L’artisanat du bâtiment : croissance mais vigilance !

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La croissance dans l’artisanat du bâtiment se maintient, bien que la nouvelle soit à prendre avec des pincettes. C’est ce que nous révèlent les chiffres de l’activité du 3e trimestre 2019 pour les entreprises artisanales du bâtiment dévoilé ce 24 octobre par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb).

Si l’activité globale progresse de +2 % en volume par rapport au 3e trimestre 2018, on constate un ralentissement de la croissance dans le neuf, qui ne progresse que de 2,5 % contre 4 % il y a un an, avec notamment une baisse de -5,7 % pour les permis de construire et de -3,8 % pour les mises en chantier.

Les nouvelles sont meilleures sur le front de l’entretien-rénovation. La croissance de 1,5 % « est soutenue et homogène », selon la Capeb. Cela, notamment grâce aux travaux d’Amélioration de performance énergétique du logement (Apel) qui affichent une hausse de 2 % pour le 3e trimestre et à la progression de 7 % sur un an de ventes de logements anciens, (soit 1 020 000 logements).

En dépit de ces résultats globalement satisfaisants, la Capeb s’inquiète néanmoins « des conséquences de la réforme du CITE, actuellement en discussion au Parlement, et qui, si rien n’est modifié, impactera l’activité et conduira inévitablement à une baisse du nombre de travaux réalisés ».

Le plus et le moins

Selon Patrick Liébus, président de la Capeb, la bonne nouvelle de cette fin d’année réside dans la hausse de l’investissement pour une majorité d’entreprises : 24 % ont investi au cours des six derniers mois et 18 % envisagent de le faire au cours des six prochains mois. « Ces bons résultats combinés au maintien de la croissance de l’activité incitent les artisans à investir. Nous nous félicitons de ce renouveau de confiance et veillerons à défendre les intérêts du secteur pour maintenir la croissance sur du long terme, ce qui est loin d’être gagné ! »

Le bémol : une dynamique de croissance qui risque d’être fragilisée dans les prochains mois. En effet, d’après, la Confédération, les difficultés croissantes pour obtenir des permis de construire dans un contexte d’élections municipales combinées à un recentrage des mesures fiscales (dispositif Pinel et PTZ) sur les zones tendues devraient accélérer le recul du logement neuf dans les mois à venir.

Par ailleurs, on constate de vraies inégalités entre les régions : la façade atlantique et l’Occitanie réalisent les meilleures performances ce trimestre avec +3,5 % pour les Pays de la Loire, +3 % pour la Bretagne et l’Occitanie et +2,5 % pour la Nouvelle Aquitaine. À contrario, le Grand-Est (+1 %), les Hauts-de-France, l’Ile-de-France, la Normandie et Paca (+1,5 %) enregistrent une croissance plus modérée et inférieure à la moyenne nationale.

 

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