Artemisia, 20 ans de peinture décorative et de finition

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L’organisme de formation Artemisia fête en ce mois d’octobre ses 20 ans. Créé et dirigé par Martine Ortega, il dispense dans un esprit très familial plusieurs formations (voir encadré) dont deux qualifiantes : peinture décorative et peinture en bâtiment. La première attire la majeure partie du public, des parcours plus classique (Afpa, centre de formation géré par l’État…) existant déjà, et en plus grand nombre, pour la finition.

L’objectif d’Artemisia, installé dans un petit immeuble du XIXe arrondissement de la capitale, est résumé à travers ces mots de Martine Ortega dans la préface du recueil décrivant les activités de l’école : « Les secteurs de la peinture et de la décoration connaissent de fortes évolutions. C’est notre métier d’en anticiper les tendances et de préparer les peintres à s’y adapter. C’est pourquoi nous sommes attentifs aux innovations et aux changements dans ces métiers, que ce soit sur les questions d’environnement de travail, de législation ou de compétences ».

Titres professionnels de niveau 4 et 5

Les deux formations qualifiantes durent neuf mois sur la base de 35 heures hebdomadaires, avec un tronc commun (préparation des fonds, apprentissage du devis métré…) et des modules spécifiques à la décoration ou au bâtiment. Disponible dès l’âge de 18 ans, il s’agit néanmoins pour la grande majorité de reconversion professionnelle ou de personnes étant déjà dans l’univers de la peinture ou du bâtiment et voulant accéder à un profil plus « déco », avec une moyenne d’âge entre 35 et 40 ans.

Quatre cessions de maximum 12 élèves ont lieu dans l’année, comprenant :
– 20 semaines en atelier (avec chaque semaine une technique différente)
– deux chantier-école (dans un lieu associatif à usage collectif)
– un stage en entreprise de trois semaines
– une option d’approfondissement des techniques d’enduits ou de peinture
– une période de préparation à l’examen.

Apprendre auprès de professionnels
Les enseignants, présents pour la plupart depuis la création de l’organisme, interviennent en fonction de leur spécialité. Pour une très grande majorité, ils sont tous où ont été à leur compte. « Ils sont pleinement dans la transmission, indique Mérita Selimi, chef de projet chez Artemisia. Il se crée entre eux et les élèves un rapport de proximité. Avec une moyenne d’expérience de 20 à 30 ans, ils leur mettent le pied à l’étrier et partagent leur expérience sur le métier en lui-même mais aussi sur ses à-côtés. »

Les participants reçoivent au terme un titre professionnel de niveau 4 pour la décoration (équivalent du bac professionnel) et de niveau 5 pour la finition. « Il est évident qu’il s’agit plus d’initiations à des techniques qui nécessiteront un approfondissement en cas de spécialisation, précise Mérita Selimi, chef de projet chez Artemisia. Prenons deux exemples : si un module concerne la pose de revêtement de sol, effectué pour rendre les élèves autonomes sur un chantier, ce n’est pas pour cela que nous en faisons des soliers. Concernant la réalisation de faux bois, sachant qu’il existe une cinquantaine d’essences de bois, il faudrait passer trois ans sur cette seule technique pour la maîtriser parfaitement. »

Devis, préparation, réalisation

Avec la multitude d’ateliers nécessaires à la préparation à l’exercice du métier (statut du peintre, devis métré, préparation des fonds, enduis à la chaux, décoratifs et minéraux, béton ciré, effets de matière pour ne citer qu’eux), la phase pratique est minutieusement organisée : « Nous essayons d’être le plus réaliste possible, d’entraîner les élèves à la fois en conditions de chantier mais aussi sur de petites planches, des échantillons qu’ils pourront présenter à leurs futurs clients, indique Mérita Selimi. Pour former un groupe au devis métré, nous avons profité du fait qu’il fallait repenser la décoration de nos bureaux administratifs pour leur demander de tout effectuer : devis, métré, maquette et réalisation des travaux. »

Et au bout des neuf mois, qu’en est-il ? Déposant des titres professionnels auprès de la commission nationale de certification professionnelle, Artemisia est soumis à une obligation de résultat. Globalement, l’école annonce un retour à l’emploi d’environ 60 %. « Cela dépend beaucoup du projet de base, estime Mérita Selimi. Ceux qui viennent avec un projet précis ou une farouche envie de découvrir le métier de peintre s’en sortent généralement mieux que ceux qui viennent juste pour voir et faire une pause dans leur quotidien. Lors des formations, nous savons généralement ceux qui a priori s’en sortiront. On le voit à travers la qualité de leurs réalisations, le soin apporté aux finitions, mais aussi avec leur motivation et leur capacité d’organisation, de rapidité et d’autonomie. »

*Artémisia Formation, 9 bis rue Bellot – 75019 Paris ; www.artemisia-formation.com

 

Des formations diversifiées

*En dehors des parcours qualifiants, Artemisia propose aussi des stages courts, des modules de trois jours, d’une semaine ou de deux semaines selon la technique apprise. Il s’agit souvent d’entreprises qui envoient leurs salariés apprendre une technique spécifique ou d’autoentrepreneurs qui veulent se diversifier. En fin de cession, ils reçoivent un certificat indiquant qu’ils ont bien suivi la formation.

*Un parcours indépendant est proposé en peinture décorative de spectacle, à raison de quatre ou cinq cessions depuis 2012.

*Artemisia propose des chantiers d’insertions pour les personnes en recherche d’emploi. « Les profils évoluent en permanence. En ce moment, il s’agit beaucoup de migrants », note Mérita Selimi, chef de projet chez Artemisia. Il s’agit de parcours subventionné par l’État d’une durée d’un an : six mois en ateliers et six mois sur un chantier, avec une évaluation à chaque fin de semaine, « sans note, juste en indiquant acquis ou en cours d’acquisition ». Au terme de la formation, ils reçoivent une certification de peintres décorateurs. « Pour eux, il s’agit souvent d’un premier diplôme, c’est très gratifiant. »

 

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