La Carac s’installe dans un ancien Félix Potin

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© Atelier Listowski

Mêler l’architecture début XXe à celle des années 1960, être fidèle à la démarche environnementale engagée par le maître d’ouvrage et proposer des locaux modernes et fonctionnels, tels étaient les défis à relever pour l’aménagement des bureaux de la Carac, de la caisse de retraite des anciens combattants. Un pari réussi, tout en sobriété et élégance.

Le 18 décembre dernier, le nouveau siège social de la caisse de retraite des anciens combattants a été inauguré à Neuilly-sur-Seine (92). 7 635 m2 pour 200 personnes réunis sur deux bâtiments : un ancien magasin Felix Potin datant du début du XXe (typique de l’architecture éclectique de l’époque, mélangeant les styles Napoléon III, Empire et post-haussmannien) adossé à un immeuble des années 1960, assez banal.

Contraintes architecturales

L’architecte Raf Listowski a créer des espaces de travail modernes et fonctionnels à hautes performances énergétique, avec un impératif : ne pas dénaturer l’architecture originale de l’ancien magasin.

Le challenge : créer des bureaux fonctionnels tout en conservant la richesse architecturale des lieux. © Atelier Listowski

Pour des raisons fonctionnelles évidentes et pour trouver une unité, les deux immeubles ont été modifiés pour n’en faire qu’un seul. Modifications effectuées : pour le bâtiment des années 1960, requalification complète des façades donnant sur la cour intérieure ; pour l’ancien Felix Potain, rénovation complète des distributions intérieures (excepté l’escalier d’époque qui a été conservé) et déplacement des ascenseurs, désormais dans la cour intérieure autour de laquelle s’organise l’immeuble. Tournant initialement le dos au bâtiment, celle-ci a été mise au cœur de l’aménagement de l’édifice. Elle a notamment été creusée d’un niveau afin d’apporter de la lumière naturelle au premier sous-sol.

« En tenant compte des contraintes de l’architecture existante, la distribution des deux immeubles et l’aménagement des bureaux ont été conçus afin de faciliter la communication entre les services tout en rationalisant l’utilisation des surfaces et des réseaux techniques »

Raf Listowski, architecte

Un seul niveau de hiérarchie

Pour l’aménagement intérieur, l’architecte est resté fidèle au principe d’équité qu’il affectionne particulièrement. « Nous avons imaginé les aménagements, des matériaux à l’agencement, avec un même niveau de hiérarchie quelle que soit la fonction des occupants, des bureaux banalisés à ceux de la direction en passant par le hall d’accueil ou l’espace de réception. Il y a une unité formelle visible par tous. »

Concernant le parti pris esthétique, le rendu est sobre, épuré, élégant et surtout fonctionnel. Les faux plafonds sont recouverts de plaques de Placoplatre ou de dalles démontables grand format d’Ecophon tandis que les sols sont habillés de moquettes Interface où seule la teinte entre les espaces de circulation et les bureaux change.

© Atelier Listowski

Élément original, le plafond de la passerelle reliant les ascenseurs de la cour à la mezzanine aménagée côté rue est recouvert d’une toile tendue en Mirolège, avec un rendu miroir saisissant. « Cette passerelle équivaut à un entresol, la hauteur sous plafond est donc assez basse, de seulement 2,20 m. Ce plafond effet miroir permet d’éviter l’effet d’écrasement et apporte un reflet de l’image assez surprenant, l’ascenseur ayant presque l’air de disparaître lorsque l’on est face à lui », explique Raf Listowski.

La toile tendue avec effet miroir agrandit l’espace dans cette zone très basse sous plafond.© Atelier Listowski

L’éclairage intégré dans le plafond et les murs habillés de stratifié de la salle de conférence apportent à l’espace une élégance chaleureuse. © Atelier Listowski

HPE-Rénovation & Geste d’or
Pour ce nouveau siège social, la Carac a tenu à s’engager dans une démarche éco-responsable. Une volonté devenue un vrai fil conducteur au long des travaux et qui a mené à l’obtention de la certification HPE-Rénovation « Haute Performance Énergétique », un label mis en place par le collectif Effinergie qui atteste de la conformité des bâtiments aux normes environnementales. Pour obtenir ce label, un premier audit a été effectué en phase de conception par Certivéa, puis un second à la fin des travaux afin de vérifier que tous les critères avaient été respectés, avec un impératif : diminuer la consommation énergétique d’au moins 40 %. Six autres critères ont été pris en compte : l’ambiance thermique, la qualité de l’air, l’ambiance visuelle, l’ambiance acoustique, la facilité d’exploitation, d’entretien et de maintenance du bâtiment ainsi que la qualité de la construction et sa sécurité.
Autre récompense : l’ensemble immobilier est lauréat 2018 du « Geste d’Or » catégorie Réhabilitation et restructuration pour « l’alliance de la fonctionnalité et de la mémoire des lieux avec une complète rationalisation de la distribution verticale, des parties communes, de l’accessibilité et une refonte totale des installations technique ».

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