L’organisation, nouveau point d’orgue des chantiers

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Comment se déroule un chantier après quatre mois de pandémie ? Quel impact sur l’organisation quotidienne ? Quelle vision de l’avenir ? Entre points positifs et appréhension pour 2021, Marc Letessier, gérant de l’entreprise Orquin, se livre à Sols Murs Plafonds.

Après plus de quatre mois de crise sanitaire, dont plus d’un mois à l’arrêt total, comment faire repartir les chantiers ? Peut-on vraiment reprendre le travail du jour au lendemain quand les chantiers se sont brutalement arrêtés le 17 mars, au pied levé ?

Pour l’entreprise Orquin, la reprise a finalement été pensée très tôt, bien avant un redémarrage effectif, une fois passer l’étonnement suite à l’annonce du président de la République, le 16 mars dernier.

« Nous avons cessé toute activité le 17 mars à midi jusqu’au 27 avril, indique Marc Letessier, gérant de l’entreprise Orquin, spécialisé dans l’agencement intérieur des sols, des murs et des plafonds. En attendant le guide de préconisation de l’OPPBTP, anticipant les obligations à venir, nous sommes restés en veille afin de trouver des solutions pour les diverses problématiques. Nous avons cherché comment nous équiper en gel ou en masque, sélectionné les chantiers où nos compagnons pouvaient travailler seul, revu notre fonctionnement en interne. »

« Du positif finira par sortir de tout cela »

Concrètement, cela donne de nombreuses notes de service et des équipes briefées régulièrement sur l’importance du port du masque et des règles de distanciation physique. Un rappel à l’ordre est effectué dès que le gérant sent un relâchement parmi ses compagnons. Les camions ont été équipés de cloison et ne peuvent désormais être utilisés que par deux compagnons en même temps. Ces derniers ne vont plus dans la partie « magasin » prendre le matériel dont ils ont besoin mais passent commande la veille. « Désormais, tout ce qui peut être préparé en amont est fait. Cela prend peut-être un tout petit plus de temps mais en fin de compte, ça ne fait pas de mal d’avoir une organisation plus pointue », constate Marc Letessier.

Ces nouvelles mesures seraient-elles finalement un atout ? Sans aller jusque-là, Marc Letessier reconnaît qu’il en sortira des choses positives. « S’il y a un point positif à retenir, c’est toute la réflexion sur l’organisation. Lorsque qu’on est la tête dans le guidon, on ne peut pas réfléchir à ce genre de chose. La situation nous a permis de prendre le temps de voir ce que l’on pouvait améliorer. Nous avons pris de nouvelles habitudes qui fonctionnent bien et que nous conserverons après la crise. Alors oui, dans un sens, du positif finira par sortir de tout cela. »

Si l’organisation en est améliorée, qu’en est-il de la productivité des chantiers ? Pas de gros changements pour les chantiers où les compagnons travaillent seul ou avec un de leur collègue. Le masque et le port des gants règlent problème de la proximité pour les opérations nécessitant deux salariés.

« Notre énergie est consacrée à trouver des solutions pour demain, sur de nouveaux produits, de nouveaux marchés »

L’incidence est plus marquée sur les chantiers en co-activité. Ce n’est pas tant le temps de travail des artisans qui prend plus de temps que l’articulation des différentes opérations. « Quand nous montons des cloisons, par exemple, nous sommes obligés de travailler en fonction des autres corps d’état. Nous commençons à construire la cloison, puis nous quittons le chantier pour laisser la place à l’électricien afin qu’il installe le réseau électrique dans la cloison avant de revenir pour finir le travail. Forcément, cela prend plus de temps que lorsque l’on travaille tous en même temps. »

Les plus grosses difficultés techniques sur les chantiers post covid ne sont finalement pas vraiment liées au travail des artisans eux-mêmes mais à ce qu’il y a autour. À l’image de Marc Letessier, nombreux sont les gérants d’entreprise de mise en œuvre qui s’inquiète plus pour ce qu’il se passera dans quelques mois.

« 2020 ne sera pas si terrible, bien qu’en baisse d’environ -20 %. Nous avons travaillé trois mois plein en début d’année et les carnets de commandes pour la suite étaient plutôt bien engagés. Mais objectivement, il y a des changements de planning tous les jours. Des chantiers n’ont pas pu redémarrer car les mesures de sécurité sur les chantiers de grande taille sont très contraignantes. Les vraies inquiétudes sont pour 2021. Les commandes publiques tardent à repartir, notamment avec le décalage des élections municipales, les surcoûts liés à la sécurité sont désormais à intégrer dans nos coûts. On ne maîtrise pas encore la rentabilité des chantiers. Les directives et obligations peuvent changer du jour au lendemain, imposant une grande flexibilité dans notre organisation. La mise en concurrence des entreprises de mise en œuvre va faire baisser les prix… Notre énergie est consacrée à trouver des solutions pour demain, sur de nouveaux produits, de nouveaux marchés… Nous devons impérativement être créatifs. »

L’entreprise Orquin, créée en 1947 et située à Saint Lo (50), intervient sur les appels d’offre publics et privés pour la mise en œuvre de parquet, plafond et faux plafond, habillage mural, cloisons en plaques de plâtre, cloisons techniques…

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