L’aménagement des piscines, un saut dans le grand bain !

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© Rockfon - Piscine de Plozevet

Humidité, corrosion, hygiène et sécurité… L’équipement et l’aménagement des centres aquatiques donnent du fil à retordre ! L’avantage : désormais, l’offre en matière de revêtements apporte autant de réponses techniques qu’esthétiques.

Prérequis incontournable : rien ne doit rien laisser au hasard  dans la conception des centres aquatiques. Même si les concepteurs de piscines cherchent à travailler des aménagements plus ludiques et plus chaleureux, la maîtrise technique est indispensable. Le traitement de l’air et de l’eau, la résistance au chlore, l’hygiène, la facilité d’entretien, la sécurité ou encore l’acoustique : les exigences techniques et réglementaires à respecter sont nombreuses. Sans oublier les problématiques afférentes aux bâtiments recevant du public comme l’accessibilité ou la tenue au feu. Des critères prépondérant dans la sélection des revêtements et des matériaux.

  • Matériaux 100 % RH

Premier facteur de choix, la tenue des revêtements à l’humidité. Ils doivent être qualifiés 100 % RH (résistance d’un matériau à l’humidité relative pour une température de 30°C), qui qualifie directement le milieu le plus humide possible (alors que des produits 100 % stables en milieu humide imposerait de préciser le milieu humide en question). Pa ailleurs, la résistance à l’humidité doit concerner tous les matériaux. Dans le cas des plafonds, c’est tout le système qui doit être traité, des dalles jusqu’à l’ossature.

Des ossatures sans protection se corroderont avec le temps et deviendront un point de faiblesse, c’est pourquoi certains fabricants de plafonds proposent des gammes spécifiques ossatures + systèmes de suspension et accessoires traités contre l’eau et la corrosion

Les précautions sont d’autant plus indispensables que le milieu corrosif est encore plus contraignant que le milieu humide. Il existe  deux types d’ossatures : d’une part les «MH» pour milieu humide, avec un pré-laquage de l’acier ; d’autre part les «MC» pour milieu corrosif où le laquage de l’acier se fait une fois le produit fini, comme une enveloppe couvrant toutes les surfaces de l’ossature. Dans les centres aquatiques, il est ainsi fortement recommandé de recourir à un traitement MC.

  • Antidérapance

Surface logiquement la plus exposée à l’humidité, le sol (plages, douche, bassin) est majoritairement recouvert de carrelage, même si la résine est progressivement plus présente. Pour ces surfaces en contact avec l’eau, la glissance est un critère essentiel.

Premier impératif, et ce dans toutes les zones dites « pieds nus » : un sol avec une pente variant de 3 à 5 % et la mise en place de systèmes d’évacuation d’eau par le sol.

Seconde obligation : l’antidérapance, des normes * définissant le taux nécessaire en fonction des locaux et de l’eau au sol. Le classement va de la plus faible anti-dérapance à la plus importante : PN12, PN 18 et PN 24. Dans les circulations pieds chaussés des vestiaires, dont le sol n’est pas spécifiquement mouillé mis à part lors des opérations de nettoyage, un carrelage PN 12 est suffisant. Pour les espaces pieds nus des vestiaires et les plages autour des bassins, un classement PN 18 est recommandé. Cas les plus compliqués : les douches et le bassin en lui-même. Non seulement des sols de classe PN 24 sont requis mais les carreaux doivent de préférence présenter une finition structurée (présence d’un léger relief).

Les douches sont généralement équipées de carrelage du sol au plafond pour répondre aux problématiques d’humidité et d’hygiène. © Coste Architecture

  • Visibilité

Critère peu mis en avant : la bonne vision sur l’eau est importante. D’abord, les parois et le fond des bassins doivent être de couleur claire afin de permettre l’organisation de la surveillance et des secours*. De même, si la piscine, comme souvent, comporte de larges ouvertures extérieures, un système doit permettre de contrôler l’éclairage extérieur. Les baies vitrées sont là pour laisser entrer la lumière et éviter un sentiment d’enfermement mais l’addition verre et soleil peut provoquer une forte réverbération en surface de l’eau qui devient un facteur de risque, les maîtres-nageurs ayant plus de difficultés à effectuer leur surveillance. D’où la présence indispensable d’un écran solaire ou de stores.

