Une vague de plâtre et de bois à la Seine musicale

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© Placo - Gilles Delacuvellerie

L’acoustique dépend des produits utilisés mais aussi de l’art des artisans en charges des projets. Exemple avec le travail d’orfèvre mené à l’auditorium de la Seine Musicale de Boulogne Billancourt, dans les Hauts-de-Seine.

L’auditorium de la Seine musicale (Boulogne- Billancourt), qui peut accueillir jusqu’à 1 150 spectateurs, est dédié aux musiques non amplifiées (orchestre symphonique, musique contemporaine, jazz…). Imaginée et réalisée par Shigeru Ban et Jean de Gastines, cette salle a la particularité d’être organisée « en vignoble », c’est-à-dire que les auditeurs sont répartis sur plusieurs terrasses tout autour de la scène, créant une proximité entre les musiciens et les auditeurs.

Le défi majeur de l’auditorium : garantir aux spectateurs une excellente restitution du son sans système de sonorisation ni haut-parleur. Un projet acoustique de très grande envergure réalisé avec le cabinet d’études acoustique Lamoureux et un travail minutieux sur les murs et le plafond.

Les murs et sous-face des balcons sont recouverts de parois plaquées chêne, tressés et perforés. © Placo – Gilles Delacuvellerie

L’entreprise espagnole Frapont a fabriqué et installé les différents panneaux de bois du projet. Ainsi, les sous-faces des balcons sont habillées de parois plaquées chêne, ondulées et perforées afin d’absorber les sons via la laine minérale posée derrière. Un tressage qui n’est pas sans rappeler celui des murs cintrés, également en placage chêne, posé sur des ossatures métalliques couvertes de panneaux Fermacell. Un véritable jeu de décalage entre les différents panneaux de bois a été réalisé, tant pour le traitement acoustique que pour l’esthétique.

PLUS DE 1 000 PIÈCES DE PLÂTRE MOULÉES EN USINE

En parallèle, le plafond en vague offre à l’œil une multitude d’hexagones en ayous, un bois tropical léger intégrant des bagues de cartons ignifugés. Derrière, un plafond en plâtre épais de 100 mm, qui donne à l’ensemble ces formes courbes et qui a pour rôle de réverbérer le son des instruments dans tout l’auditorium. « L’acoustique de la salle est notamment due à la forme du plafond, à sa composition, à l’épaisseur et à la densité du plâtre, calculée par le bureau d’études acoustiques », précise William Werey, dirigeant de Werey Stenger Plâtre et Staff, membre du Club Entreprise Placo. Modélisée sur un logiciel, sa réalisation s’appuie sur une remontée latérale réfléchissante et sur une masse surfacique de 120 kg/m2 afin d’accentuer la qualité acoustique.

Le plafond est réalisé en plusieurs couches. D’abord une ossature primaire supérieure désolidarisée permettant de rejoindre les murs périphériques. Dessous, une ossature secondaire en fer U qui permet d’accrocher des plaques de staff. Enfin, une projection de plâtre THD vient renforcer l’acoustique, une coque staff en Molda Duo et Lutèce THD, de Placo, constituant la sous-face courbe finie du plafond. « L’ouvrage a été conçu en deux fois, explique William Werey. Nous avons réalisé en usine, à Strasbourg, les 1 000 pièces moulées de 2 m2. Une fois posées sur le chantier, du plâtre a été recoulé par-dessus. Il était en effet inconcevable de transporter des pièces de 10 cm d’épaisseur. »

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