Design haut de gamme pour boulangerie de luxe

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Les murs sont habillésde plaques de néolith (assemblage de carreaux cassés) et de bandes matelassées couleur cognac. © pmonetta

Quand un architecte reprend la rondeur, la finesse et l’innovation de l’art culinaire, cela donne une boulangerie haut de gamme tout en contraste entre tradition et modernité grâce à un jeu de matériaux multiples.

Le chef pâtissier du Meurice, Patrice Grolet, a ouvert une nouvelle boutique avenue de l’Opéra, dans le IIe arrondissement de Paris. Au menu : pains et viennoiseries dans un décor digne d’une boutique de luxe. L’architecte Michael Malapert, en charge du projet, a joué avec les codes du concours du Meilleur pâtissier du monde, dont Cédric Grolet était lauréat en 2018. 300 m2 de blanc, gris, doré et pierre avec une déclinaison de la fleur, inspirée du dôme de l’opéra Garnier et reprise par le pâtissier. Des aménagements visibles de la rue, la façade entièrement vitrée créant une vue magistrale de l’espace depuis l’avenue.

STUC, PIERRE ET LAITON

Concrètement, la boulangerie conserve les atouts de l’architecture parisienne. Les murs de pierre, les moulures haussmanniennes et l’immense rosace en stuc côtoient des éléments plus modernes comme les deux longs plafonniers en métal ajouré reprenant en série le cube du fameux Rubik’s cake du pâtissier, les rambardes en fer forgé dont le dessin inspiré de l’univers végétal remémore le fil rouge de la fleur ou encore les petites inscriptions au sol jouant avec le nom de Cédric Grolet.

Au premier étage, accessible depuis un immense escalier tournant recouvert de chaux blanche, un espace de dégustation reprend le classique des appartements cossus parisiens avec les moulures et le parquet en chêne massif en pointe de Hongrie. En contraste, l’architecte a choisi un parti pris plus contemporain avec une longue banquette moulée. Les murs sont constitués d’une accumulation de carreaux cassés – des plaques de néolith – et recouverts au niveau de l’assise et du dossier de bandes matelassées couleur cognac (photo 1). Au centre, un grand bar de service reprend le design des tables en affichant du laiton martelé en soubassement et de la pierre noire sur le comptoir. Faisant écho à la rosace en stuc, un large disque en miroir doré surplombe le bar central (photo 2). Visible de la rue, elle permet aux passants de suivre l’activité, telle une invitation à entrer.

Un large disque en miroir doré surplombe le bar central, faisant écho à la rosace en stuc. © pmonetta

À l’arrière de la pièce, un salon privatif pour huit personnes est habillé d’un plafond où une volée de suspensions illumine un lac de nénuphars en papier réalisés à la main par l’artiste Mathilde Nivet (photo 3). Mêlant les gris au rose pâle, ils reprennent la forme en fleur des pâtisseries du chef.

Enfin, au sous-sol se tient l’espace de production, divisée en deux pôles bien distincts pour dissocier les deux disciplines aux contraintes spécifiques : la boulangerie, réfrigérée, et la pâtisserie, qui nécessite de la chaleur et un système d’aération. Un laboratoire qui doit conjuguer fonctionnalité, facilité de nettoyage mais aussi esthétisme et luminosité pour le confort des employés. Résultat, les murs sont en marbre blanc et les plans de travail alternent entre la pierre blanche et le bois tandis que le sol est enduit de résine coulée grise. Quant aux meubles en inox, ils forment un ensemble homogène et multiplient les possibilités de rangement. Un laboratoire en ordre de marche pour pouvoir imaginer des pâtisseries à la hauteur des aménagements… À moins que ce ne soit l’inverse…

Le plafond du salon privatif es t recouvert d’une volée de suspensions qui illumine un lac de nénuphars en papier réalisés à la main par l’artiste Mathilde Nivet. © pmonetta

 

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