Quel bureau, demain ?

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Si l’interrogation, telle une antienne entêtante, mobilise les professionnels de l’aménagement des espaces de travail depuis au moins une décennie, elle se pose aujourd’hui avec une acuité inédite. Il faut dire que la crise sanitaire, grande accélératrice des tendances à l’œuvre, est passée par là. Et elle a forcé la main à tout le monde : non content de bouleverser les habitudes des collaborateurs et de leurs managers, la généralisation du télétravail apparue avec le premier confinement de mars 2020 a fait descendre le taux d’occupation moyen des bureaux à des niveaux jamais atteints, créant les conditions d’une révolution organisationnelle, mais aussi sociétale. Car, le temporaire ayant fini par durer, les Français ont pris goût au travail à la maison. Toutes les études montrent qu’ils plébiscitent désormais les organisations hybrides, combinant en proportions variables home office et présentiel dans les locaux de leur entreprise. Selon une enquête mondiale réalisée par Microsoft, en janvier 2021, auprès de 31 000 travailleurs, ce modèle mixte devrait s’imposer comme la norme dans les années à venir. Si 73 % des personnes interrogées souhaitent conserver la possibilité de télétravailler, ils sont aussi 66 % à désirer passer plus de temps en présentiel avec leurs équipes. À l’aube espérée d’une sortie de crise aujourd’hui suspendue à l’efficacité des campagnes vaccinales, tout retour au monde d’avant apparaît donc exclu.

Et s’il est encore difficile d’anticiper toutes les conséquences de la crise sanitaire, il est certain que le bureau, devenu à bien des égards facultatif dans l’esprit des salariés, va devoir se montrer à la fois plus désirable et plus flexible s’il veut les voir revenir. À ce titre, la nécessité de son recentrage autour des activités de collaboration semble aujourd’hui un fait acquis. On viendra surtout au bureau pour travailler en équipe et entretenir sa culture d’entreprise – la visioconférence a ses limites – tandis que le domicile et des tiers-lieux comme les espaces de coworking s’imposeront pour un travail de concentration… qu’il faudra aussi pouvoir continuer de mener de manière accessoire dans des zones dédiées. Toujours selon l’étude publiée par le géant de l’informatique, 66 % des dirigeants affirment envisager un réaménagement de leurs espaces de travail pour s’adapter au travail hybride.

Le défi est inédit et immense pour les entreprises, contraintes de repenser leurs bureaux à l’aune de ce nouveau paradigme, et qui se posent une foule de questions : jusqu’à quel point faut-il réduire les surfaces ? Le flex-office est-il la solution miracle pour compenser la chute du taux d’occupation des bureaux ? Quel type d’espaces privilégier pour favoriser la collaboration ? Les aménagements facilement modulables sont-ils à privilégier ? Les réponses, qui restent à écrire, surgiront des expériences mises en place dans chaque entreprise.

Charles Knappek

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