Le bâtiment résiste même si la relance reste à confirmer

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© Arthur Maia

« Le secteur du bâtiment résiste globalement à la phase compliquée de déconfinement. De fait, les entreprises ont du travail, affichent des carnets de commande garnis et, pour l’heure, parviennent à conserver leurs effectifs permanents. » C’est sur cette note encourageante qu’Olivier Salleron, président de la Fédération française de bâtiment, a présenté la note de conjoncture de septembre 2020.

Le président de la FFB note notamment que l’emploi salarié ressort quasi-stable entre la fin 2019 et la fin du deuxième trimestre 2020, s’inscrivant même en hausse de 18 000 postes sur le premier semestre 2020 par rapport au premier semestre 2019. « Il faut lire cette situation comme une bonne nouvelle pour l’économie française, alors que la construction se rangeait au troisième rang des grands secteurs les plus touchés par la crise sanitaire dans notre pays. »

Olivier Saleron attribue ces bonnes nouvelles aux mesures d’urgence prises par le gouvernement en faveur des entreprises et de l’emploi qui ont permis d’amortir le choc et d’en repousser les effets. « Mais l’activité suspendue pendant le confinement ne sera que très partiellement rattrapée et l’inquiétude sur l’avenir monte. »

Concernant l’activité, la fédération table sur une chute de la production en 2020, hors effet prix, de 15 % environ. Le principal responsable du recul : le neuf, avec -23,6 % pour le logement neuf et -23,0 % pour le non résidentiel neuf. De fait, en glissement annuel sur sept mois à fin juillet 2020, les mises en chantier reculent de 14,9 % et les permis chutent de 20,1 %.

Pour le non résidentiel, la situation semble encore plus compliquée. Hors locaux agricoles, en cumul de janvier 2020 à juillet 2020 par rapport à la même période un an auparavant, les surfaces commencées et autorisées abandonnent respectivement 22,1 % et 29,8 %, sans changements de rythme sur les trois derniers mois.

Bonne nouvelle, si l’on peut dire, le marché de l’amélioration-entretien, lui, semble se contracter moins vite, même si l’activité chute tout de même de 18,1 %, après -10,8 % au premier trimestre.

La vrai raison de se réjouir réside finalement dans l’accent mis sur la rénovation énergétique par le gouvernement lors de l’annonce du plan de relance. « On y retrouve plusieurs demandes de la FFB, telles l’ouverture de MaPrimeRénov’ à l’ensemble des ménages, aux bailleurs privés et aux copropriétés. C’est aussi le cas du soutien massif aux bâtiments publics, notamment d’enseignement, hospitaliers et aux EHPAD. Ou encore celui des aides à la rénovation énergétique des bâtiments des PME, TPE et indépendants. » Il conviendra évidemment de s’assurer que les paramètres de ces dispositifs permettent effectivement la reprise du marché, précise Oliveir Salleron, qui s’inquiète de l’absence de mesure pour le neuf. « La FFB se battra donc, en coordination avec son réseau local, afin que plusieurs dispositions fortes intègrent la loi de finances pour 2021. Il s’agit notamment du retour du PTZ neuf à 40 % sur tout le territoire et la prorogation du « Pinel » jusqu’en 2022. »

Enfin, la FFB a aussi répondu à la sollicitation des ministres de l’Économie et des PME pour identifier des mesures de simplification en faisant trois propositions :

  • supprimer les délais de paiement cachés dans les marchés privés et publics par l’intégration des modalités de règlement des comptes dans les codes concernés ;
  • supprimer ou aménager l’attestation de TVA réduite sur les petits marchés, afin d’éviter les redressements à motif purement formel et non parce que les travaux facturés ne sont pas éligibles ;
  • créer un permis de construire déclaratif dans certaines zones déjà sous autorisations (périmètre sous permis d’aménager ou zone d’aménagement concertée), obtenu après vérification de la complétude du dossier par le service instructeur, pour accélérer la mise en œuvre des travaux.

 

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