Fin de l’urgence sanitaire dans le bâtiment : la profession monte au créneau

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Nouveau coup de colère et inquitude pour la profession suite à l’ordonnance publiée jeudi 14 mai précisant que les mesures dérogatoires destinées à aider les entreprises prendront fin le 23 juin inclus pour les marchés privés, et le 23 juillet inclus pour les marchés publics.

« La reprise des chantiers ne se fera pas comme avant, en raison de l’application des préconisations sanitaires publiées par l’OPPBTP, dont le respect, indispensable, entraîne un allongement des délais et d’importants surcoûts d’exécution », explique la FFB, énumérant notamment la mise en sécurité du chantier et du matériel, le gardiennage, la perte de rendement du fait des nouvelles conditions de travail, la mobilisations supplémentaires de personnel et de matériels ou encore la variations du coût des matières premières ou de produits manufacturés.

Estimant que redonner plein effet aux pénalités de retard par une ordonnance prise sans associer les principaux acteurs et employeurs du secteur est d’une grande injustice, la Fédération française du bâtiment interpelle le gouvernement sur la nécessité de prendre en compte les surcoûts liés à la Covid-19 que ne peuvent supporter les artisans et entrepreneurs, tant en marchés publics qu’en marchés privés.

La FFB rappelle que des solutions existent, comme la compensation des surcoûts par l’application systématique au prix des marchés d’un coefficient d’imprévision et l’annulation pendant quelques mois des charges sociales patronales.

« Le bâtiment avait été entendu sur le fait de décorréler l’instruction des permis de construire de la fin de l’état d’urgence sanitaire, mais les pouvoirs publics ont profité de cela pour décorréler également les délais de chantiers, sans donner de message clair à ce stade sur la nécessaire répartition des surcoûts de la Covid-19. Ce sujet important est aujourd’hui d’une grande priorité pour prévenir les dépôts de bilan des artisans et entrepreneurs du bâtiment, leur permettre de surmonter cette crise et participer, sur tous nos territoires, à la nécessaire reconstruction économique et sociale de notre pays », explique Jacques Chanut, président de la FFB.

« Ce que nous redoutons par-dessus tout, c’est l’effet domino »

Même son de cloche pour la Capeb qui alertent le gouvernement, conjointement avec la fédération CINOV, l’Unsfa (l’Union Nationale des Syndicats Français d’Architectes,  le Synamone (architecture et maîtrise d’œuvre) et l’UNGE, sur les conséquences graves pour le secteur de la construction que les dispositions de la récente ordonnance vont entraîner.

Ils rappellent dans un courrier au Premier ministre que dans les hypothèses les plus optimistes d’absence de défaillances en série, ils prévoient d’ores et déjà un recul de 30 à 40% de leur activité en 2020, avec toutes les conséquences attendues, arithmétiquement en matière de baisses de recettes fiscales et sociales et de suppressions d’emplois.  » Ce que nous redoutons par-dessus tout, c’est l’effet domino. Si les mesures que le gouvernement a su prendre avec réactivité et détermination dès le début de la crise ont pu prévenir des ruptures aussi brutales qu’immédiates, la période de transition qui s’amorce va être extrêmement compliquée pour les TPE-PME que nous représentons, notamment en termes de trésorerie, mais également d’activité pour l’ensemble du secteur, des donneurs d’ordre aux fournisseurs de matériaux et de matériels. […]

Face à cette situation inédite, nous avons fait le choix d’entamer une démarche constructive et collaborative entre acteurs de la filière et souhaitons vous alerter sur la nécessité absolue de prolonger certaines aides ou dispositifs particuliers et d’en créer de nouveaux adaptés au nouveau cycle qui s’ouvre. »

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