1er semestre 2020 : l’artisanat du bâtiment va mal

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« Après la chute brutale en fin de premier trimestre occasionnée par les mesures du confinement (-12 %), l’activité de l’artisanat du bâtiment s’effondre au 2e trimestre avec un recul de 24 % en volume. » Le constat de la Capeb dans sa note de conjoncture est sans appel. Alors que l’activité a pu redémarrer progressivement dans le courant du mois d’avril, la reprise n’a été que partielle et graduelle. Les entreprises artisanales déclarent que leur capacité de production n’était encore qu’à 85 % au début du mois. Alors certes, par rapport au 80 % d’entreprises à l’arrêt la fin du premier trimestre, la situation s’est améliorée, la reprise est néanmoins liée à la confiance des ménages et à l’évolution du taux de chômage qui pourraient impacter les travaux et le nombre des transactions, lesquelles pourraient chuter de 25 % en 2020. « La violence de cette pandémie se chiffre en effet à 24% de perte d’activité, explique Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment. Cependant, cette période brutale et étrange que la France a traversé n’a pas été ressentie à l’identique sur le territoire : l’activité a moins baissé dans les zones rurales que dans les grandes villes. »

Si l’ensemble des corps de métiers est affecté par le recul de l’activité, l’aménagement-décoration-plâtrerie constitue le corps de métier le plus impacté (-28 % par rapport au 2e trimestre 2019) alors que la maçonnerie affiche le recul le moins important (-19 %).

Qu’il s’agisse de neuf ou d’ancien, la situation est mauvaise, mais plus pour le second que le premier. Ainis, la construction neuve affiche une contraction de 22 % après 14 % au 1er trimestre 2020 alors que l’entretien-rénovation chute de 25 % après une baisse de 10,5 % au 1er trimestre 2020. Parallèlement, les travaux d’amélioration de performance énergétique du logement régressent de 27 %.

« LES ARTISANS SE VEULENT OPTIMISTES »

Enfin, les entreprises doivent faire face à des trésoreries toujours plus en difficultés. Le solde d’opinions concernant la trésorerie s’établit à -60% au cours de cette période (contre 11 % au 2T2019) alors que dans le même temps, 1 % déclare une amélioration (contre 15% au 2T2019). En juillet 2020, le montant moyen des besoins de trésorerie augmente puisqu’il atteint 23 000 € (contre 22 000 € un an auparavant). De nombreuses entreprises ont ainsi fait des demandes de Prêt garanti par l’État (PGE) durant cette période.

Quid du second semestre qui débute ? « Les artisans se veulent optimistes et espèrent garder leurs salariés et maintenir toutes les compétences dans leurs entreprises, affirme Jean-Christophe Repon. Cependant, la réalité que nous avons scénarisée fait état d’une baisse d’activité sur l’année 2020 comprise entre 15 et 17 %, soit une perte de 20 000 à 30 000 emplois. Mais deux inconnues majeures subsistent dans le cadre de la reprise de l’activité : le retour éventuel du virus et l’effet domino lié à la crise économique. »

 

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