Établissements de santé : pourquoi la rénovation a pris le pas sur la construction

Santé.jpg

Le début des années 2000 a été marqué par deux plans hôpitaux nationaux successifs, 2007-2012 et 2012-2017, visant à moderniser un parc hospitalier globalement vieillissant. Un total de plus de 20 milliards d’euros d’investissement et de près de 12 millions d’euros de subvention a été engagé. Entre autres objectifs : privilégier les opérations participant à la recomposition de l’offre de soin, la complémentarité et la mutualisation des ressources entre établissements ; accompagner les investissements liés à la mise en œuvre de plans nationaux pour le cancer, Alzheimer ou les urgences, par exemple ; la réalisation de schémas régionaux d’organisation des soins.

Parallèlement, le gouvernement a mis en place un plan d’économie de trois milliards d’euros sur trois ans (de 2015 à 2017) inscrit dans le redressement des finances publiques à réaliser dans les établissements de santé. Il inclut notamment le regroupement d’hôpitaux voisins, la mutualisation des achats ou encore le développement de la chirurgie ambulatoire, donc une diminution du nombre de lits. Des mesures qui impliquent une adaptation des structures et des réaménagements, multipliant les opérations de rénovation alors que les projets neufs se font de plus en plus rares pour une question de coût mais aussi de superficie.

Si l’on met de côté les travaux qui découlent des plans gouvernementaux, la rénovation dans les établissements de santé dépend de plusieurs facteurs. Tout d’abord, le secteur est soumis à une obligation constante d’innovation pour assurer des soins de qualité et la sécurité des usagers (patients et professionnels). « Des travaux qui ne sont pas effectués de manière régulière finissent par déboucher sur un état de vétusté important des bâtiments », note Stéphane Buttiglieri, ingénieur travaux à l’hôpital universitaire Avicenne, à Bobigny (93), qui préconise une remise en état des locaux tous les 10 à 15 ans environ.

Autre critère : la modification de la destination d’une zone, souvent due à l’évolution d’une activité, le déménagement d’un service ou le remplacement d’équipement comme celui d’un appareil d’imagerie médical peuvent être l’occasion d’entreprendre une rénovation des lieux. Enfin, les normes accessibilité pour les personnes à mobilité réduite doivent désormais être prises en compte. Les hôpitaux essaient de les intégrer dans les opérations régulières, sachant que certains établissements, à l’image de l’AP-HP (Assistance publique – hôpitaux de Paris) ont mis en place un agenda d’adaptation programmée entre 2015 et 2024.

Quelles que soient les raisons, et quelle que soit leur envergure, les travaux dans les centres de santé sont toujours particuliers puisqu’effectués dans des bâtiments occupés 24h/24, 7j/7, avec des patients par définition affaiblis et fragiles et du personnel effectuant des professions stressantes et fatigantes. Ils nécessitent une organisation minutieuse, le respect de protocoles stricts et une réflexion pointue sur le choix des matériaux et des revêtements utilisés.

Améliorer l’existant dans les établissements pour personnes âgées
Des interventions sous haute surveillance
Le linoleum, une alternative dans le milieu de la santé
Équiper les établissements de santé

Partagez cet article