Séniors : repenser l’aménagement pour favoriser l’autonomie

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Pouvoir vieillir chez soi nécessite un logement adapté, participant à favoriser l’autonomie. L’aménagement et le choix des revêtements ont un rôle primordial à jouer pour assurer la sécurité, l’indépendance et le bien-être de nos aînés.

Confrontée au vieillissement de sa population, la France doit repenser le logement pour permettre aux personnes âgées de rester le plus longtemps possible en autonomie à leur domicile. L’occasion de repenser l’aménagement dans sa globalité et les finitions dans ses spécificités.

La génération bien connue du babyboom est arrivée à l’âge de la retraite depuis une dizaine d’années. Selon l’Insee, entre 2005 et 2050, la population française de plus de 65 ans devrait augmenter de 80 %, passant de 10 à 18millions de personnes. D’après l’Agence régionale de la santé, il y a chaque année 15000 demandes de nouveaux placements médicalisés alors qu’il n’y a, dans le même temps, que 5000 créations de lit. Et si, outre la construction de nouvelles maisons de retraite, on parvenait à créer des logements adaptés au maintien à l’autonomie?

Il est préférable de privilégier un revêtement lisse pour facilité l’usage d’un fauteuil roulant. À noter que lisse n’est pas incompatible avec antidérapant. © Flickr

En 2019, Ifop et Sociovision indiquaient dans une étude sur les seniors et les offres de services à la personne que 8 % des Français interrogés souhaitaient vieillir à domicile. Et pourtant, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) et la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) expliquaient qu’il y a six ans, la France accusait un grand retard en matière d’adaptation de son parc de logements, seulement 6 % d’entre eux étant adaptés aux difficultés propres aux personnes âgées. L’Anah portait à deux millions le nombre de logements nécessitant des travaux d’adaptation.

ANTICIPER LES TRAVAUX

La règle d’or est l’anticipation. En effet, il faudrait parvenir à adapter les logements sans attendre d’être en situation de dépendance. Les maîtres mots : sécurité, ouverture, praticité, luminosité. Il peut s’agir simplement de poser des mains courantes et des nez de marche ou de privilégier, pour les revêtements muraux, des teintes claires et lumineuses favorisant la luminosité.

Plus contraignant, changer les revêtements de sol. Une personne en fauteuil roulant manuel aura une contrainte de roulette dès lors qu’il y a une moquette un peu molle ou un revêtement bosselé qui fait tressaillir les petites roues de devant alors qu’une personne en fauteuil roulant électrique ne sera concernée que par les problèmes de seuil. Il faudra favoriser un revêtement lisse et sans relief, facile à nettoyer, mais pour autant faire attention à choisir des produits antidérapants, soumis au classement Upec, et notamment dans les salles d’eau, sanitaires ou cuisine. Avantage, les produits à notre disposition sont aujourd’hui nombreux. Linoléum, sol PVC, caoutchouc ou carrelage anti dérapant, les traitements de surface permettent d’opter pour des produits variés en toute sécurité tandis que l’évolution des décors, des effets de matières et des impressions numériques assurent une esthétique de qualité.
Encore plus invasif, il peut également être nécessaire de bouger les cloisons afin d’élargir des couloirs – voire supprimer des pans de murs pour privilégier l’ouverture – tandis que dans les salles de bains, les baignoires sont bannies à la faveur des douches, et dans l’idéal des douches à l’italienne.

Composé d’un matériau antidérapant et de couleur contrastée avec les marches, le nez de marche permet aux usagers de mieux distinguer l’escalier et réduit le risque de chute. © Flickr

UNE AIDE UNIFIÉE

Des travaux parfois conséquents qui peuvent représenter un coup élevé. En mai dernier, Luc Broussy, président de France Silver Eco et spécialiste de l’économie des seniors, a remis au gouvernement un rapport sur l’adaptation des logements au grand âge, « Nous vieillirons ensemble: 80 propositions pour un nouveau Pacte entre générations ». Parmi ces propositions, une semble retenir l’attention: une aide unifiée pour adapter les logements au vieillissement afin de simplifier la démarche, baptisée MaPrimeAdapt’, sur le même modèle que MaPrimeRénov’. Le montant de cette aide dépendrait des revenus des ménages, de la localisation du logement et du type de travaux engagés et pourrait être cumulable avec Ma Prime Rénov’. Si les détails doivent être donnés début 2022, sa mise en place s’étalera sans nul doute tout au long de l’année.

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