Plantronics : l’acoustique au cas par cas

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© Plantronics

L’environnement sonore des bureaux de Plantronics a été traité zones par zones, en fonction des activités professionnelles des salariés mais aussi pour leur apporter les espaces nécessaires à une journée de travail variée et équilibrée. Un subtil dosage pour assurer, selon les cas, le calme, le silence ou la portée de la voix.

Situés à Ivry-sur-Seine, dans le Val de Marne (94), et réaménagés en 2015, les locaux français de Plantronics, entreprise spécialisée dans l’audio, sont entièrement tournés vers le confort acoustique des collaborateurs. Les 700 m2 qui accueillent les 25 personnes des équipes commerciales et marketing sont divisés en quatre ambiances sonores spécifiques, en fonction des besoins des salariés. « Nous sommes partis sur l’idée que pour que les collaborateurs aient une journée de travail équilibrée, ils ont besoin selon leur envie et leur activité de pouvoir communiquer, se concentrer, collaborer et contempler », explique Philippe Tessier, responsable marketing de l’entreprise. Les bureaux ont ainsi été aménagés de manière à offrir suffisamment d’espaces dédiés : 10 % sont réservés à la concentration (box), 20 % à la contemplation (bibliothèque, salle de sieste, salle de sport…), 40 % à la communication (open space) et 30 % à la collaboration (salles de réunion et de brainstorming). En fonction de ces espaces, l’acoustique varie selon les règles de « l’ABC de l’acoustique » : Absorber, Bloquer, Couvrir.

Doser le degré de silence

Les parois des box, qui nécessitent une ambiance sonore très feutrée, ont été entièrement recouvertes de matériaux absorbants, en feutre et mousse. © Plantronics

En fonction des espaces, de leurs exigences et des besoins des collaborateurs, l’acoustique a été minutieusement réfléchie. Savant dosage d’absorption, de réverbération et d’intelligibilité du son, il a fallu d’une certaine manière doser non seulement le degré de bruit mais aussi celui de silence. Les parois des box, qui nécessitent une ambiance sonore très feutrée, ont été entièrement recouvertes de matériaux absorbants, en feutre et mousse. « Ces derniers sont comme des éponges à bruits qui permettent à la voix de ne pas rebondir contre les murs. Le silence est présent tellement c’est silencieux », estime Philippe Tessier.

Feutrées mais moins étouffées, les différentes zones de contemplation doivent être calmes sans pour autant qu’il y ait comme un sentiment de claustrophobie. Pour exemple, la salle de sieste n’a qu’un mur absorbant, le reste du traitement se portant plus sur le blocage des bruits extérieurs. Outre le fait qu’elle est séparée des zones plus bruyantes par la bibliothèque, déjà très calme, une attention particulière a été apportée au choix de la porte. Celle-ci est étanche, n’a pas de trou de serrure, est équipée de joint sur le haut et est à ras de moquette sur le bas. « Toutes nos portes ont été choisies sur ce modèle, explique Philippe Tessier. Une porte non étanche peut remettre en cause tout le travail effectué en parallèle. »

La salle de brainstorming a été équipée d’un mur et de mobiliers absorbants afin de ne pas propager le son des conversations en dehors de la pièce. © Plantronics

Autre problématique pour les zones de collaboration, où les conversations peuvent être animées : la portée de la voix, l’absence de phénomène d’écho et la non-propagation des bruits à l’extérieur. Les salles de réunion et de brainstorming ont ainsi été équipées d’une moquette à poils longs tandis qu’un des murs a été entièrement recouvert d’un matériau absorbant afin de bloquer les sons pour ne pas gêner les zones attenantes. Pour éviter la résonance, favorisée par les larges baies vitrées, le mobilier, choisi pour ses capacités absorbantes, fait figure d’obstacle entre les voix et les surfaces réverbérantes.

Traiter les open spaces via une couverture sonore

Des écrans et du mobilier absorbants participent à traiter l’acoustique des open spaces. © Plantronics

L’espace le plus subtil à traiter a sans nul doute été l’open space. Bloquer n’est évidemment pas envisageable puisqu’il s’agit d’une zone ouverte. L’absorption n’est réalisable qu’avec les murs à disposition et des écrans entre les bureaux. L’enjeu se situe donc au niveau de la couverture. Dans cette optique, des enceintes installées au plafond diffusent des sons dits naturels qui isolent les collaborateurs du bruit qu’il y a autour d’eux sans pour autant créer de gêne ou de fatigue auditive. « Il s’agit d’un concept qui évolue peu à peu, détaille Philippe Tessier. Nous choisissons le volume enceinte par enceinte en fonction des bureaux. Lorsque nous avons acheté le concept, nous diffusions des sons blancs, proche de l’air conditionné. L’effet n’était pas optimal car le bruit de fond finissait par être usant. Nous avons donc opté pour un bruit d’eau qui coule que nous avons associé à une vraie fontaine qui occupe tout un mur de l’open space. Même si cette dernière est totalement silencieuse, les collaborateurs ont l’impression qu’elle à l’origine du bruit qu’ils entendent. » Résultat, le bruit de fond couvre les sons des équipements types claviers ou imprimantes et permet non pas de masquer les conversations mais de les rendre inintelligibles. Car c’est un fait avérer que ce qui déconcentre dans un open space n’est pas tant le bruit des conversations que le fait de le comprendre.

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