L’aménagement au service des usages

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© Tetris

Moins de mètres carrés mais des zones mieux pensées. Proposer des espaces collaboratifs réfléchis autour des usages. Assurer confort, flexibilité et conscience environnementale. Tels sont les défis des bureaux d’aujourd’hui.

L’expérimentation du 100 % télétravail à grande échelle a eu un point positif. Alors que tout s’est fait à distance pendant de longs mois, nous avons compris la valeur du lien social en entreprise, le bienfait des échanges directs. Plus encore, le Covid-19 a mis en lumière un sujet qui commençait à poindre avant la crise sanitaire : la qualité de vie au travail. Une notion indispensable aujourd’hui pour que les salariés aient envie de venir au bureau alors que le télétravail se généralise de plus en plus, même s’il n’est plus la norme à 100 %.

UNE ORGANISATION MINUTIEUSE

La pandémie a eu un effet non négligeable sur les surfaces prises à bail par les utilisateurs. « En effet, on constate une diminution de l’ordre de 30 % des surfaces occupées par les entreprises qui ont amplifié leur recours au flex office, estime Mathias Grossman, directeur général de Tétris. En parallèle, la pandémie a accentué certaines tendances, dont la généralisation du télétravail et les exigences des salariés en matière de bien-être. »

Cela implique une organisation de l’espace plus minutieuse avec une diversification des espaces. Car c’est un fait, habitués au télétravail, les collaborateurs reviennent pour échanger et travailler en mode projet ou interactif. Résultat: moins de bureaux mais plus de lieux de détente, de salles de réunion ou de zones collaboratives, tous équipés d’une technologie digitale performante. Des espaces redessinés et une organisation revisitée grâce, notamment, à des marquages au sol et à des jeux de revêtements.

S’ADAPTER AUX USAGES

Autre attente forte, déjà en germe avant la pandémie mais qui s’est largement intensifiée: la flexibilité, face à des équipes de plus en plus nomades. « Aujourd’hui, pour huit projets sur 10 on parle de flex office », indique Julien Diard, fondateur de Moore Design qui rappelle que c’est désormais à l’espace de s’adapter aux usages des collaborateurs. Les salles de pauses de midi doivent pouvoir accueillir un point d’équipe à 15h; les locaux s’adapter rapidement aux changements d’effectifs. « Il faut favoriser la modularité, tant des espaces de travail qu’avec le mobilier ou la connectique afin d’adapter les aménagements aux besoins quotidiens et ponctuels des collaborateurs », précise Julien Diard.

Une flexibilité qui va de pair avec la pénétration croissante des outils numériques dans le travail. Visioconférence, plateforme collaborative, webinar… L’utilisation massive des nouvelles technologies pousse là encore les aménagements à s’adapter. Si les réunions teams et zoom sont devenues la norme, il faut prévoir suffisamment de salles, équipées et insonorisées, pour ne pas se préoccuper en permanence de leur disponibilité.

RÉEMPLOI ET MATÉRIAUX RECYCLÉS

À la mobilité s’ajoutent des envies de confort, avec les codes d’aménagement de l’habitat et de l’hôtellerie. Si tout le monde n’est pas devenu adapte du télétravail, avec un réel besoin d’échanges, le confort, les services et l’aménagement sont désormais des critères importants, et deviennent même des facteurs clés pour le choix d’une prise de poste. « Les entreprises réfléchissent plus sur l’image qu’elles renvoient et veulent de la personnalisation avec un plus grand souci des détails dans la décoration », explique Julien Diard. Même son de cloche pour Mathias Grossman. « La demande des entreprises s’oriente vers des espaces plus qualitatifs et composés de typologies d’espaces variés tels que des salles de réunion de différentes tailles, des phones box, des espaces de convivialité. Le bureau doit plus que jamais véhiculer l’image de l’entreprise et soutenir la cohésion entre les équipes et cela passe par l’aménagement, le choix des revêtements et du mobilier. Il est nécessaire aussi de proposer des services complémentaires à la personne, une conciergerie ou des offres de restauration. »

Enfin, l’aspect environnemental des locaux s’affirme peu à peu. Le recours au réemploi, qu’il s’agisse des matériaux ou du mobilier, se démocratise. À l’image de Cycle Up ou Backacia, des start up émergent pour proposer aux professionnels – architectes, artisans, maîtres d’ouvrage, entreprises de construction – des marketplace où ils peuvent choisir des matériaux de second œuvre (faux plancher et faux plafond, dalles de moquettes, parquet…) comme des éléments structurels ou techniques. Les matériaux mis en vente sont issus de la déconstruction, de la réhabilitation lourde ou de la rénovation, venant généralement de projets importants réalisés par des grands comptes.

Autre solution pour maîtriser son impact écologique, le choix de matériaux plus responsables, avec des revêtements issus de matières biosourcés ou recyclées. « C’est désormais un sujet sérieux, note Julien Diard. Les entreprises pensent au coup d’après. Comment vont-elles pouvoir recycler leurs aménagements? Comment s’inscrire dans une logique environnementale? Il y a une vraie tendance à aller plus loin, dans une approche qui est aussi sociétale. »

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