Commerce : « Les revêtements de finitions ne sont pas choisis au hasard »

1.jpg

3 QUESTIONS À STEPHAN MARTINACHE,
ARCHITECTE D’INTÉRIEUR ET DIRIGEANT D’AGENCE CONSEIL ARCHITECTURE

Le centre commercial Mar Shopping Algarve, à Loulé, dans le sud du Portugal, réalisé par par les agences d’architecture britannique BDP London et portugaise CPU Retail Architects LDA. © Copyright 2017 – 2018 Barrisol Normalu S.A.S.

De quoi dépend aujourd’hui l’attractivité d’un centre commercial ?

À mon sens, elle repose sur trois critères. D’abord, l’inclusion du centre dans l’urbanisme général. L’époque des « grosses boîtes » fermées est révolue. Les centres commerciaux doivent être visibles et identifiables mais sans détonner dans leur environnement.

Ensuite, le contenu. Jusqu’à présent, l’offre était exclusivement tournée vers le shopping avec deux grands positionnements : la grande consommation avec les hypers et la galerie marchande. Or les établissements qui ont conservé ce mode de fonctionnement voient leurs taux de fréquentation divisés par deux. Désormais, il faut inviter le client à venir se promener, lui proposer des services qui lui permettront de dépasser l’acte purement d’achat en aménageant des lieux secondaires comme le cinéma et la restauration mais aussi des espaces pour les enfants, des lieux de détentes confortables…

Enfin, l’aménagement de ces nouveaux lieux de vie. Rien n’est laissé au hasard : confort de circulations, visuel et acoustique, facilité d’entretien… Chaque matériau est minutieusement réfléchi afin de créer une expérience marquante et positive.

Quelle est la place accordée à la lumière ?

Les centres commerciaux s’ouvrent vers l’extérieur. La recherche de lumière naturelle est évidente et nécessaire. Néanmoins, elle doit être finement réfléchie. D’une part parce qu’en fonction de la localisation du centre, elle va être plus ou moins recherchée. Indispensable dans le nord du pays, elle est parfois volontairement minimisée dans le Sud. D’autre part parce que la lumière naturelle ne peut pas être maîtrisée. Or maîtriser la lumière, c’est se permettre de jouer sur les formes, influer sur les ambiances, le bien-être et l’identité même des lieux, ce que l’on ne peut faire que de façon artificielle. Le centre commercial Parly 2, dans les Yvelines, est un exemple probant : il mêle des jeux de hauteur architecturale avec une verrière à des plafonds cathédrale éclairés artificiellement, apportant au lieu une ambiance feutrée et confortable.

Vers quels matériaux se tournent les maîtres d’œuvre pour apporter aux espaces ces notions de conforts et d’esthétisme tout en répondant aux contraintes techniques ?

Pour les circulations, les sols sont majoritairement en pierre ou en marbre. Par petite touche, pour créer des corners ou des zones de repos, on trouve désormais du bois, voire de la moquette pour un effet très « cocooning ».

Dans les boutiques, il existe aujourd’hui un patchwork de produits et de revêtements de surfaces, variables en fonction de la destination. Dans des magasins de prêt-à-porter très standards, le sol sera clinquant, accessible et efficace alors que dès que l’on monte un peu en gamme, il sera plus travaillé. Selon la clientèle ciblée, l’identité des marques va se traduire par des produits plus ou moins nobles en termes de fabrication et d’esthétisme. Cela se traduit essentiellement par des sols en vinyles, dont les effets de matières et de structures se sont largement développés ces dernières années. La moquette, aussi surprenant que cela puisse être pour des questions d’entretien, revient sur le marché, dans les boutiques de luxe essentiellement.

Sur le segment de la restauration, les enseignes ont leurs propres codes. Le sol est très souvent équipé de carrelage dont l’offre est aujourd’hui très variée. On trouve par exemple des faïences imitation bois de très bonne structure apportant au sol un effet parquet, les contraintes d’entretien en moins.

Partagez cet article