Prévenir les risques sur chantier

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Facteur majeur de la sécurité sur chantier, la prévention est dûment réglementée et concerne autant les chefs d’entreprise, soumis à une obligation de résultats, que les employés ou les industriels. L’objectif : détecter les éventuels dangers et mettre en place des actions globales. Zoom sur les neufs principes généraux de prévention inscrit dans l’article L4121-2 du Code du travail.

1 – Éviter les risques. Pour les chutes, par exemple, il faut trouver un moyen pour ne pas avoir à travailler en hauteur, d’où le développement de méthode de travail comme la peinture projetée.

2 – Évaluer les risques, en se basant notamment sur le document unique (voir encadré). Les organismes comme l’Iris-ST ou l’OPPBTP accompagnent les entreprises, et notamment les plus petites, en proposant sur leur site des trames de document unique. Début 2018, l’OPPBTP a lancé en ligne un outil d’évaluation des risques très simplifié, Mon doc unique Prem’s (mondocuniqueprems. preventionbtp.fr).

3 – Combattre les risques à la source, c’est-à-dire intégrer la prévention le plus en amont possible.

4 – Adapter le travail à l’homme : ajuster le poste de travail à hauteur d’homme afin de ne pas être accroupi par terre, organiser le véhicule pour retrouver facilement les outils ou encore aménager l’atelier.

5 – Tenir compte de l’évolution de la technique. L’Iris-ST est d’ailleurs en relation avec certains industriels pour développer des produits adaptés aux besoins des artisans. « Nous avons travaillé avec Layher sur une plateforme de travail en hauteur pour répondre à une problématique particulière des plâtriers, indique Clémence Rigaudeau, chargée de prévention à l’Iris-ST. On ne peut pas le faire avec tous les industriels mais nous essayons de réaliser des études, de mettre à jour les problématiques que rencontrent quotidiennement les entreprises artisanales. »

6 – Remplacer ce qui est dangereux par ce qui

7 – Planifier la prévention en intégrant la technique, l’organisation et les conditions de travail. Il faut s’organiser sur le chantier afin de prévoir en amont l’approvisionnement du chantier, les zones de stockage, les formations adéquates et nécessaires…

8 – Donner la priorité aux mesures de protection collective plutôt qu’aux EPI. « Pour le travail en hauteur, par exemple, il est préférable d’installer des garde-corps protégeant l’ensemble des salariés plutôt que d’équiper les travailleurs avec un système d’arrêt de chute comme les harnais, longes, connecteurs, ancrage… », explique Clémence Rigaudeau.

9 – Donner les instructions appropriées aux employés, c’est-à-dire les former et les informer.

Le document unique, obligatoire et indispensable

Primordial, le deuxième principe de prévention (évaluer les risques) permet à chaque employeur d’identifier les risques auxquels sont soumis ses salariés en fonction des activités propres de son entreprise. Les résultats de cette évaluation sont transcrits dans le Document Unique, obligatoire pour chaque entreprise. « Il s’agit de réaliser une cartographie des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs existants pour chaque poste de travail et d’évaluer la proportion de salariés exposés, résume Régis Accart, expert second oeuvre de l’OPPBTP. Ce document n’est pas un simple formulaire mais la base de l’élaboration d’un plan d’actions globales visant à garantir un niveau de protection de la santé et de la sécurité des salariés. » Mis à jour au minimum une fois par an, il permet ainsi de choisir les bonnes réponses, que ce soit en termes d’organisation du travail, notamment sur chantier, de formation, d’investissement dans de nouveaux matériels, de choix de matériaux ou produits mis en œuvre, d’affichage, de signalétique ou encore de définitions des équipements de protection individuelle adapté à chaque tâche.
Au-delà de l’évident bénéfice pour les employés, l’enjeu est aussi financier, le document unique permettant de diminuer les coûts directs et indirects induits par les accidents et maladies professionnelles, et notamment les arrêts de travail. « La démarche de prévention relève de la responsabilité de l’employeur et celui-ci peut être sanctionné si elle n’est pas mise en place, indique Régis Accart. Néanmoins, pour être efficace, elle doit s’inscrire dans une dynamique collective et impliquer les salariés, les plus à même de décrire leurs tâches, d’identifier les risques auxquels elles les exposent et de proposer des solutions d’amélioration. »

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