Le numérique, l’atout complémentaire

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Arsmtrong Ceiling utilise Instagram comme showroom virtuel pour présenter ses réalisations aux prescripteurs.

Intégrer le numérique dans sa stratégie de communication et dans son activité est devenu la norme les entreprises du bâtiment. Artisans, industriels, architectes… Tous sont concernés par ces outils, stimulants de la réactivité et de la productivité mais qui reste toutefois un complément d’une approche plus traditionnelle.

C’est un fait, ce début de siècle est complètement lié au numérique. Et à l’instar de la société dans son ensemble, la filière du bâtiment est pleinement concernée, selon un mouvement irréversible. Les sites internet, les réseaux sociaux, les applications ou encore les logiciels ont modifié les modes de travail et développé de nouvelles formes de communication devenues incontournables pour créer des liens entre artisans, clients (finaux ou prescripteurs) et fournisseurs.

Faciliter l’administratif

L’époque où les entreprises réalisaient les devis à partir de tableurs en utilisant des fichiers de tarifs est révolue. Elles ont désormais le choix entre une multitude de logiciels permettant de gérer devis, factures, suivis de métrés ou d’établir des tableaux de bord et prévisionnels. Il est possible de s’occuper des interventions, des contrats de maintenance, du suivi des chantiers, des factures d’avancement mais aussi d’importer un catalogue fournisseur ou d’intégrer une bibliothèque de prix.

360 Travaux met en relation des artisans du bâtiment avec leurs clients et accompagnent les deux parties du début à la fin du projet.

Les organisations professionnelles ont rapidement compris tout l’intérêt de ces nouveaux outils, tant pour faciliter l’administratif des artisans que pour améliorer leur visibilité. La Capeb inaugurera en avril prochain la plateforme web 360travaux, une interface de mise en relation des artisans du bâtiment avec leurs futurs clients. Couvrant tous les secteurs du marché, elle accompagne les deux parties, de la mise en relation jusqu’à l’achèvement des travaux : proposition de plusieurs devis au client, paiement sécurisé, solution de remplacement à prix garanti en cas de problème, suivi de facturation, médiation en cas de litige ; référencement et notoriété pour l’artisan, qualification du client et suivi administratif (relance de facturation, clôture administrative et financière).

La réputation d’un artisan passe aussi, désormais, par les industriels. « Lors de la conception de notre nouveau site internet, que nous avons fait en concertation totale avec les artisans, nous avons constaté qu’ils avaient vraiment besoin d’être valorisés, indique Virginie Chevriot, responsable communication externe et marketing digital chez Weber. Nous avons donc créé une rubrique ʺprojetʺ afin de répertorier leurs réalisations, avec des témoignages ʺavant/aprèsʺ. Cela leur donne une belle visibilité et offre aux clients un exemple concret de ce qu’ils savent faire. »

Des méthodes de travail différentes

À cette époque où l’on veut tout, tout de suite, l’instantanéité est devenue un basique, et les industriels l’ont bien compris. Aussi rivalisent-ils pour développer des sites ergonomiques et rapides d’usage qui intègrent offre produits, guides de choix, textes réglementaires, techniques de mise en œuvre… « L’amplitude de l’offre proposée sur les sites a changé la façon de travailler, note Marlène Petin, coordinatrice vente marketing Europe du sud d’Armstrong Ceiling. Nous avons moins d’appels ʺgénérauxʺ. Quand ils nous contactent, les clients ont déjà fait un premier tri via le site. Ce sont, si on peut dire, des appels plus qualitatifs qui débouchent plus fréquemment sur des projets concrets. » Même son de cloche pour Virginie Chevriot qui explique qu’aujourd’hui que les artisans demandent à être plus orientés dans la recherche de produits : « Nous inspirant des sites BtoC, nous avons mis en place un sélecteur avec un système d’entonnoir qui cible les produits adéquates. »

Le configurateur disponible sur le site d’Uzin indique, pour un projet, quel produit en quelle quantité en fonction du support et du revêtement à poser.

À l’image de Mapei qui propose un calculateur de joint et du configurateur Uzin qui indique, en fonction du support et du revêtement, le type de colle et les quantités nécessaires, l’internaute peut également trouver des outils de calcul, de simulation et de comparateurs qui renvoient à la documentation technique ou aux certifications. Véritable gain de temps, l’artisan peut simuler les diverses possibilités qui s’offrent à lui, exclure d’emblée ce qui ne lui convient pas.

Showroom virtuel

Les vidéos sont aussi devenues monnaie courante. Fini les guides décrivant les étapes de pose. « Si notre guide papier a encore du succès, nous nous sommes néanmoins aperçus que nos pages ʺun texte/une photoʺ pour décrire les méthodes de pose étaient complètement délaissées au profit des vidéos tutos mises en ligne sur You Tube. C’est d’ailleurs un de nos meilleurs contenus sur Facebook », constate Virginie Chevriot.

« Internet permet au client d’être plus indépendant. »

Le succès des réseaux sociaux est sûrement la dernière évolution en termes de numérique. Architectes, artisans, industriels, tous s’y inscrivent, en fonction de leur centre d’intérêt. « Depuis octobre dernier, nous sommes présents sur Instagram. Nous mettons les photos de nos réalisations. C’est comme un showroom virtuel destiné aux architectes. Ces derniers peuvent s’inspirer, voir ce que l’on sait faire, puis discuter des différentes possibilités avec notre bureau d’études intégré », explique Marlène Petin qui rappelle l’importance de savoir cibler les bons réseaux : « Instagram pour les architectes, Linkedin pour les économistes et les poseurs en mettant en avant nos nouveaux produits et la vie de l’entreprise. En revanche, nous avons quitté Twitter, qui ne représentait aucun intérêt pour notre activité. »

C’est en effet là où se situe toute la complexité de ces nouveaux modes de communication et d’information. Indispensable, le numérique doit néanmoins rester complémentaire d’un contact humain primordial pour l’activité du bâtiment. « Internet permet au client d’être plus indépendant, conclut Marlène Petin. Mais nous sommes dans des métiers techniques qui nécessitent, à un moment ou un autre du projet, de vrais échanges. »

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