Abandonnez vos idées reçues sur la toile de verre !

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Prêt à l’emploi, sans mise en peinture, Novelio Nature d’Adfors se décline en quatre motifs s’inspirant des textiles à base de fibres naturelles. © Adfors Saint-Gobain

Au-delà de caractéristiques techniques facilitant la mise en œuvre et d’un avantage économique, la toile de verre à peindre a positivement évolué ces dernières années, aussi bien du point de vue esthétique que fonctionnel, pour se défaire d’une image de produit basique.

Dans la famille des revêtements muraux, les toiles de verre à peindre se présentent sous la forme de rouleaux et sont composées de fibres de verre extrêmement fines. Ces fibres sont fabriquées par étirement à partir du verre rendu malléable à haute température. Le tissage des fibres de verre donne à la toile son aspect particulier et forme des reliefs en surface. Les mailles créent les motifs, du traditionnel chevron au décor en losanges, en passant par les lignés, les lattés ou les aspects crépis. Le matériau présente des qualités intrinsèques comme la résistance mécanique à la fissuration et au frottement qui en font un matériau privilégié pour les opérations de rénovation des murs et des plafonds. Des qualités qui justifient également sa prescription en neuf dans les établissements recevant du public où les parois murales sont soumises à de multiples risques d’usure. Ainsi dans les établissements d’enseignement, le milieu hospitalier, l’hôtellerie, les bureaux ou les maisons de retraite où les murs subissent les chocs des chariots, fauteuils roulants, valises et objets divers. La toile de verre est par ailleurs un bon complément de la peinture en venant renforcer le support, ce qui confère davantage de cohérence au complexe et améliore sa durabilité.

Gain de temps pour l’applicateur

La grande stabilité dimensionnelle de la fibre de verre permet d’éviter les fissurations dans le temps grâce à l’effet d’encapsulage des murs. Soumis aux mouvements de la structure du bâti, la toile de verre reprend aisément sa forme initiale après rétractation. Outre sa résistance et sa tenue aux chocs, elle est totalement imputrescible et possède une grande perméabilité à la vapeur d’eau, ce qui laisse respirer les murs et évite ainsi l’apparition de champignons et autres bactéries, d’où son utilisation fréquente en milieu hospitalier mais aussi hôtelier. Toutefois, l’application de la peinture peut, à la longue, masquer l’apparition d’humidité. Elle permet de peindre un mur quasiment sans préparation du support dans la mesure où la toile masque les petites fissurations. Sa structure s’adapte bien aux murs irréguliers, facilitant ainsi la pose. Le tissage résistant assez bien aux contraintes et au travail des surfaces, c’est un bon moyen pour prévenir et limiter l’apparition des fissures et microfissures. Toutefois, il ne suffit pas de cacher les dégradations pour qu’elles disparaissent. Et conformément au NF DTU 59.4 auquel est soumise la pose de la toile de verre, il convient de préparer un mur abîmé et de traiter les fissures visibles pour éviter des désordres ultérieurs.

La toile de verre préencollée procure un confort de travail tout en améliorant la productivité du poseur. © Vitrulan

La toile de verre résiste bien aux chocs. Outre son très bon comportement de réaction au feu, elle est surtout très économique. Elle permet également de recevoir des couches successives de peinture, toujours sans préparation. Il conviendra toutefois d’éviter les produits bas de gamme qui présentent un tissage lâche et ne constitue pas un bon support pour l’application de la peinture ni pour la prévention des fissures.

Mise en œuvre

L’application en elle-même ne présente pas de difficultés particulières, mais on constate parfois des irritations cutanées chez le poseur. Impératif : pour le recouvrement, la première couche de peinture appliquée doit être une peinture acrylique. En effet, recouvrir une toile de verre directement avec de la peinture glycérophtalique risque de porter atteinte à sa bonne tenue, les solvants pouvant attaquer la colle fixant la toile au support et provoquer la formation de cloques ou des décollements. On respectera un délai minimum de 24 heures avant de passer à la deuxième couche. Par ailleurs, on préférera des peintures spéciales toiles de verre, leur fluidité offrant plus de rapidité et de facilité en réduisant les effets de remplissage dans les espaces en creux des reliefs.

