Plan de relance / FFB : « Agir maintenant pour éviter le pire »

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Olivier Salleron, nouveau président de FFB, a présenté les propositions de la Fédération française du bâtiment pour un plan de relance indispensable qui se fait attendre.

Posant le contexte actuel, le président de la FFB prévoit une chute d’activité du bâtiment pour 2020 de 18 % hors effet prix et la perte d’environ 120 000 emplois, estimant même que  « le décrochage pourrait atteindre jusqu’à 200 000 postes en 2021 si rien n’est fait ». D’ailleurs, si à la fin juin la quasi-totalité des chantiers a redémarré, « ce n’est pas toujours à plein régime, loin de là, puisque 17 % se trouvent encore en activité réduite et 5 % toujours à l’arrêt. » D’après les résultats de la dernière vague de l’enquête des CERC, au 29 juin 2020, l’activité a repris sur 95 % des chantiers, dans 78 % des cas à rythme « normal » mais que pour autant, moins d’une entreprise sur cinq considère avoir retrouver son niveau d’avant-crise.

Côté financier, l’avenir n’est pas rose non plus. En cause, l’allongement des délais de paiement des clients (et ce dès la fin avril), le recul des marges sur le premier trimestre de l’année et le problème des surcoûts, qui n’est toujours pas réglée et qui reste « très largement supportés par les entreprises de bâtiment ». S’ils sont le plus souvent inférieurs à 10 %, la rentabilité moyenne des entreprises du secteur s’établissait à environ 2,5 % avant la crise, signifiant que des entreprises perdent de l’argent en travaillant. Et si les aides fournie par l’État permettent d’absorber et de masquer le choc, « seule une annulation de charges patronales jusqu’en fin d’année permettrait d’éviter le naufrage des structures les plus fragiles », estime la FFB.

UN PLAN A PRISE RAPIDE

Présentant les propositions de la FFB, Olivier Salleron a indiquaé que le plan de relance devait être « à prise rapide pour limiter le trou d’air de septembre » et écologique.

  • Coïncidant avec ce dernier point la FFB propose de renforcer le couple CITE-MaPrimeRénov’ au moins pour une période couvrant la fin 2020 et l’année 2021 (ramener à quelques centaines d’euros le reste à charge pour les ménages très modestes et modestes, restaurer l’éligibilité complète des ménages des déciles 9 et 10 de revenu, relever de 150 à 400 euros/m² le forfait pour les rénovations globales et rendre éligibles au CITE, puis à Ma Prime Rénov’, les résidences secondaires en zone de revitalisation rurale.
    La rénovation énergétique passe aussi par une plus forte mobilisation des Certificats d’économie d’énergie (CEE), avec coup de pouce pour la rénovation globale des maisons individuelles, soit une aide relevée d’environ 50 €/m² à 200 €/m², et le financement de tout ou partie d’un nouveau Contrat d’accompagnement énergétique (CAE).
    Enfin, la Fédération demande à ce que tous les travaux d’amélioration-entretien bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 %.
  • S’agissant du neuf, la FFB propose deux améliorations au PTZ : retour à un prêt de 40 % du montant de l’opération sur tout le territoire et majoration temporaire à 60 % de la quotité pour les opérations affichant une performance meilleure que la règlementions en vigueur dans le neuf ou pour des opérations associées à des travaux permettant un saut de deux classes du diagnostic de performance énergétique (DPE) dans l’ancien.
    Concernant l’investissement locatif privé, la FFB suggère de passer dès 2021 du dispositifs dérogatoires tels le « Pinel » ou le « Denormandie » à un système prévoyant l’amortissement du bâti pendant 50 ans, l’amortissement des gros travaux sur 15 ans, la déductibilité des intérêts d’emprunt (sans limite) des petits travaux et des charges locatives des revenus fonciers bruts, l’imputation sans limite du déficit foncier sur le revenu global positif et le maintien du régime actuel de taxation des éventuelles plus-values.
  • Pour le non résidentiel, le plan de relance prévoit l’ouverture transitoire du droit à suramortissement pour la construction de bâtiments dans le secteur privé, la majoration de un milliard d’euros de la Dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR) et le lancement d’un grand plan Ehpad.

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