Des sols textiles réemployés in situ

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Pour des raisons tant environnementales qu’économiques, un immeuble de bureaux mixe dalles textiles neuves et d’occasion, ces dernières venant directement des étages pour le rez-de-chaussée. Un exemple de réemploi de matériaux efficace.

La filiale informatique d’une grande banque française a pris ses quartiers dans un immeuble de Villeneuve d’Ascq (59). Un bâtiment de 7 000 m2, vieux de près de quatre ans et ayant déjà eu un premier occupant. Dans un souci environnemental et économique, la banque a choisi d’habiller les sols avec une partie de dalles textiles neuves et une autre partie avec des dalles réemployées. La banque a travaillé avec Textifloor, une entreprise spécialisée dans la location de moquette et le réemploi, que ce soit en termes d’accompagnement, de pose et de dépose.

UN TRI STRICT AVANT DÉPOSE

Dans ce projet, la question du réemploi s’est posée pour les sols. Au départ, un rez-de-chaussée essentiellement carrelé et des étages habillés de moquette. Si conserver les anciens revêtements ne posait pas de problème au regard des visuels qui lui convenaient, le maître d’ouvrage était plus dubitatif sur la qualité après la dépose et la pose. « Nous les avons rassurés quant au résultat final en leur expliquant la démarche du réemploi, très stricte », explique Thomas Letiers, associé gérant de Textifloor.

Concrètement, le réemploi c’est un premier tri de ce qui peut ou non être conservé, la dépose des sols, un autre tri minutieux pour écarter des défauts jusque-là non visibles, la repose et un shampoing moquette effectué avec Orak, partenaire spécialiste de la maintenance de moquette. Tout cela avant un éventuel nouveau tri. Toutes ces étapes sont nécessaires pour un résultat satisfaisant.

Au final, il a été décidé d’installer des moquettes neuves dans les bureaux des étages et de conserver celles des circulations, en bon état après un shampoing. Au rez-de-chaussée, transformé en open space, une moquette neuve a été choisie pour la partie bureau tandis que les salles de réunion et les circulations ont été habillées avec les sols déposés à l’étage. Du réemploi in situ en somme. Textifloor s’est occupé des différentes étapes. D’abord la dépose avec un tri strict. Tout ce qui était abîmé a été recyclé, soit environ 1 000 m2 de moquette dans le cadre de la démarche Optimum. Ce qui était en bon état a été repalettisé le temps du chantier. Les produits réemployés ont ensuite été posés notamment dans les circulations et les salles de réunion du rez-de-chaussée, l’équivalent de 1 000 m2. Le reste, près de 750 m2, a été stocké pour d’autres projets de réemploi à venir. Des dalles de PVC (LVT de réemploi) ont aussi été réutilisées pour équiper les tisaneries.

UNE DÉPOSE MANUELLE

En termes de mise en œuvre, le travail de réemploi nécessite une certaine minutie et un peu plus de temps. « La dépose se fait manuellement pour préserver la qualité des dalles, alors que celles vouées au recyclage sont retirées mécaniquement, explique Thomas Letiers. Il faut donc être très organisé, bien identifier les gisements et se coordonner avec les autres intervenants pour être les premiers à intervenir afin que les sols ne soient pas abîmés. » Il faut ensuite faire attention à la qualité du pro[1]duit après la pose car des dalles conservées après le premier tri peuvent finalement s’avérer déficientes. Par exemple, des dalles initialement installées dans une zone de trafic plus intense peuvent avoir l’air parfaites esthétiquement parlant mais seront moins épaisses d’1 mm à force du trafic passé. « Ça ne se voit pas au moment de la dépose mais peut devenir flagrant une fois réinstallé près d’autres dalles », précise Thomas Letiers.

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