L’identification des espaces par les revêtements

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© Ege Carpet

Outre leurs aspects fonctionnels attachés à la destination des lieux, les revêtements de finition utilisés en aménagement intérieur peuvent, par leur originalité, contribuer à affirmer l’identité des lieux.

Sortir des sentiers battus pour être mieux reconnus est, avec l’adéquation à l’usage futur des lieux, l’une des idées centrales qui guide le prescripteur dans sa démarche d’aménagement des espaces intérieurs. Quel que soit le domaine d’activité, dès qu’il s’agit d’établir un rapport de communication avec le public, il convient d’être bien identifié et de se différencier. À ce titre, l’espace visuel proposé par les sols, les murs et les plafonds devient un support privilégié pour « passer des messages », servi par des revêtements qui offrent désormais des possibilités extrêmement larges grâce à l’évolution des techniques de production (et de reproduction). Par ailleurs, ces revêtements, par leur versatilité, sont capables de répondre à la tendance au renouvellement rapide des concepts dans des univers où l’éphémère est parfois un moyen d’expression. Aussi, les prescripteurs comme les maîtres d’ouvrage, à la recherche de concepts originaux pour leurs projets, sont-ils de plus en plus demandeurs de produits démarquant leurs locaux de la concurrence tout en créant des ambiances qui marquent les esprits. Et si aujourd’hui, à partir d’une photo, d’un message ou encore d’un motif, tout devient possible en matière de reproduction, la création proprement dite a également sa place grâce à des combinaisons modulaires d’éléments variés.

Egayer les murs d’un hôpital grâce à l’impression sur le revêtement vinylique. © Muraspec-Buflon

Se démarquer pour être remarqué

La marque est l’élément fort des entreprises comme de toutes les formes d’organisations qui entendent avoir un impact sur les publics auxquels leur activité s’adresse. Dans notre monde de communication, la marque stricto sensu a évolué vers la notion « d’image de marque » avec tout ce que cela induit du point de vue visuel. Il faut non seulement être vu mais aussi être reconnu. Et dans le flux continu de communications déversé à tout instant il convient de se démarquer pour se faire remarquer. À cet égard, les revêtements de finition peuvent s’avérer des médias performants.

Le revêtement de sol est l’un des éléments majeurs pour personnaliser les espaces grâce à la couleur et au dessin, des moyens utilisés par le tissage traditionnel depuis la nuit des temps. Aujourd’hui, l’impression sur textile, associée à l’outil informatique, a permis une « démocratisation » des revêtements personnalisés. Ainsi, en moquette, à partir d’une esquisse numérisée, l’impression d’une grande finesse est réalisée par injection des colorants au coeur des fibres. Très flexibles, ces techniques permettent des fabrications en quantité très réduites (moins de 50 m2). Le concepteur peut, depuis son écran d’ordinateur, soit réaliser sa propre création soit s’appuyer sur la banque de dessins et de couleurs du fabricant pour dessiner « sa » moquette.

Les technologies de numérisation ont permis à d’autres matériaux d’accéder aux décors les plus variés. Ainsi pour les sols stratifiés dont l’une des composantes est la reproduction photographique protégée par une résine de mélamine. Les carreaux en céramique, les revêtements vinyliques de sol ou de murs, les toiles à tendre au plafond ou aux murs : tous ces matériaux peuvent recevoir des décors abstraits ou ultra-réalistes par le biais de la pixélisation.

Le calepinage d’éléments modulaires permet des combinaisons originales. © Tarkett

Les formules combinatoires

Plutôt que faire appel à de la documentation existante pour la reformuler et l’interpréter, le concepteur peut travailler sur des formats et des matières pour créer des compositions originales qui personnaliseront les espaces au sol. Qu’il s’agisse de revêtements souples, textiles ou vinyliques ou de carreaux céramique, il dispose d’une variété de formats ouvrant de multiples possibilités de calepinages. Ces possibilités initiées depuis une quinzaine d’années par les carrelages aux formats rectifiés ont été reprises par les revêtements vinyliques, sous la forme de LVT, qui connaissent une forte progression : autrefois limitées aux formats 33 × 33 et 50 × 50 cm, les gammes ont fait place à la variété (30 × 60, 40 × 60, 50 × 50, 60 × 60, 30 × 90, 60 × 90 cm), allant jusqu’à s’étirer sous forme de lames de différentes longueurs et largeurs. La moquette est allée dans le même sens avec l’apparition de dalles rectangulaires et de lames. Plus récemment sont apparues les possibilités d’associer des modules textiles avec des éléments vinyliques aux épaisseurs compatibles. Le champ des combinaisons possibles devient ainsi quasiment illimité en travaillant sur les formats, les matières, les structures, les couleurs et les graphismes. Et si d’aventure le concepteur ne trouvait pas son bonheur parmi les gammes proposées, la solution sur-mesure existe certainement auprès des services spécialisés des industriels qui proposent des découpes sur plan par jet d’eau, laser ou ultra sons.

Le tissage de la toile de verre reproduit au mur le logo de cette agence bancaire. © Vitrulan-Systexx

Murs et plafonds porteurs d’identité

S’il est une surface parfaitement adaptée pour capter l’attention visuelle, c’est bien l’espace mural, si propice à la transmission de messages que certains ont pu proclamer « Les murs ont la parole ». Depuis fort longtemps, le papier peint était un revêtement permettant de personnaliser les intérieurs. Paradoxalement, c’est le manque d’originalité et de créativité qui a entraîné la désaffection pour cette famille de revêtements depuis le milieu des années 1980. Depuis peu, un renversement de tendance s’explique par l’arrivée de l’impression numérique et la possibilité de reproduire toutes sortes de motifs, de dessins, d’illustrations ou de photos avec un extrême réalisme, offrant des possibilités illimitées dans le domaine des décors. Ainsi, toutes les personnalisations sont desormais possibles : le bois dans toutes ses essences, la pierre sous toutes ses formes, le métal dans toutes ses variantes, le cuir dans toutes les couleurs, de façon extrêmement réaliste ou dans des interprétations débridées. Plus technique et dédié à des applications tertiaires et aux zones à fort trafic, le revêtement vinylique a bénéficié des mêmes évolutions esthétiques avec l’arrivée de l’impression numérique. Par ailleurs, en fonction de l’épaisseur du produit, le revêtement peut se doter d’effets de matières et de textures pour créer l’illusion du béton, du textile ou du végétal en personnalisant les ambiances.

Revêtement mural fonctionnel avant tout, la toile de verre peut aussi devenir un atout de la personnalisation dans la mesure où ce matériau est produit selon la technique du tissage Jacquard. Ce qui ouvre des perspectives allant au-delà des simples formes géométriques et du chevron basique et permet de réaliser des arrondis, des volutes ou des motifs végétaux, voire des logos.

Il existe une certaine parenté entre revêtements muraux vinyliques et les toiles pour plafonds tendus. Aussi ces derniers ont-ils bénéficié des mêmes atouts de l’impression numérique en matière de personnalisation. Mais il est possible également de s’écarter du chemin de l’impression en travaillant sur les formes. Le cintrage tridimensionnel des profils aluminium servant à la tension des toiles permet alors d’imaginer différentes formes de structures.

Les cadres et tubes 3D de Barrisol créent le mouvement fluide des plafonds tendus dans ce show room londonien conçu par Zaha Hadid. © Barrisol

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