Le bassin, cœur de la piscine
Le bassin est reste l’élément le plus complexe du bâtiment. Traditionnellement en béton, recouvert de carrelage ou de résine, de nouveaux systèmes se développent depuis près de dix ans, avec des bassins préfabriqués ou des structures métalliques en inox ou équipé de liner. Quels que soient les matériaux choisis, l’étanchéité doit être testée en amont, avant la pose du revêtement final, et laissée en charge plusieurs jours. Cas particulier, les piscines dédiées à la compétition. Les dimensions, très précises, doivent être parfaitement respectées, chaque détail étant pris en compte, de l’épaisseur du revêtement du bassin aux équipements, comme la plaque de touche, en général d’1 cm d’épaisseur, accrochées aux extrémités. La Fédération française de natation (FFN) précise ainsi qu’une certification sportive, procédure qui s’appuie sur un rapport de Géomètre-Expert, vise à vérifier la conformité des bassins aux règles sportives. Une compétition officielle ne peut d’ailleurs se dérouler que dans un bassin certifié par la FFN.
  • Vigilance face au bruit

Les piscines sont des bâtiments qui par leur activité ont une ambiance très bruyante. La maîtrise du niveau sonore est un enjeu à deux niveaux. Il s’agit d’assurer le confort des usagers mais aussi de veiller aux conditions de travail et à la sécurité des maîtres-nageurs, exposés au bruit quotidiennement. Le magazine de l’environnement sonore Echo bruit faisait part en 2004 d’une étude menée sur le niveau des nuisances sonores en piscine couverte réalisée par le service de médecine professionnelle et préventive du CIG Petite Couronne / Pantin. Les résultats confirmaient l’inconfort des maîtres-nageurs sur le terrain et la fatigue générée par le bruit. Le niveau d’exposition quotidien au bruit était compris entre 81 dB (A) et 99 dB (A) selon les piscines et le type d’activités et des pics supérieurs à 110 dB (A) avaient été enregistrés. « Une cinquantaine d’accidents par an est répertoriée dans les piscines publiques à cause de la fatigue sonore des maîtres-nageurs. Leur vigilance baisse lorsque les bruits sont trop élevés, indique Françoise Fournier. Il est nécessaire de mettre des traitements acoustiques sur les parois et/ou sur les plafonds. »

La microperforation des plafonds tendus joue le rôle de piège à son. © Ferrari

Matériaux acoustiques et non corrosifs

© Costes Architecture

Aujourd’hui, de nombreuses possibilités permettent d’assurer acoustique et protection des milieux humides et corrosifs. On peut nommer, entre autres, les dalles de plafond en laine minérale revêtues d’un voile 100 % RH pour Knauf AMF, les panneaux en laine de roche renforcés d’une grille armée pour Rockfon ou les plafonds tendus avec la technologie Batyline de Serge Ferrari (tissu composite avec une âme en polyester haute ténacité dont les fils sont gainés en PVC plastifiés finement ajourés afin de jouer le rôle de piège à son). Autant de solutions souvent couplées à des traitements muraux (bois, tôle laquée perforée avec un isolant acoustique, enduit acoustique) sur la partie haute des murs, la partie basse étant généralement habillée de carrelage pour protéger des éclaboussures et faciliter l’entretien nécessaire au respect de l’hygiène sauf dans les douches, protégées du sol au plafond. A noter, le bois est très souvent utilisé, certaines eessences (et certains traitements) résistant bien aux ambiances humides et permettant d’apporter une touche de chaleur dans un environnement où le carrelage, très froid, est majoritairement présent.

 

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