Réfléchir l’acoustique en amont, une nécessité

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Les baffles acoustiques, posés à la verticale, permettent de garder de la hauteur sous plafond. © Florence Vesval

Conçu main dans la main avec un acousticien, le lycée de Châteaurenard démontre l’importance de prendre en compte l’acoustique dès la phase de conception d’un projet, et ce d’autant plus quand il s’agit d’un environnement sensible.

Le Lycée de Châteaurenard, dans les Bouches-du-Rhone (13), a vu le jour après un an de conception et 14 mois de mise en œuvre. Le lycée, cinq logements de fonction, un gymnase… Un chantier rapide pour ce genre de projet qui a nécessité échanges et organisation. La problématique acoustique : dépasser, à la demande de la région, les performances en vigueur en milieu scolaire définies dans l’arrêté du 25 avril 2003. Ce dernier précise que, concernant les performances acoustiques, le critère le plus important est la limitation de la durée de réverbération à 0,8 s dans les salles d’enseignement, les salles d’étude, les salles de travaux pratiques, les bureaux, le foyer ou encore la bibliothèque/CDI, etc.

Des panneaux en plâtre perforé ont été ajoutés dans les salles de classe. © Florence Vesval

LA MÉTHODE

Les architectes Rémy Marciano et José Morales ont intégré dès le concours la problématique acoustique en associant à l’équipe de maîtrise d’œuvre le cabinet d’acousticiens Venathec, pour lequel Hugo Hardouin a suivi le projet. Des études acoustiques ont été menées en fonction des choix des architectes : une architecture épurée, minimisant les matériaux, des plafonds ouverts directement sur la structure de béton permettant de conserver les volumes, pas de dalles traditionnelles 60×60 cm. Les prescriptions acoustiques ont ainsi été définies au fur et à mesure. Certaines solutions étant utilisées en milieu scolaire pour la première fois, la modélisation en 3D d’une salle de classe a par ailleurs été effectuée avec un logiciel de calcul acoustique afin de faire des mesures en amont et vérifier l’efficacité des traitements acoustiques envisagés.

LA SOLUTION

Les plafonds des salles de classe sont équipés de baffles acoustiques Rockfon Contour de 1 200×600 cm posés verticalement. L’acousticien a paramétré le nombre de pièces nécessaires dans chaque salle, permettant d’obtenir une correction de 43 dB. « Une durée de réverbération maîtrisée permet de limiter le niveau de bruit ambiant – notamment dans les locaux de restauration scolaires, les salles d’études, le CDI – et permet de favoriser un bon niveau d’intelligibilité de la parole, particulièrement important dans une salle de classe ou une salle de réunion », précise Hugo Hardouin.

Les lames de bois du réfectoire recouvrent des dalles en laine de roche. © Florence Vesval

Ces baffles, fabriqués à partir de laine de roche, permettent de garder la hauteur du plafond et assurent une forte capacité d’absorption permettant de limiter le temps de réverbération. « La force de la laine de roche ? Elle peut aller dans les lieux publics car elle ne brûle pas, ne se consume pas, dure dans le temps et a d’excellentes performances acoustiques », énumère Hervé Taloc, prescripteur Méditerranée chez Rockfon. En complètement, des plaques de plâtre perforées ont été posées sur les murs opposés aux baies vitrées. « Personnellement, nous n’avions jamais mis d’éléments suspendus dans un établissement scolaire, on en voit plus généralement dans le tertiaire, précise Hugo Hardouin. Il s’agissait d’une nouveauté qui a bien marché, même si nous avons choisi d’ajouter du plâtre perforé en solution murale. » Pour un design plus « nature », le réfectoire est habillé d’un plafond fermé en lame de bois Laudescher derrière lesquelles ont été intégrées des dalles horizontales noires Rockfon Color-all en laine de roche. Ces lames de bois sont également présentes dans le préau ou dans la salle polyvalente afin de créer un effet de continuité.

LE PROJET
L’architecture du nouveau lycée de Châteaurenard a été imaginée par Rémy Marciano et José Morales avec l’idée d’une culture hybride. Elle reflète d’une part le territoire agricole de la commune à travers l’alignement des arbres, les bocages, les sillons, la plaine agricole que l’on retrouve à travers les brisesoleil, les systèmes porteurs, le rythme des menuiseries extérieures ou encore les baffles suspendus des plafonds. D’autre part, la construction du parvis, du patio ou encore de l’agora et de ses gradins rappelle l’apprentissage des codes républicains et sociétaux que les élèves doivent acquérir durant leurs années de lycées.

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