École : quand la technique s’ouvre à d’autres horizons

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Grâce aux nouvelles techniques d’impression, les revêtements se parent de motifs ludiques ou originaux, parfois au service de la décoration, parfois pour participer à la signalétique. © Niall Hastie /Polyrey

Les écoles évoluent. Si les critères techniques sont toujours en haut du cahier des charges, les performances environnementales, l’esthétique ou encore la luminosité et l’esprit ludique et accueillant se mêlent à la réflexion du choix des revêtements.

Du lumineux, du gai, du ludique… C’est ce vers quoi tendent les nouvelles écoles, comparées à toutes les existantes qui, par manque évident de budget, véritable nerf de la guerre, ne se voient accorder que des rénovations techniques minimes quand cela devient indispensable.

Mais pour les nouveaux établissements, les donneurs d’ordre misent peu à peu sur l’esthétique via des incrustations de décors, rendues possible grâce aux nouvelles technologies, des teintes vives pour stimuler les plus jeunes, pastels pour favoriser la concentration des élèves de primaires. La signalé[1]tique se fait plus évidente et plus ludique. Les établissements s’ouvrent vers l’extérieur, jouent avec les lumières naturelle et artificielle.

Les baffles acoustiques permettent de maîtriser la durée de réverbération et de limiter le niveau de bruit ambiant. © Florence Vesval / Rockfon – Lycée de Châteaurenard (13)

Autre critère qui évolue doucement (mais très dépendant du budget), les performances environnementales des établissements scolaires, et donc des revêtements et matériaux de construction, avec en premier lieu la qualité de l’air intérieur – et ce d’autant plus depuis l’épidémie de Covid-19. Il s’agit néanmoins de sujets qui doivent impérativement être pris en compte dès le début du projet et être complètement assumés et voulus par le maître d’ouvrage, notamment de par le surcoût qu’ils représentent souvent.

TROUVER LE BON ÉQUILIBRE ACOUSTIQUE

De nouveaux paramètres à conjuguer avec l’inévitable technique. De ce côté-là, trois critères restent incontournables.

En premier lieu, l’acoustique. Mal gérée, elle diminue la qualité d’apprentissage des élèves, affecte le comportement des enfants en bas âge en devenant source de tension, d’agitation, ou encore de nervosité. Pour les enseignants, elle est synonyme de stress, de fatigue mais aussi de perte partielle de l’audition sur le long terme. Ainsi, pour travailler dans des conditions optimales, les salles de classe ne doivent être ni trop réverbérantes, ni trop absorbantes. Il faut trouver le bon équilibre afin que la voix du professeur porte suffisamment pour être entendue des élèves sans avoir besoin de forcer et que, parallèlement, le bruit généré par les élèves ne soit pas trop important. L’arrêté du 23 avril 2003, qui réglemente l’acoustique dans les établissements scolaires, indique les valeurs à respecter pour l’isolement acoustique. Il détermine par la suite le temps de réverbération à respecter, en fonction de la destination des salles, pour un son moyen, ni trop sourd, ni trop important.

Les architectes se penchent peu à peu vers des matériaux biosourcés, comme les sols en linoléum. © Julia Hasse / Forbo Flooring System – groupe scolaire La Borie d’Arles, Brioude (34)

Ensuite, la résistance des sols. Les revêtements ins[1]tallés dans les écoles doivent impérativement respecter le classement Upec, déterminant les caractéristiques en fonction de l’usage, du poinçonnement, de la tenue à l’eau et aux agents chimiques. Le classement sera différent en fonction de la typologie des espaces, qu’il s’agisse d’une salle de classe, d’une zone de circulation ou encore d’une cantine. Le critère de poinçonnement sera ainsi très important dans une salle de classe où les élèves ont tendance à se balancer sur leur chaise alors que le réfectoire ou les sanitaires nécessitent des revêtements résistant à l’eau et aux produits d’entretien. Enfin, la facilité d’entretien. D’une part parce que ce sont des lieux de grand trafic. D’autre part parce que les protocoles de nettoyage ne sont pas toujours respectés.

Enfin parce que pour prendre l’exemple des écoles maternelles, les enfants n’hésitent pas à jouer par terre ou à mettre à la bouche un objet préalablement tombé.

Les teintes vives, accueillantes et stimulantes sont désormais privilégiées pour habiller les sols et les murs. © Simone Augustin/Nora

RE 2020 : LES SEUILS À RESPECTER DANS LES BÂTIMENTS SCOLAIRES
Le ministère de la Transition écologique a ouvert à la consultation publique les projets de décret et arrêté concernant les bâtiments de bureaux et d’enseignement primaire ou secondaire sur la première quinzaine d’octobre. On y apprend notamment que les seuils Ic Énergie1 seront progressifs pour les établissements scolaires avec un premier palier à 240 kg CO2 / m² dès la mise en application du texte puis à 140 kg CO2 / m² en 2025. Petite particularité, les bâtiments reliés à un réseau de chaleur auront une étape supplémentaire de 2025 à 2027 à 200 kg CO2 / m². Pour les Cep,nr2 et Cep3 max moyens, le projet de décret évoque des consommations pour les bâtiments d’enseignement primaire de 65 kWhep/(m².an) et 72 kWhep/(m².an) et pour l’enseignement secondaire de 63 kWhep/(m².an) et 72 kWhep/(m².an).
1. Indice carbone Énergie, exprimé en kg équivalent CO2/m².
2. Consommation d’énergie primaire non renouvelable du bâtiment sur les mêmes usages que le Cep.
3. Indicateur sur les consommations énergétiques.

Les sols et les murs deviennent des surfaces ludiques
participant à l’éveil et au développement des plus jeunes. © Forbo Flooring System

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