Une passerelle en bois pour inciter au report modal

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Point d’orgue d’un projet de transport urbain, la passerelle de la gare de Copenhague s’est habillée de bois massif acoustique. Un chantier très technique, réalisé main dans la main par l’architecte et l’industriel Laudescher.

Souvent à la pointe des projets environnementaux, le Danemark a imaginé à Copenhague un vaste projet de 32000 m2 incluant une gare ferroviaire, un parc relais et un immense pont piétonnier couvert. L’idée était de créer un pôle d’infrastructures qui fasse communiquer les citoyens avec le cœur de la ville et la banlieue avec un enjeu environnemental important: stopper le trafic qui arrive dans le centre de Copenhague en incitant les citoyens à passer à des modes de transports plus vertueux.

La passerelle couverte de la gare, réalisée par l’agence d’architecture danoise Cobe, est la pierre angulaire du projet. Elle est décrite comme un hub d’interconnexion des transports de la région de Copenhague, entre le parking a une extrémité du long ruban (à l’extérieur de la ville) et la gare à l’autre bout (à l’intérieur de la ville).

La passerelle est décrite comme un hub d’interconnexion des transports de la région de Copenhague, entre le parking et la gare. © Laudescher

Au total, un tube de 225 m de long de forme tubulaire et courbe revêtu d’un bardage en aluminium côté sud et vitré sur la façade nord, offrant un spectacle panoramique à 180 degrés à la fois sur l’univers autoroutier et ferroviaire.

LE CHÊNE, CLASSE ET CHALEUREUX

Pour habiller l’intérieur de la passerelle, le défi de l’architecte était double : épouser parfaitement les parois en suivant la forme cylindrique du plafond et s’adapter à la courbe du tracé en lui-même.

L’agence a choisi le bois comme matériau phare du projet afin d’apporter, par les courbes du bois, de la fluidité, du rythme et de la chaleur à l’ensemble tout en réduisant la perspective pour éviter l’effet de tunnel interminable.

Les courbes apportent fluidité et rythme à l’ensemble tout en réduisant la perspective afin d’éviter l’effet de tunnel interminable. © Laudescher

Recherchant une solution en bois massif couplée d’une solution acoustique, l’agence s’est tournée vers Laudescher via un de ses distributeurs danois. « L’équipe est venue jusqu’en Normandie pour voir comment nous produisons nos panneaux avant de nous mettre en relation avec l’architecte et l’entreprise générale, précise Delphine Oreal, directrice commerciale France & directrice marketing de Laudescher. Suite aux premiers échanges, nous sommes partis sur une coque intérieure en chêne, assurant un rendu plus chaleureux et plus classieux que le pin, avec des panneaux de la gamme Linea. »

UN PROJET ENTIÈREMENT MODÉLISÉ

Le dessin du projet a été élaboré en collaboration avec le bureau d’études de l’industriel et le cabinet d’architectes. L’idée était d’avoir une correction acoustique sur les lames de bois massif partant du plafond très ajouré avec un effet dégradé sur la partie murale plus resserrée. Il a aussi fallu prendre en compte les nombreux luminaires intégrés dans le plafond tout au long du parcours, placé selon un strict calepinage de l’architecte et imposant d’adapter certains panneaux afin de pouvoir les intégrer. « Nous avons évidemment répondu présent sur la partie plafond, puisque les panneaux acoustiques sont notre cœur de métier mais aussi, après hésitation, sur la partie pleine. Même s’il n’y avait pas de demande acoustique pour cette zone, nous avions en atelier l’outillage et l’approvisionnement en chêne nécessaires », explique Delphine Oreal.

Les lames en bois massif sont très ajourées au niveau du plafond, assurant une correction acoustique, avant de se resserrer sur la partie murale. © Laudescher

Afin de pouvoir conjuguer les contraintes de formes, de performances techniques ou encore de dégradé, Laudescher a procédé en amont à une modélisation complète de l’intégration des panneaux sur la structure pour un ajustement technique au millimètre près. Au final, 14 types de panneaux différents. Recoupables sur site, ils s’adaptent à la fois à l’envie de l’architecte d’avoir un ruban courbe (imposant de cintrer le bois) et aux capacités de l’entreprise de pose, soumise à une forte cadence et une mise en œuvre particulièrement technique et précise. Le projet est finaliste de MIPIM Awards 2020 dans la catégorie « Best Industrial and logistic development ».

Modélisation du tunnel. © Laudescher

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