Bureaux témoins : un incontournable pour la commercialisation

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La marketing suite du 103 Grenelle, Paris, a été réalisée de manière très épurée, avec des installations ponctuelles, et complétée par une visite virtuelle proposant plusieurs scenarii. © Conception – Réalisation Majorelle / Photos Mathieu Ducros

Afin d’aider les clients potentiels à se projeter dans des immeubles de bureaux nus, les promoteurs immobiliers font appel à des professionnels pour imaginer des aménagements témoins et se tournent petit à petit vers les nouvelles technologies afin de proposer aux utilisateurs des visites virtuelles.

La dynamique du marché tertiaire pousse les promoteurs à commercialiser les immeubles de bureaux de plus en plus en tôt. Un constat qui les oblige à mettre en place des solutions afin d’inciter les utilisateurs à se projeter dans les locaux. Auparavant, un plateau nu ne présentait aucun mystère, les immeubles abritant généralement un restaurant interentreprises et des plateaux de bureaux avec un open space, des bureaux individuels et une salle de réunion. Or aujourd’hui, avec la multiplication des typologies d’espaces, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des plateaux, comment donner envie à une entreprise d’installer ses équipes dans des locaux au mieux complètement nus, au pire pas encore construit ?

Identifier les points forts

Aujourd’hui, diverses techniques permettent aux promoteurs immobiliers de présenter un exemple d’aménagement à leurs clients afin de les aider à se projeter dans les plateaux de bureaux et plus largement même dans l’immeuble dans son ensemble. Le concept le plus utilisé, réalisé par les agences d’aménagements telles que Majorelle, Tétris ou encore Saguez & Partners, reste celui de la marketing suite, un aménagement témoin montrant la potentialité des espaces, proposant une image, une marque ou une ambiance afin de créer une identité propre de manière à se démarquer des concurrents. « Nous intervenons en phase de développement et réalisons des études de faisabilité en prenant en compte les éventuelles attentes des utilisateurs finaux, indique Emilie Buscaglia, chef de projet au pôle immobilier de Majorelle. Nous identifions les points forts et les contraintes du bâtiment afin de mettre les premiers en valeur et d’apporter des réponses aux futures objections des utilisateurs via les aménagements. » Pour l’aménagement en lui-même, il n’existe aucune règle. Il y a sans doute autant de marketing suite que d’immeuble à imaginer : de l’espace collaboratif présenté dans les moindres détails jusqu’au plateau très épuré, avec peu de mobilier, mettant en évidence les typologies d’espaces réalisables. « Le brief de départ est primordial. La marketing suite est faite sur mesure pour l’immeuble, on ne peut plus plaquer des codes tout faits comme cela a pu être le cas à une époque, note Emilie Buscaglia. Pour autant, on nous demande de plus en plus de montrer comment vivre au quotidien dans le bâtiment, avec des codes de l’habitat très présents. » Ainsi, l’agence Majorelle a réalisé pour SFL une marketing suite dans l’immeuble 103 Grenelle, dans le VIIe arrondissement de la capitale, un bâtiment très haut de gamme. Cela s’est fait par très peu d’interventions physiques, juste l’installation ponctuelle de mobilier, des exemples de revêtements de sol… Une intervention légère complétée par une visite virtuelle via des tablettes proposant de visualiser les plateaux aménagés selon les scénarii pré conçus et permettant de proposer plusieurs versions pour un même espace.

Les espaces témoins des bureaux d’Aquarel, à Issy-les-Moulineaux, ont été aménagés dans les moindres détails. © Conception – Réalisation Majorelle / Photos Mathieu Ducros

L’essor du virtuel

Le principe de la visite virtuelle et des images de synthèse est de plus en plus demandé. Ces nouvelles technologies cherchent à accrocher le prospect avec du concret sur des plateaux de bureaux qui parfois n’existent pas encore. Comme les marketings suites, elles mettent en valeur un espace mais proposent diverses versions d’organisation de l’espace, de choix des revêtements, et cela en fonction des priorités des promoteurs et des envies des clients finaux. L’année dernière, Foncière des Régions a testé dans la tour de bureaux Silex2, à Lyon, un outil de réalité virtuelle permettant, avec un masque, de se déplacer dans l’intégralité de l’immeuble et de comprendre comment il est organisé. « La visite a été imaginée dans une logique de parcours client », explique Fabien Guisseau, directeur commercialisation de Foncière des Régions. Concrètement, le « visiteur » arrive au pied de l’immeuble, entre dans le hall d’accueil, découvre la brasserie, la salle de sport puis les plateaux de bureaux… « Il s’agit d’une expérience totalement immersive qui permet à l’utilisateur de se rendre compte de ce qu’il aura demain. C’est bien plus efficace qu’une maquette car on peut entrer dans chaque espace et quasiment toucher du doigt la manière dont les espaces vont être aménagés, affirme Fabien Guisseau. De même, nous développons des outils utilisant les techniques 3D permettant de positionner l’immeuble dans son environnement, d’indiquer le parcours des transports en commun jusqu’au bâtiment, de montrer comment sont organisés les locaux, de pouvoir tourner autour, de localiser étage par étage les services… Et cela avant même d’y entrer et de voir les aménagements proposés. » Ces techniques de commercialisation ont fait leurs preuves dans le processus de commercialisation. Des outils immersifs extrêmement pointus se développent, à l’image de Connect de Nexity ou Nxt de JLL, des salles digitales avec des écrans et des systèmes de géolocalisation d’immeubles potentiels faisant apparaître les moyens d’accès, les services disponibles autour du site et capables de comparer trois immeubles les uns à côté des autres au travers de toute une grille d’indicateurs. « Lorsqu’un utilisateur regardera un projet avec deux ans d’avance, il continuera à aller sur le terrain mais il ira aussi comparer des projets de manières numériques et digitales. C’est à nous d’alimenter ces outils. »

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