans nos colonnes. Il se voulait résolument optimiste et, bien que lucide sur les difficultés à venir, cherchait à aller de l’avant. Nous le retrouvons en plein second confinement, fidèle à lui-même.

« Huit mois après le début de l’épidémie, nous avons rattrapé le retard de productivité et atteignons le même chiffre d’affaires que l’année dernière. Mais pour cela, nous avons dû surproduire, en allouant plus de salariés qu’habituellement sur un chantier. Ce qui hélas baisse la productivité générale de l’entreprise car dans notre activité, quatre n’est pas deux fois plus rapide que deux.

Les perspectives ne sont pas si mauvaises… La bonne nouvelle, c’est que les chantiers privés ont repris, surtout chez les particuliers, même s’ils ne sont pas au plus haut. Pour les marchés publics, les équipes municipales étant désormais en place, des projets voient le jour. Et il y a tous les chantiers qui ont pris du retard qu’il faut finir. Il y a toujours des consultations et des chiffrages, mais pas forcément de retour…

Alors pour 2021, il y a de l’espoir, même si clairement nous naviguons à vue et qu’il faudra impérativement s’adapter ! Nous allons limiter le recourt eux intérimaires et travailler avec notre personnel propre, quitte à travailler moins. Avec la morosité ambiante et la peur, certaines entreprises s’affolent et craignent de ne pas avoir de travail. Et mécaniquement, les prix chutent, puisque sur un appel d’offres où nous sommes habituellement trois à répondre, nous pouvons être désormais sept ou huit. »

Et le protocole sanitaire ?
« Notre façon de travailler est modifiée… Pas dans l’activité en elle-même bien sûr, mais les gestes barrières ont changé les choses. On ne se salue plus, et c’est devenu une habitude ! Avant, arriver sur un chantier sans se serrer la main nous aurait paru inimaginable… Après, travailler avec le masque, si ça ne change pas le métier, ça le complique quand même. Nos salariés passent leur journée à porter des charges lourdes, des plaques de 15 à 25 kg, parfois plus. La respiration est plus compliquée, on transpire plus, on se fatigue plus vite. Mais on n’a pas le choix, donc on s’adapte. Enfin, le protocole représente un vrai coût. Pour notre groupe, c’est 40 000 euros supplémentaire. C’est loin d’être négligeable. »

 

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