Hôtellerie : s’ouvrir sur l’extérieur pour rester performant

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© Studio Jean-Philippe Nuel – Gilles Trilliard

Avant que la crise sanitaire ne perturbe fortement notre quotidien, le tourisme français se portait très bien. Les répercussions des attentats de 2015 et 2016 étaient loin. En 2018, le mouvement des « gilets jaunes » a bien pénalisé la fréquentation de certains sites touristiques parisiens, tout comme les fortes grèves contre la réforme des retraites de l’hiver dernier, mais en dépit de tout cela, la France reste depuis des années la première destination touristique mondiale, selon l’Organisation mondiale du tourisme.

Dans le secteur de l’hôtellerie, 2018 a été une année record. Ainsi, excepté les 1 et 2 étoiles, définies comme « super-économiques », toutes les catégories ont enregistré une hausse de leur taux d’occupation par rapport à 2017. La plus forte augmentation concerne les établissements 5 étoiles, avec +8 % en un an.

Bien que les chiffres exacts ne soient pas encore connus, les professionnels annoncent une année 2019 stable après l’embellie de 2018, ne négligeant cependant pas les conséquences des grèves et du Brexit, le Royaume-Uni constituant la première clientèle étrangère.

Quant à 2020 et 2021… Il y aura l’impact concret des mois de confinement et de post-confinement. Il y aura sans doute aussi des changements d’habitude. Dans le cadre du tourisme d’affaires, c’est-à-dire la majorité de la clientèle hôtelière, les entreprises ont compris qu’elles pouvaient économiser des frais de déplacement en favorisant le travail à distance et les visioconférences. Concernent l’hôtellerie de loisir, un mouvement de fond lié à une nouvelle conscience écologique apparaît petit à petit. « Nous sommes de plus en plus nombreux à faire évoluer nos modes de vie pour prendre soin de nous et de la planète, constate l’architecte Jean-Philippe Nuel. Certains sont même prêts à renoncer à prendre l’avion, pointant du doigt son bilan carbone désastreux. Sans aller dans cet extrême, il est certain qu’il est aujourd’hui indispensable de prendre en compte notre propre bilan carbone et d’accepter de moins voyager. »

Au final : moins de voyages d’affaires et de loisir, c’est moins de clients potentiels pour les hôtels… Ou tout du moins pour les chambres. C’est un fait, l’hôtel est encore très majoritairement associé aux voyageurs et les clients, même moins nombreux, continueront à venir y dormir. D’ailleurs, la chambre ne doit pas être mise de côté, comme elle a pu l’être ces dernières années (voir page 20). Pour les parties communes, comme le lobby, le bar ou le restaurant, à l’image d’une tendance qui s’affirme depuis quelques années, elles doivent s’ouvrir sur l’extérieur, savoir se diversifier, proposer des activités polyvalentes à une clientèle de quartier plutôt que de passage.

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