Quel impact pour les matériaux de finition et les revêtements intérieurs ?

Champagne-Mercier-02.jpg

© 2009 - 2019 Barrisol Normalu SAS - Barrisol Clim et toile Barrisol Biosourcée - Arch. MHCS

RE 2020, telle est l’appellation officielle de la prochaine réglementation applicable à toutes les constructions neuves – logements ou bâtiments tertiaires – à partir du 1er janvier 2021. La grande nouveauté réside dans la définition du E de RE. Il s’agit d’une réglementation Environnementale, et non plus seulement énergétique.

La nuance est importante. Jusqu’à aujourd’hui, les réglementations ne prenaient en compte que la consommation énergétique des bâtiments. C’est notamment le cas de l’actuelle réglementation en vigueur, le RT 2012, destinée à diviser par trois la consommation énergétique des nouvelles constructions par rapport à 2005, en limitant le chauffage, la climatisation, l’éclairage, l’eau chaude sanitaire et la ventilation.

Dans le projet de la future RE 2020, l’objectif final est d’approcher du bâtiment à énergie positive, c’est-à-dire qui produit plus qu’il ne consomme d’énergie. Un niveau d’exigence qui dépasse le bâtiment passif, qui consomme autant qu’il produit.

Désormais, en plus de l’aspect énergétique, l’empreinte carbone des bâtiments sera prise en compte. Afin de savoir dans quelle mesure les calculer et tester l’adéquation entre le niveau d’ambition, la maîtrise des coûts et la capacité des entreprises et des fabricants à atteindre les objectifs imposés, les pouvoirs publics ont lancé en 2016 une vaste expérimentation. Baptisée E+C-, elle concerne aujourd’hui plus de 600 bâtiments (voir page 14). Les premiers résultats rendus publics au 1er mai 2018 faisaient état des difficultés à dépasser le niveau E2 (voir encadré) et à atteindre le niveau C2, mettant en lumière l’importance de ne pas imposer des exigences trop hautes et donc intenables. Par ailleurs, le bilan réalisé en mai dernier par le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) alerte sur l’ampleur du travail à effectuer. « Cette approche aura des impacts sur le choix de tous les produits de construction, leur provenance, leur recyclage, mais aussi sur le type d’énergie utilisée », explique Thierry Repentin, président du CSCEE.

Ainsi, l’impact des revêtements intérieurs est à prendre en compte, d’autant plus qu’ils sont changés plusieurs fois sur la durée de vie d’un bâtiment, en logement comme en tertiaire. Alors si les mesures à respecter ne porteront pas sur les produits en eux-mêmes, il sera de la responsabilité des fabricants de proposer des produits à faible impact carbone, éco-conçus, recyclables ou réutilisables, peu impactants à la production mais aussi à la mise en œuvre… Et ce, notamment, afin de rester compétitifs.

E+C- : QUELLES SONT LES EXIGENCES ATTENDUES ?
Énergie
Les deux premiers niveaux, « Énergie 1 » et « É nergie 2 », représentent une avancée par rapport à la réglementation actuelle. C’est désormais l’ensemble des usages qui est pris en compte alors que la RT 2012 n’en considérait que cinq. Leur mise en œuvre doit permettre une amélioration de la performance énergétique à coût maîtrisé, soit par des mesures d’efficacité énergétique, soit par le recours à des énergies renouvelables.
L’atteinte du niveau « Énergie 3 » implique un effort supplémentaire en termes d’efficacité énergétique du bâti et des systèmes ainsi que qu’un recours significatif aux énergies renouvelables, qu’il s’agisse de chaleur ou d’électricité.
Le niveau « Énergie 4 » correspond à un bâtiment dont le bilan énergétique est nul (ou négatif) sur tous les usages et qui contribue à la production d’ énergie renouvelable à l’échelle du quartier.

Gaz à effet de serre

L’évaluation des performances liées aux émissions de GES prend en compte l’empreinte carbone du bâtiment tout au long de son cycle de vie (durée moyenne de 50 ans) ainsi que les émissions relatives aux produits de construction et équipements. L’atteinte des niveaux « Carbone 1 » et « Carbone 2 » est déterminée par la comparaison de ces deux types d’émissions avec des niveaux d’émissions de gaz à effet de serre maximal définis.

Partagez cet article