L’accessibilité à 360°

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Dans le cadre de la certification HQE Bâtiment durable, Certivéa* et Handigo (groupement de consultants et d’architectes en accessibilité) ont travaillé en 2015 et 2016 avec diverses parties prenantes (associations représentatives de personnes en situation de handicap, représentants du gouvernement de l’époque…) à l’intégration des bonnes pratiques d’accessibilité. « Lors de cette phase de concertation, nous avons établi qu’il y avait largement matière à créer un label totalement dédié à l’accessibilité, indique Patrick Nossent, président de Certivéa. Ce dernier a vu le jour en octobre 2016 avec l’idée de viser l’accessibilité pour tous. »

L’accessibilité pour tous, qu’est-ce que cela veut dire ? D’abord, qu’il faut dépasser le cadre réglementaire établi par la loi du 11 février 2005. « Nous avons bien conscience que les professionnels la trouvent déjà très contraignante mais parallèlement, les personnes en situation de handicap nous remontent souvent que même en respectant ce cadre, les bâtiments ne sont pas toujours accessibles », constate Patrick Nossent. Ensuite qu’il faut raisonner en termes de solutions inclusives, c’est-à-dire permettant l’accessibilité aux personnes en situation de handicap mais aussi aux personnes âgées, accompagnées de jeunes enfants, invalides temporairement, portant des charges lourdes ou encore aux femmes enceintes. Enfin, que les solutions d’aménagement doivent être réflechies en amont de la création du projet plutôt que d’être rajoutées comme palliatifs après-coup.

« Nous sommes tournés vers le progrès, pas vers la sanction. »

Le label repose sur six critères, orientés par la finalité : facilité d’accès (de l’extérieur mais aussi aux différentes fonctions du bâtiment), facilité d’usage, sécurité et sûreté (risque de chute, de glissade, de collision…), confort acoustique, confort visuel, pérennisation (sensibiliser le personnel pour qu’il y ait un accompagnement humain au-delà des caractéristiques techniques du bâtiment lui-même).

« Notre démarche est pédagogique, explique le président de Certivéa. Nous définissons les enjeux et les bonnes pratiques qui peuvent servir de support de formation, d’inspiration ou d’évaluation pour ceux qui veulent savoir où en est leur bâtiment en termes d’accessibilité. » Délivré par Certivéa après audit indépendant, le label est décliné en trois niveaux de performances, le plus faible étant déjà plus performant que la réglementation. « Si les critères ne sont pas respectés, le demandeur a la possibilité de se corriger, précise Patrick Nossent. Nous sommes tournés vers le progrès, pas vers la sanction. »

*Filiale du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) référente en matière d’évaluation et de certification

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