Conformément au NF DTU 59.4 auquel est soumise la pose de la toile de verre, il convient de préparer un mur abîmé et de traiter les fissures visibles pour éviter des désordres ultérieurs.

La dépose, en revanche, s’avère plus compliquée, le complexe colle, toile et peinture s’arrachant difficilement du support, sauf s’il s’agit de versions « strippables ». Par ailleurs, le caractère hétérogène des déchets ne favorise pas le recyclage du matériau en fin de vie. Mais le principal défaut qui fut longtemps reproché à la toile de verre concernait sa pauvreté esthétique qui en faisait un revêtement purement utilitaire. Ainsi, les reliefs de tissage, au sein desquels dominait l’omniprésent chevron, étaient d’une grande banalité. Ils finissaient souvent par disparaître au fur et à mesure des applications de peinture, sans toutefois procurer un aspect vraiment lisse au mur.

Renouveau décoratif…

Pour redonner un certain lustre au produit, les industriels ont choisi de s’appuyer sur les éléments positifs du matériau pour le valoriser en augmentant la technicité et surtout en renforçant l’aspect esthétique. Depuis une dizaine d’années, l’impulsion est venue d’Allemagne avec Vitrulan et son concept de produits Systexx qu’il a introduit sur le marché français. L’industriel entendait démontrer que ce matériau peut être valorisant et qu’il a aussi sa place en prescription dans le neuf. Face à la banalisation, les arguments sont simples : normes de qualité strictes, recherche graphique poussée, aspects de surface nouveaux, facilité de pose et, pourquoi pas, nouvelles fonctionnalités données aux murs. Saint-Gobain, avec sa filiale Adfors, a emboîté le pas et les catalogues des principaux éditeurs de revêtements muraux se sont renouvelés en mettant en avant les nouvelles générations de toiles de verre à peindre.

La technologie Jacquard permet de s’affranchir des simples motifs géométriques. © Systexx Vitrulan

Les designers, consultés par les fabricants, se sont intéressés à la toile de verre pour concevoir des motifs répondant aux exigences de la décoration contemporaine, avec des formes végétales ou graphiques, s’appuyant sur des grands rapports. Ils n’ont plus à se cantonner aux dessins géométriques simples, grâce à la possibilité de faire appel à une technique de production issue du tissage Jacquard qui ouvre le champ aux courbes et aux arrondis mais également aux créations personnalisées. Cette technologie procure par ailleurs un haut niveau de stabilité dimensionnelle et une grande précision des dessins, dans les reliefs et dans les contours.

Pour répondre à une tendance très actuelle, la toile de verre va même jusqu’à s’affranchir complètement des effets de relief et des motifs pour se transformer en structure totalement lisse et devenir support de la peinture en s’épargnant la préparation des fonds.

… Et fonctionnel

 

La toile de verre peut devenir surface d’affichage magnétique. © Systexx

Du point de vue pratique, les innovations des fabricants sont allées dans le sens de nouvelles caractéristiques visant à améliorer le confort au quotidien des applicateurs comme des utilisateurs. Ainsi, les versions à l’envers préencollé facilitent le travail du poseur : la colle réactivée par le passage dans la machine à encoller est répartie de façon homogène sur l’envers. L’applicateur améliore sa productivité en effectuant moins de gestes répétitifs avec les bras en extension ?

La toile de verre s’affranchit complètement des effets de relief et des motifs pour se transformer en structure totalement lisse

Pour le confort des usagers, les toiles de verres peuvent être dotées de vertus thermiques et acoustiques grâce à une sous-couche mince intégrée au dos du revêtement. Le revêtement améliore le confort acoustique avec des coefficients d’absorption aw de l’ordre de 0,3 après mise en peinture tout en réduisant la sensation de froid des parois. Par ailleurs, la toile de verre peut également bénéficier de la technologie Clean’Air qui absorbe jusqu’à 65 % des formaldéhydes et contribue ainsi à améliorer la qualité de l’air intérieur.

Autre valeur ajoutée, la toile de verre à peindre peut se transformer en surface d’affichage magnétique ou en support d’écriture dans les espaces tertiaires.

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